Rappel des faits

Lucas Dolega a été blessé le 14 janvier 2011 en Tunisie. Le 17 janvier, il décède de ses blessures. Lucas était un photoreporter français qui couvrait la révolte tunisienne lors du « printemps arabe ». Lucas Dolega est mort dans l’exercice de sa profession. Son décès a ému l’ensemble de la communauté des photojournalistes français et au-delà. Cet évènement a rappelé au grand public les conditions difficiles dans lesquelles travaillent certains photographes dans les zones de conflit.

Le prix Lucas Dolega

Un concours a été lancé en hommage à Lucas par l’association qui porte son nom, en partenariat avec Nikon, la Mairie de Paris, RSF et Polka. LE Prix entend à soutenir les jeunes photographes qui exercent leur travail dans des zones à risques. Il est doté de 10 000 €. Le gagnant remportera également une exposition à Paris, une publication de tout ou partie de son travail dans Polka et le financement d’un nouveau reportage. Cette belle dotation montre la volonté de l’association d’accompagner un jeune photographe.

Le thème

Les participants doivent présenter un reportage photographique, fait ou terminé en 2011, sur une situation de conflits et ses conséquences sur les populations civiles. Le terme « conflit » s’entend au sens large : guerre, révolte, émeute, catastrophe naturelle ou sanitaire. « Le prix est ouvert au plus grand nombre, insiste la secrétaire de l’association Juliette Robert. Nous ne sommes pas uniquement dans la photo de guerre. Nous voulons surtout montrer que de jeunes photographes vont sur le terrain. » L’association espère recevoir un nombre important de candidatures françaises et étrangères qui seront examinées par un jury de professionnels.

Les modalités

La participation à ce prix est gratuite. Il suffit de s’inscrire en remplissant le formulaire de participation téléchargeable sur le site. Vous avez jusqu’au 10 novembre 2011 à minuit pour envoyer votre sélection de photos. Pour plus d’informations : envoyez un mail à contact@lucasdolega.com.

(Photo ©Lucas Dolega. Reproduction interdite sans autorisation préalable)

Publicités

©Elodie Sueur-Monsenert

Elodie Sueur-Monsenert, Delphine Vaisset et Emilie Wood n’ont rien contre les hommes. C’est important. Elles débordent de charme et d’énergie mais on ne s’attardera pas là-dessus. Elles ne manquent pas d’idées non plus. Et c’est de cela dont on parlera. Ces femmes photographes viennent de créer le collectif Essenci’Elles, un collectif de photographes concentrés sur l’univers féminin exclusivement.

(Re)Naissance ©Delphine Vaisset

Ces trois photographes de formation se sont rencontrées à l’EMI-CFD, une école de formation au photojournalisme. Elles faisaient partie de la promo 2011. Une promo à l’image du métier de photoreporter : « 15 mecs pour 4 nanas » ! En juin 2011, elles assistent au colloque, organisé par Les Nouvelles News, « Le sexe de l’Info. Rencontres autour de la place des femmes dans l’information » et reçoivent un électrochoc qui aboutira à la création du collectif Essenci’Elles.

Les constats dressés par les intervenantes de ce colloque sont édifiants : les femmes sont sous-représentées dans l’actualité (24%), elles interviennent rarement en tant qu’expertes (1 expert sur 5 est une femme…). Elles souffrent des stéréotypes qui collent aux bottes du genre féminin. Une philosophe décortiquait les cinq rôles récurrents dévolus aux femmes : la Pasionaria, l’Egérie, la Muse, la Mère et la Madone. Autre exemple : dans les médias les femmes vont être plus spontanément désignées par leur prénom sans préciser le nom de famille ou par leur situation maritale ou familiale (mère, épouse d’untel…).

©Emilie Wood

Le contexte est posé. Le collectif Essenci’Elles veut donc pallier ce manque de représentation et offrir une lecture différente de l’univers féminin avec des portraits et des reportages. Les sujets proposés parlent d’eux-mêmes  : Elodie Sueur-Monsenert a travaillé sur le corps et les rondeurs, Delphine sur une femme qui se réveille après 10 jours de coma et Emilie sur Denise, une super senior. Des sujets éloignés des images stéréotypées des magazines en papier glacé. « A priori, on ne fera appel à nous pour faire des photos de mode », sourient-elles.

« Les femmes ont aussi une responsabilité dans la façon dont elles sont perçues, lance Elodie. Nous dénonçons mais nous avons aussi voulu passer à l’acte…Mettre les mots en acte. » Est-ce un collectif féministe ? « Nous n’avons rien contre les féministes mais nous n’avons rien non plus contre les hommes, poursuit Delphine. Nous revendiquons l’appellation féministe à condition qu’elle ne soit pas adossée à un combat contre les hommes. » D’ailleurs, elles n’excluent pas d’intégrer au collectif des photographes masculins.

Certain(e)s professionnel(le)s des médias suivent de près cette initiative inédite. Photosmatons le fera également avec attention et leur souhaite beaucoup de réussite !

©Elodie Sueur-Monsenert

©Elodie Sueur-Monsenert

« Essenci’Elles n’est pas un collectif de femmes qui photographient des femmes mais un collectif de photographes qui photographie l’univers féminin. »

©Emilie Wood

Photosmatons inaugure par ce post une série sur la photographie au féminin. A l’image du constat fait ci-dessus dans l’ensemble des médias, ce blog ne parle que trop peu des femmes photographes/photographiées. L’envie est forte d’y remédier. Pour rappel, elles ne sont que 12,2% a exercé la profession de photojournaliste (source : Observatoire des métiers de la presse).