Il ne reste que quelques jours pour profiter du festival photo L’homme et la mer au Guilvinec (29) qui finit le 30 septembre. Le principe est simple : en se promenant dans les rues et ruelles de la coté bigoudène, l’un des plus gros ports de pêche artisanale français, on découvre les photos de la sélection. Au programme : Daniel cariou, Clémentine Guivarc’h, Raphaël Demaret, Chris Miller, Ricardo Beliel, Ronan Gladu, Emile Luider, Nicola Bertasi, Jacques Hamel.

Les habits et coiffes traditionnels bretons ont été photographiés par le photographe Charles Fréger, 40 ans. Ses photographies ont été exposées, cet été, dans quatre lieux culturels bretons : le centre d’art GwinZegal de Guingamp, le musée de Bretagne à Rennes, le musée Bigouden de Pont-L’Abbé et le musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc. Elles sont recensées dans un ouvrage qui paraît aux éditions Actes Sud.

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Le photographe Charles Fréger est un habitué des inventaires. Pour son travail Wilder Mann ou la figure du sauvage, il a voyagé dans de nombreux pays pour photographier les masques et les tenues traditionnels. Avec son nouveau travail photographique Bretonnes, il recense les nombreuses coiffes traditionnelles portées en Bretagne : capot de deuil, queue de langouste, coiffe le coq, cornette du Trégor.
Certaines font penser à des coiffes de religieuses, d’autres s’élèvent dans des mouvements de plis assez complexes sur la tête quand d’autres encore se portent à même les cheveux, posées comme des calots. Il y en a pour tous les goûts.

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L’idée vient d’une résidence au centre d’art GwinZegal à Guingamp (22), en 2011. Le photographe de 40 ans, né à Bourges, décide de contacter les cercles de danse. Des femmes posent en habits.
Les photos sont toujours composées d’un premier plan où l’on voit le modèle et d’un second plan où l’on distingue l’environnement (des champs, des paysages de mer). Le résultat donne un effet très pictural obtenu grâce à un écran de soie placé derrière le modèle. « C’est une toile tendue qui réagit aux flash, filtre la lumière et donne un flou à l’arrière plan de l’image », explique l’auteur.

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« Je ne comprends pas pourquoi les Bretonnes ne sortent pas en costumes comme cela se fait en Bavière », demande Charles Fréger.
En tant que trentenaire et bretonne de mon état, je ne m’étais jamais posée la question. Sans doute parce que la culture traditionnelle, on la pratique ou pas…et que ce genre d’habits d’apparats ne sont sortis qu’à des occasions très précises, lors des festivals, des pardons, des fest-noz…

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Les photographies de Charles Fréger m’ont permis d’aborder la question qu’il pose sous un autre aspect ; et de voir sous un autre angle les coiffes en dentelles, les châles en broderies rongés par les mites et les nombreuses broderies que beaucoup de grands-mères bretonnes ont précieusement conservé dans leur grenier.

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C’est l’été ! Tout est permis, et même de sortir des sentiers de la photographie pour vous faire partager quelques-unes de mes découvertes.

L’artiste suisse Felice Varini a « emballé » le château de Trévarez de bandes d’alu. L’édifice, un château néogothique  « Belle époque » construit de briques roses par un aristocrate breton, se trouve au coeur d’un parc de plusieurs hectares. L’oeuvre sur la façade du château intitulée Zigzags pour le château est couplée par Ellipse de bancs rouges, une installation de 26 bancs rouges selon une logique géométrique prédéfinie. Il faut rappeler que l’artiste suisse travaille depuis les années 80 sur le point de vue. Il a réalisé, de par le monde, de nombreuses anamorphoses, autrement dit ces déformations réversibles d’une image à l’aide d’un système optique comme un miroir. Le résultat est assez bluffant.

[vimeo https://vimeo.com/135860456]

Merci à Sébastien Kieffer pour la vidéo. Expo visible jusqu’au 11 octobre.

Le Grand Palais accueille jusqu’au 3 août une rétrospective sur le travail du Trublion de la mode. L’exposition qui a été créée avec le concours du musée des Beaux-Arts de Montréal s’est installée à Paris, après avoir fait escale dans de nombreuses villes. Elle permet de découvrir l’univers créatif et fantasque de Jean-Paul Gaultier grâce à des pièces, photos, vidéos et documents inédits.

Maître dans l’art du « mix and match », Jean-Paul Gaultier possède et cultive cet incroyable talent de revisiter ce qui l’entoure. Depuis ses débuts dans les années 70, le couturier né à Arcueil absorbe, digère et réinterprète la couture avec un certain art du paradoxe qu’il partage avec enthousiasme.

Le couturier est un personnage à part entière de la culture pop, connu pour ses réinterprétations de la marinière, ses jupes pour hommes et ses mannequins aux visages et aux mensurations parfois hors-normes (en 2010, il a fait défiler Beth Ditto, la chanteuse obèse de Gossip). Il découle de cette créativité débordante une certaine vision du monde. Le créateur observe les codes, les ingère, en joue, les mélange (le fameux « mix and match ») pour in fine livrer sa version des faits.

Asticoter les codes

Dans la planète de Jean-Paul Gaultier, on porte le tatouage sur ses vêtements et non directement sur le corps, un sac poubelle peut se transformer en robe de soirée portée avec des bijoux hors de prix, le tutu s’échappe de la salle de danse et devient une jupe du quotidien, la marinière retrouve son potentiel érotique gay. Le parfum Le Mâle (un best seller) est enfermé dans une boîte de conserve. Là encore, le couturier asticote les codes en vendant un produit de luxe par excellence dans un objet si trivial (la boîte de conserve).

Quand on demande aux historiens de la mode quelle est l’empreinte que laissera le Trublion de la mode dans l’histoire de la discipline, ils expliquent que c’est précisément cette « esthétique du paradoxe » qui marquera.

A voir : le très bon documentaire « Jean-Paul Gaultier travaille » de Loïc Prigent.
Photos Photosmatons.

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Les évènements dramatiques qui ont marqué la mi-janvier ont douché mon enthousiasme et ma motivation. Comme beaucoup d’entre vous, je reste sous le choc et sonnée par ce qui s’est passé. J’en discute beaucoup avec des amis, des connaissances professionnelles etc… Je voulais simplement signaler une exposition photo qui a lieu jusqu’au 31 janvier à la mairie du Xe arrondissement de Paris. Les photographes de l’agence Haytham Pictures proposent des portraits de personnes présentes lors de la marche historique du 11 janvier dernier.

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Il reste quelques jours pour voir l’expo qui a lieu à la mairie du Xe arrondissement. Voici la liste complète des photographes qui y participent : Hugo Aymar, Moland Fengkov, Simon Lambert, Augustin Le Gall, Anthony Micallef, Laurent Paillier, Juliette Robert, Olivier Saint-Hilaire, Milan Szypura, Perre Vassal, avec l’aide de Hedi Aouidj et le staff : Gilles Collignon, Christian Sauvan-Magnet, Léonor Matet.

Haytham Pictures est une agence de jeunes photographes, basée à Paris, couvrant l’actualité et documentant des questions sociales. Les photographes de l’agence sont des photojournalistes et auteurs libres de produire des reportages d’actualité, des histoires ou des documentaires selon leur style propre et personnel.

Dans une expo qui donne envie d’aller à Berlin avant le 5 octobre prochain, le musée de l’Histoire allemande retrace la quête de l’artiste allemande Herlinde Koelbl. Elle a parcouru le monde à la recherche de « Targets » (le nom de l’exposition). Comprenez les cibles utilisées lors des exercices militaires. Dans cette actualité internationale chargée, cette expo offre une réflexion intéressante sur la notion d’ennemi, de guerre et la réalité du combat pour les soldats.

Herlinde Koelbl affectionne les travaux au long cours. L’exposition Targets est le fruit de 6 ans de recherches autour du monde. Cette exposition photos offre une réflexion sur la notion d’ennemi, de soldat, de guerre.

Camps d’entraînement

La photographe allemande a visité des camps d’entraînement militaires dans des pays qui possèdent une armée (Brésil, Finlande, France, Israël etc). »Qui est le méchant ? À quoi ressemble cet ennemi que l’on sera censé abattre ? » Voilà la question posée par l’artiste de 74 ans, originaire de Bavière, à travers les photos de cibles sur lesquelles les militaires s’entraînent.

On pourrait presque sourire devant certaines de ces silhouettes en papier ou en carton représentant des paysannes tenant des armes. Sauf que l’ennemi de papier devient un être de chair sur le terrain.

L’artiste n’oublie pas cette dimension. Dans une interview accordée à Arte, Herlinde Koelbl explique qu’elle s’est rendue à travers ses travaux que la paix est finalement quelque chose d’extrêmement fragile. Pourtant dans les pays occidentaux, elle est considérée comme « normale ».

Stress post-traumatique

Des témoignages de soldats revenus d’opérations de combat accompagnent les quelque 200 grands formats photos. Le stress post-traumatique de ceux qui font la guerre transpirent dans les témoignages. Un soldat explique qu’après une mission revenir chez lui et être dans sa maison « [le] tue presque. J’allume toujours la radio ou la télé, faute de supporter le silence. » Nul doute que l’actualité récente donne une dimension particulière à cette exposition singulière.

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Après avoir vogué par monts et par vaux, la plasticienne Marion Zylberman a posé ses valises à Penmarc’h, dans le Finistère. Elle a beaucoup travaillé à la peinture à l’huile jusqu’en 1982. Elle croque depuis dans des carnets les paysages qui l’entourent lors de ses voyages ou dans son environnement quotidien.  Mexique, Corse, Méditerranée, Açores, aux Pays-Bas, les destinations ne manquent pas…La médiathèque des Ursulines à Quimper organise une exposition de certaines de ses oeuvres. 

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Depuis juin, le port de pêche du Guilvinec propose à ses visiteurs des photos de mer exposées dans différents endroits du 1er port artisanal de France. Sobrement intitulé L’Homme et la mer, le festival fête sa 4e édition et expose le travail de neuf photographes qui se sont tous concentrés sur la figure du marin-pêcheur (à revoir l‘ITW et le POM de Théophile Trossat sur ce thème).
Un festival OFF présente des travaux de passionnés de photos. A signaler, l’expo des photographes du journal Ouest-France (Thierry Creux, Béatrice Le Grand, Vincent Mouchel et d’autres). La mer est aussi leur élément de travail.
Au Guilvinec, la pêche fait partie du paysage, tous les habitants ont un lien direct ou indirect avec ce monde dont on parle pas. Déambuler dans les rues, où les photos sont accrochées sur les murs des maisons ou dans le port, prend tout son sens.

Les photos sont exposées dans les rues @Photosmatons

Les photos sont exposées dans les rues (ici Yasmine Sweetlove)

> Les séries sur la pêche dans les Cornouailles anglaises de Vince Bevan

Le photojournaliste documente le monde de la pêche dans les Cornouailles anglaises dans deux séries : l’une en noir et blanc et l’autre en couleur. C’est d’ailleurs un portrait d’un jeune marin-pêcheur cornouaillais pris par Bevan qui a été retenu pour l’affiche du festival.

Les diptyques du projet «En pêche»

> «En pêche» d’Hervé Boumaud et Jean-Baptiste Sénégas

Superbe travail né de la rencontre entre un marin-pêcheur Hervé Boumaud et un photographe Jean-Baptiste Sénégas ! Ces diptyques en N&B sont faits d’un portrait d’un marin-pêcheur, d’une photo et d’un verbatim.

Les hommes poissons de Gildas Bitout

Partout dans la ville, les hommes poissons de Gildas Bitout

> Les hommes poissons de Gildas Bitout

Ouvrez grand les yeux ! Sur le parcours, des figures étranges mêlant corps d’hommes et visages de poissons s’incrustent au coin d’une rue, dans l’angle d’une devanture…Ces créatures hybrides mêlent photo et art plastique.

©Yasmine Sweetlove

©Yasmine Sweetlove

> Les autres photographes : la seule femme de la sélection Yasmine Sweetlove a suivi des pêcheurs dans différents ports au Sénégal, le festival rend un hommage appuyé à Jacques de Thézac et son regard sur l’univers des Abris du marin. Coupe du Monde oblige, la série du photojournaliste brésilien J.L.Bulcao montre la passion des hommes de son pays pour le foot qui se joue aussi sur la plage. Antoine Soubigou nous fait vivre le quotidien de pêcheurs cherbourgeois et Sylvain Le Lepvrier sublime la baie de Saint-Brieuc, shootée à tout moment de l’année.

Pour la nouvelle année, certains font des résolutions. Moi j’ai fait une « to do list » des expos photos que je ne veux pas manquer. La majorité de mes choix sont à Paris par commodité. Mais si vous avez des idées pour des expos qui ont lieu ailleurs, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires. Vous êtes rares à en laisser mais c’est toujours un vrai plaisir de vous lire.

Voyage dans l’ancienne Russie, musée Zadkine – Paris, jusqu’au 11 mai 2014

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La Russie va être au cœur de l’actualité avec les JO de Sotchi. Voici donc une expo qui permet de se détacher de l’actu tout en restant en Russie. Elle présente les clichés d’un pionner Sergueï Mikhaïlovitch Procoudine-Gorsky (1863-1944). Sa technique de prises de vues restitue les couleurs avec beaucoup de précisions. Les photos présentées sont prises lors de ses nombreux voyages.

> Le site du musée Zadkine

Raymond Depardon, Un moment si doux, Grand Palais – Paris, jusqu’au 10 février 2014

« Disons que, au départ, comme beaucoup de photographes de ma génération, une bonne photo, c’était en noir et blanc (…) Puis, tout doucement, c’est avec ma série sur la France que je me suis aperçu qu’avec la couleur, j’allais vers autre chose« , expliquait Raymond Depardon à L’Oeil de la photographie. Cette exposition au Grand Palais montre en effet les images du photographe -très connu pour son rapport au Noir et Blanc- sous l’angle de la couleur.

> Le site du Grand Palais

Black and White, Galerie Magda Danysz – Paris, jusqu’au 8 février 2014

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Ce ne sont pas des photographes mais des street artistes qui sont ici convoqués : YZ, JonOne et Nicolas Buffe. Le travail de la plasticienne YZ sur les lieux, la ville, la mémoire, les femmes me parle depuis très longtemps d’où le choix de cette expo.

> Le site de la galerie

Vivian Maier, Château de Tours, jusqu’au 1er juin

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Elle était nounou, vécu dans une certaine modestie et mourut dans l’anonymat le plus complet. Et pourtant Vivian Maier, nurse dans de riches familles de New York et de Chicago, est au cœur d’une histoire inédite. Celle qui possédait un regard incroyable et un Rolleiflex qui a permis à son regard de s’exprimer n’a jamais montré ses photos à personne. C’est un jeune agent immobilier de Chicago qui exhume le trésor en 2007.

PONTE CITY, Le Bal, jusqu’au 20 avril

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Symbole de la prospérité de Johannesburg au temps de l’apartheid et de la domination blanche, puis de l’effondrement du centre-ville dans les années quatre-vingt-dix et enfin du renouveau multi-ethnique en ce début de XXIe siècle, la tour Ponte City incarne depuis 1975 les aspirations et les failles de la société sud-africaine. Pendant cinq ans, Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse ont mené une enquête sur les visages multiples et parfois contradictoires de la tour.

> le site du Bal

America latina 1960-2013, Fondation Cartier, jusqu’au 6 avril

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L’exposition offre une perspective nouvelle sur la photographie latino-américaine de 1960 à nos jours, à travers le prisme de la relation entre texte et image photographique. Elle rassemble 70 artistes de 11 pays différents.

> Le site de la fondation Cartier

David Lynch – Small stories, MEP, jusqu’au 16 mars

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David Lynch expose ses clichés surréalistes à la Maison européenne de la photographie à Paris jusqu’au 16 mars, lors d’une exposition intitulée Small Stories. Le cinéaste de renom est aussi plasticien et photographe. Une quarantaine de photos N&B créées spécialement pour l’occasion sont présentées.

> Le site de la MEP

Quatre photographes exposent leur vision de l’urbain dans l’expo Palm Beach. Elle a lieu, à la galerie See Studio, à Paris, jusqu’au 20 novembre. Les quatre photographes en question – Camille Hervouet , Edouard Escougnou, Julien Lombardi et Isabelle Blanc – ont travaillé à la frontière du reportage et de la ligne artistique. Leur projet commun SEE STUDIO entend développer « un type de reportage photographique mêlant explicitement une approche documentaire et une approche artistique ».

Les photos de Camille Hervouet et Edouard Escougnou…

Les maisons prises par Camille Hervouet dans les quartiers de Toulouse pourraient l’être n’importe où. Ces maisons sont sublimées et totalement sorties de leur contexte, comme si la photographe avait posé des aplats de couleur qui gomment le ciel. En fait elle photographie à l’argentique et de nuit. Edouard Escougnou s’est intéressé à l’architecture de la périphérie et explore certains contrastes dans un reportage réalisé comme un voyage. 

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…et les travaux de Julien Lombardi et Isabelle Blanc

S’ajoutent les travaux nocturnes de Julien Lombardi et Isabelle Blanc. J’ai eu un coup de coeur pour les photos du premier qui a mis l’accent sur des endroits particuliers, trouvés au cœur de la ville. Il n’y a pas d’habitants (où sont-ils ?). Ces endroits presque irréels, comme s’ils étaient des décors de cinéma, deviennent hospitaliers grâce au travail fait sur la lumière. Isabelle Blanc joue clairement la carte cinématographique et s’intéresse aux décors de la nuit, la nuit qui attend un évènement, qui cache un secret.

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Clairs de nuit © Isabelle Blanc 2010

Clairs de nuit © Isabelle Blanc 2010