Si Noël vous donne de l’urticaire, si vous somatisez déjà en pensant à la montagne de cadeaux qu’il vous reste à acheter, si vous êtes un ayatollah de l’anti-Christmas spirit, mieux vaut vous conseiller d’ouvrir un nouvel onglet ou de continuer votre navigation. Car Photosmatons va publier une liste…Oui, une liste de cadeaux que l’on peut offrir et/ou se faire offrir. Cela ne nous empêche pas de pester contre tous ces suppléments cadeaux des magazines (« le degré 0 du journalisme ! ») qui, depuis mi-novembre, abondent dans les kiosques. Ce post aurait même pu être titré « que faut-il offrir à Noël ? » ou, dans un egotrip plus prononcé, « que vais-je bien pouvoir me faire offrir ? ». Maintenant, vous savez. Alors faites votre choix : continuez ou passez votre chemin. AMEN.

Photosmatons a demandé à deux éditeurs, défricheurs de talents, de vous concocter une sélection de livres à se faire déposer sous le sapin par le Papa… Bref vous l’avez… Voici Freddy Denaës et Gaël Teicher des éditions de L’Oeil.

* Les choix de Freddy Denaës

La collection des Carnets de la création a le mérite d’être très accessible. Pour 5€50, les éditions de l’Oeil ont créé de petits livres format poche avec une très belle mise en page sur le travail d’un photographe. Parmi eux, beaucoup d’Africains. Freddy Denaës, l’une des deux têtes pensantes de la maison d’édition installée à Montreuil, a choisi Pierrot Men. « D’origine franco-malgache et chinoise, il porte en lui ce métissage révélateur d’identités multiples issues de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe », décrit le site des éditions de l’Oeil.

L’autre artiste citée par Freddy est Berry Bickle, une Africaine blanche qui vient du Zimbabwé. Elle a beaucoup travaillé sur son pays et y a animé de nombreux « workshops ». Cet ouvrage est une compilation de photographies, d’images extraites de vidéos ou d’installations de la plasticienne.

Le dernier de la liste, James-Iroha Uchechukwu dit «Uche» est d’abord sculpteur, mais aussi dessinateur. Il  adopte finalement la photographie parce qu’elle lui permet, dit-il «d’écrire avec la lumière». Et ce qu’il «écrit» ainsi, de son écriture si moderne, trace le portrait d’une Afrique contemporaine toujours debout.

* Les choix de Gaël Teicher

Gaël précise qu’il partage les choix de Freddy avant de se lancer dans sa propre sélection. Le premier des noms qu’il sort de sa hotte est Sergio Santimano, un  photographe né au Mozambique. Initié au photojournalisme à l’école de Ricardo  Rangel, Sergio Santimano a fait de sa photographie un art plus sensuel où  toujours transpire le même humanisme.

Cité également par Gaël, Mohamed Camara photographie le monde des jeunes de Bamako à travers leur espace privé : la chambre. Images d’une intimité régie par la lumière, pénombre colorée par les rideaux qui vont et viennent comme une respiration, un jeu d’échanges entre la douceur intrérieure et la grande brûlure du soleil à l’extérieur…

©Mohamed Camara

Last but not least, le dernier coup de coeur est une photographe de rue sud-africaine, nourrie des contre-cultures urbaines. Elle s’appelle Nontsikelelo Veleko et capture les multiples langages visuels d’une redéfinition identitaire permanente. L’Afrique du Sud est son terrain de jeu privilégié. Attentive, en prise avec son environnement, la photographe née en 1977 interroge le métissage et décrypte l’espace public africain.

©Nontsikelelo Veleko

Tous les ouvrages dont il est ici question peuvent être feuilletés et commandés en ligne sur le site des éditions de l’Oeil dans l’onglet Photographie puis les Carnets de la Création.

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