Petit retour en arrière. En octobre 2010, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris inaugure une rétrospective du photographe américain Larry Clark, intitulée Kiss the past hello. Une polémique éclate car l’expo est interdite aux moins de 18 ans. Inutile de refaire les débats évoqués dans ce papier du Monde. Photosmatons s’est promené au fil de l’expo avec Marianne Rigaux (qui a pris les photos) et en a fait un portfolio sonore, histoire de varier les plaisirs et d’en garder un souvenir. L’exposition s’est achevée le 2 janvier dernier. Pour écouter et voir ce portfolio sonore, il faut cliquer .

©Marianne Rigaux

Pour les photos de Larry Clark, les mentions obligatoires (titre, année et crédit de la photo) apparaissent en cliquant sur la mention caption en bas à droite de l’écran.

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Frederik Meza est un photographe salvadorien qui sillonne son pays pour le site d’informations latino-américain El Faro.net. Il a eu carte blanche pour faire une sélection de photo et nous raconter en quelques mots comment il vit son travail. Avec des mots simples et forts, il dresse un portrait express de ce petit pays d’Amérique centrale frontalier du Guatemala et du Nicaragua. Depuis plusieurs années, il est rongé par la violence.

Merci infiniment à Herman Campos, contributeur et traducteur.

« Je suis un photographe qui a le désir de conserver grâce à mes photos ce que fut Le Salvador, celui qui est en train de se perdre. Ce pays à une culture très riche, il a de nombreuses traditions. Cependant tout ceci est avalé, férocement dévoré par la violence sociale qui sévit dans le moindre recoin du pays. »

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« C’est un petit espace qui, au centre des Amériques, vit ses croyances et ses idéologies à travers ses fêtes colorées. Et c’est cela que mes photos veulent représenter : chacune de ces fêtes dans lesquelles le Salvadorien met son âme, son cœur et sa vie, que ce soit sur un terrain de foot, dans une église, lors d’une danse traditionnelle ou même dans le travail de tous les jours. »

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« À travers une expérience de quatre années comme photojournaliste, j’ai visité tous les endroits où j’ai pu rencontrer le Salvadorien authentique, « Guanaco », comme on le connaît. Et derrière lui, on découvre un peuple travailleur et pauvre, avec l’envie de grandir et de triompher, d’effacer la tristesse par le sourire. »

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« Le travail que j’effectue cherche à combiner scènes et personnages, lumières et ombres, dans le but de faire ressortir chaque détail qui donne vie à ce pays. « 

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Les légendes :

Photo 1 : Match de foot improvisé devant la maison. Région rurale de Quezaltepeque ©Frederik Meza/El Faro.net

Photo 2 : Supportrice du club sportif Aguìla. Finale de football salvadorien ©Frederik Meza/El Faro.net 

Photo 3 : Paroissienne qui prie Saint Judas Tadeo, le saint des cas impossibles ©Frederik Meza/El Faro.net

Photo 4 : Fête des petites lanternes dans la ville de Ahuachapàn, en l’honneur de la naissance de la vierge Marie ©Frederik Meza/El Faro.net

Photo 5 : Cette femme représente la Llorona (la pleurnicharde), un personnage de légende latino-américaine. Fête de la Calabiusa, célébration locale de la citrouille ©Frederik Meza/El Faro.net

Le texte original en espagnol est à suivre

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Certains font des listes de résolutions en ce début d’année. De notre côté, on continue les listes de sélection. Après la sélection de cadeaux de Noël, celle des souvenirs photographiques, voici la sélection de livres photographiques. Aux commandes, Marc Pussemier de La librairie photographique, située dans le quartier de Belleville. Ce libraire a choisi des ouvrages pour tous les goûts et tous les prix. On reviendra dans un prochain post sur cette librairie.

©Jean Gaumy

D’après Nature de Jean Gaumy, éd Xavier Barral 80 € : « Prix Nadar 2010. Incontournable. Remarquable travail photographique. Paysages des Alpes et du Piémont en noir et blanc. Certaines photos ressemblent à des gravures. Extraordinaire qualité d’impression. D’une évidente beauté ! »

Intérieurs Chinois de Robert van der Hilst, éd. Gallimard, 42€ : « Ce photographe d’origine néerlandaise et grand voyageur a passé pas mal de temps en Chine dans les villes et surtout les campagnes  de ce pays en pleine mutation. Il a photographié les gens chez eux, dans leur intimité familiale. Nous ne regardons pas  un livre de décoration mais un livre de sociologie. Nous apprenons par l’image énormément de choses sur l’habitat, la composition des familles, le niveau de vie des différentes peuplades. Une qualité d’impression et une mise en page remarquables. »

Storm de Paolo Pellegrin, éd. Silvana Editoriale, 25€ : « Chaque année un photographe de Magnum a la charge d’un « magazine de mode ». Cette année, c’est le grand Paolo Pellegrin (dont un numéro de la collection Photopoche vient de sortir) qui nous livre un ouvrage déconcertant et très sombre qui commence par des photos de tempête (d’où le titre). Le résultat est très original, même les pages de publicités sont illustrées par Pellegrin ! Belle Fabrication. »

©Fred Jourda

Dépaysage de Fred Jourda, éd. Filigranes, 25€ : « De cet éditeur inventif et découvreur, je retiens entre autres ce petit bijou. Le titre est une contraction entre dépaysement et paysage. Nous sommes bien là, dans ces photographies prises à l’Instamatic, l’appareil que les familles possédaient dans les années 60 . Fred Jourda est un des derniers tireurs argentiques. Ses photos reproduites en petit format (10 x10 cm) ce qui leur confère une caractère précieux se regardent comme des petits tableaux. Pour les contemplatifs. »

©Michael Ackerman

Half Life de Michael Ackerman, éd. Delpire, 45€ :  » Ce livre est un de ceux qui a été le plus attendu par les  amateurs et clients de cette librairie ! Il faut dire que le contenu est à la hauteur de nos espérances. Ce troisième livre du photographe américain représenté par l’agence et la galerie Vu contient des photos d’une grande émotion. Nous sommes loin de la photo de reportage. Tout est dans le ressenti. De ces photographies  très sombres, très contrastées, il ressort un sentiment de force et de douceur. »

©Phyllis Galembo

Maske de Phyllis Galembo, éd. Chris Boot, 49€ : « Ce même éditeur anglais nous livre cette étude de Phyllis Galembo qui pendant 2 décennies a documenté par la photographie  les cérémonies traditionnelles en Afrique centrale et occidentale ainsi qu’en Haïti. La collecte de ces photos de mascarades révèle l’extraordinaire inventivité de ces peuples. Des idées pour les créateurs ! »

©Helen Levitt

Un lyrisme urbain de Helen Levitt, éd. Le Point du Jour, 36 € : « J’ai un faible pour cette précurseure américaine de la photographie de rue. Le livre reprend la plupart des photos noir et blanc et couleurs prises dans entre les années 30 et 50 et déjà publiées dans des ouvrages anglo-saxons, mais aussi des travaux moins connus réalisés au Mexique en 1941. C’est la première vraie monographie  en langue française consacrée à cette photographe majeure que nous avons découverte à la Fondation Cartier-Bresson il y a quelques années. »

Trois photographes ont accepté de partager leur souvenir photographique de 2010. Subjectif et très personnel, voici leur choix.

Souvenir 2010 de Juliette Robert ©Juliette Robert

Juliette Robert, photographe du collectif de pigistes Youpress :  » Début décembre, j’étais au Cachmire avec une journaliste de Youpress, pour faire un sujet sur les demi-veuves : ces femmes dont le mari a disparu sans laisser de traces. Quelles que soient les raisons des disparitions, cela a laissé ces épouses sans ressources, parfois sans famille et devant s’occuper de leurs enfants. Nous avons visité pas mal de foyers, toutes les situations étaient différentes. Aucune n’avait reçu de journalistes et comme je voulais des photos les plus naturelles possibles, je devais me faire oublier, c’était loin d’être évident. Lire le reste de cette entrée »