Après le Mexique de Henri Cartier-Bresson (cf post de l’expo), voici une autre vision en noir et blanc du pays de Frida Kahlo. Mariana Yampolsky a photographié ce pays dont elle est tombée amoureuse et qu’elle n’a plus quitté avec une rigueur ethnologique, un oeil plus scientifique. Les amateurs de l’épuré, du noir et blanc, de lignes claires et structurées apprécieront le choix des photos de l’expo. 

Jupe huichole, Jalisco, Mexique, 1993 © Fundación Cultural Mariana Yampolsky, A. C., México

Jupe huichole, Jalisco, Mexique, 1993 © Fundación Cultural Mariana Yampolsky, A. C., México

L’institut culturel du Mexique à Paris rend hommage à la photographe Mariana Yampolsky. L’occasion de découvrir cette personnalité qui m’étais complètement inconnue. Petite-fille de Franz Boas, considéré comme l’un des pionners de l’anthropologie moderne, et fille du sculpteur Oscar Yampolsky, Mariana naît à Chicago. Elle effectue son premier voyage au Mexique en 1945, à l’âge de 20 ans.

Jointure de terre et de paille, Jalamelco, Mexique© Fundación Cultural Mariana Yampolsky, A. C., México

Jointure de terre et de paille, Jalamelco, Mexique
© Fundación Cultural Mariana Yampolsky, A. C., México

« Je suis venue pour un an et je suis restée le reste de ma vie » écrit la photographe. Le pays le li rendra bien et lui accorde la naturalisation en 1958. Elle va s’intéresser à l’architecture populaire de son pays d’adoption, cette architecture vernaculaire composée d’abris ou de maisons réalisés par les paysans eux-mêmes. « Dans le Mexique ancien, chaque maison était un observatoire depuis lequel on observait le mouvement du soleil et des astres afin de savoir quand semer, quand récolter », rapporte Mariana Yampolsky dans La casa que canta. Elle poursuit : « à l’instar du temple, la maison était une enceinte sacrée où l’on faisait des offrandes aux innombrables dieux et esprits qui habitaient les animaux, les plantes, le feu et toutes les forces visibles et invisibles de l’univers ».

Chapelle aux épines, Atempan, Puebla, Mexique© Fundación Cultural Mariana Yampolsky, A. C., México

Chapelle aux épines, Atempan, Puebla, Mexique
© Fundación Cultural Mariana Yampolsky, A. C., México

L’expo s’intitule « Tepalcates » qui est l’adaptation en espagnol de tepacatl, mot d’origine nahuatl signifiant « morceau ou fragment d’un récipient en terre ». Patricia Gola, chercheuse au Centro de la imagen de Mexico, explique que le thème de la maison est central dans l’oeuvre de la photographe décédée en 2002, tout comme l’est le matériau palpable -la pierre, le stuc ou le pisé-. La sélection des photos de cette expo, qui se poursuit jusqu’au 29 mars 2013, en est un reflet très convaincant.

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Une nouvelle publication est toujours une bonne nouvelle. Cheap, c’est son nom, met en lumière une sélection de jeunes photographes choisis par ses trois fondateurs. Elle coûte 2 €. Son numéro zéro a été écoulé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Cinq artistes sont mis en lumière dans cette première publication : Lourdes Cabrera, Renaud Duval, Yves Marchand & Romain Meffre, Quentin Pradalier. Santi Oliveri, à l’origine de cette belle idée avec Claire Béguier et Driss Aroussi, répond aux questions de Photosmatons.  

Lourdes-Cabrera-2

Dans une interview que vous avez donnée à Photographie.com, vous dites : « Le monde de la photographie est un monde qui court le risque de se renfermer sur lui même ». Pouvez-vous développer ce propos ?

Le monde de la photographie, comme celui de tous les autres arts, est essentiellement un monde auto-référentiel. Avant même de regarder le travail d’un artiste, on va souvent regarder sa formation et si l’on vient d’une école tout devient plus facile. Je pense que ce système a pour seul but la justification des établissements scolaires, mais n’a en réalité aucune logique. On peut être de bons artistes sans un diplôme en art. En revanche on peut être diplômé mais n’avoir aucune conscience artistique. Le même phénomène se présente si l’on est ou pas représentés par une galerie. C’est pour cette raison qu’on se retrouve avec un monde où il est très difficile d’accéder. Nous voyons toujours les mêmes noms dans les galeries d’art.
CHEAP n’est soumis à aucune règle de marché, puisque l’argent gagné avec les ventes sert (à peine) à financer la sortie suivante. Nous n’avons pas les contraintes qu’ont d’autres institutions. Nous sommes libres de montrer seulement ce qu’on a envie de montrer.

Trabant-

Comment est née cette volonté de créer un magazine ?

L’idée du magazine a été proposée par Driss Aroussi, un des codirecteurs avec moi et Claire Béguier. Ce type de revue est assez diffusé à l’étranger mais pas beaucoup en France, et pas du tout dans la ville de Marseille, donc nous avons décidé de nous lancer.

Dites-nous quelques mots sur les choix de ce premier numéro…

Le choix des artistes du numéro zéro (épuisé lors de son lancement en moins de 2 minutes) est tout simplement le reflet de nos coups de cœur.

most-polaroids-left-in-the-former-police-station-dated-from-the-70s

Pourquoi l’avoir appelé Cheap ?

CHEAP est un magazine réalisé avec des moyens techniques de base, sur un papier de journal. Donc un support « Cheap » qui fait contrepoids à un contenu qui est lui de qualité.

Infos pratiques :
CHEAP coûte 2 euros. Il est disponible à Vol de Nuits à Marseille et en ligne. Bientôt nous offrirons un formulaire d’abonnement en ligne pour les 4 numéros qui vont sortir en 2013.*

Légendes (de haut en bas) :

© Lourdes Cabrera 2012 ; Trabant © Renaud Duval ; Offices, Highland Park Police Station (most polaroids left in the former police station dated from the 70s) © Yves Marchand & Romain Meffre