Le photographe Léo Delafontaine qu’on aime beaucoup dans ce blog met en lumière un phénomène étonnant : celui des micronations. Il a sillonné plusieurs continents pour photographier les acteurs et les symboles de cet épiphénomène, au demeurant très sympathique, qu’il qualifie de « démarche souvent folklorique ». Il n’empêche l’existence de ces micronations pose la question de l’appartenance et du choix de l’appartenance à un Etat, à un territoire etc…Ses photos sont exposées jusqu’au 10 novembre aux Photomnales de Beauvais et sont rassemblées dans un livre Micronations, publié aux éditions Diaphane.

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Qu’est-ce qu’une micronation ?

Les critères qui caractérisent une micronation :

–> la production de signes de souveraineté (comme les timbres ou la monnaie)

–> la construction avérée, en cours ou en projet, d’un monument, d’un bâtiment, d’une structure

–> un site internet (sic)

Les micronations ne sont pas reconnues par les organisations internationales. Il ne faut pas confondre micronation et microEtat (Vatican, Monaco, Saint-Marin), comme le rappelle la page Wikipédia qui donne la définition d’une micronation. C’est d’ailleurs en allant sur Wikipédia que Léo Delafontaine a trouvé son sujet. « Je lisais la rubrique des articles insolites de Wikipédia et j’avais envie de faire un projet à l’international sur le long terme ». C’était en 2011. Léo en a finalement choisi 12 qu’il a photographiées de février à octobre 2012. La plus connue est sans doute celle du Sealand, installée sur une ancienne base militaire, au large des côtes anglaises. Elle a entre autres inspirée le film Good morning England.

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Quelles sont les revendications des membres de ces micronations ?

Dans une micronation, il y a toujours un gouvernement.« En général le discours est plutôt humaniste, il est donc facile de s’y retrouver. L’ambiance est également bon enfant car dans tous les cas ce sont des passionnés », a pu constater le photographe. Il n’y a donc pas forcément de revendication comme il n’y a pas vraiment de modèle type. D’ailleurs, la plupart des membres des micronations paient leurs impôts à leur « vrai » Etat d’origine. Cela ne les a pas empêché d’organiser un congrès international des micronations qui s’est réuni à Londres, l’an passé et auquel Léo s’est invité. Une centaine de personnes était réunie« mais je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup d’autres éditions », conclue-t-il dans un sourire. 

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Quelle est la micronation qui l’a le plus marquée ?

« Humainement, ce projet était génial. Il m’a permis de voyager à travers le monde pendant deux à trois mois ». Quand on lui demande s’il a une micronation préférée (tout en se rendant de la pauvreté de cette question), il répond qu’il a un attachement particulier pour le Royaume d’Elleore, une monarchie constitutionnelle de 1,5 km² installée sur un fjord au Danemark. « En étant sur cette île à regarder le soleil se coucher, je me suis dit que j’étais chanceux de faire ce métier. »

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Légendes (de haut en bas) :

La principauté du Sealand (Angleterre), le Royaume de Calsahara (Etats-Unis), la Présidente de la République du Saugeais (France), un membre de la République des Conques (Etats-Unis).

Toutes les photos sont l’oeuvre de Léo Delafontaine et sont reproduites avec son aimable autorisation.

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