J’ai retrouvé dans les tiroirs de cette grande commode qu’est le back office de ce blog, une sélection de livres qui était prête pour les soirées hivernales. Elle n’a pas été publiée. Pourquoi ? Allez savoir….L’été approche et l’occasion de lire dans les parcs ou de faire grimper son quota de lectures annuelles aussi. Et puis ce n’était que délicatesse que cette liste composée avec inspiration par la délicieuse Catherine Le Pape, de Librairie & Curiosités située à Quimper. 

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The Roma journey de Joakim Eskildsen, Steidl

Le photographe danois Joakim Eskilden et l’écrivain Cia Rinne ont vadrouillé en Europe et dans le monde (Grèce, France, Inde…) pour aller à la rencontre du peuple tsigane. Pour tailler en pièce les clichés négatifs sur les Roms et pour apprendre à découvrir ce qui façonne ce peuple.

Félix Nadar at work, 1889 -by atelier Nadar

Quand j’étais photographe de Nadar, Actes Sud

Quand j’étais photographe a paru en 1900 alors que Nadar avait quatre-vingts ans. Il s’agit d’une suite de récits dans lesquels le célèbre photographe (…) raconte ses expériences les plus surprenantes, dont les premières photographies aérostatiques effectuées en ballon ou ses déambulations dans « Paris souterrain », des anecdotes liées aux gens qu’il photographie, aux artistes et inventeurs qu’il fréquente.

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Le manuel de la photo ratée de Thomas Lélu, Léo Scheer

Quitte à rater sa photo autant bien le faire et cultiver une esthétisme du ratage. C’est en tous cas ce que propose l’écrivain-photographe-plasticien Thomas Lélu dans son Manuel de la photo ratée.

Mort de la photo de famille ? De l’argentique au numérique de Irène Jonas, chez L’Harmattan

La sociologue Irène Jonas s’interroge sur les mutations des photos de famille à l’ère du numérique. Quelle influence ce nouveau support va-t-il créer sur une pratique vernaculaire, que chacun a pratiqué ou a vu pratiquer ? L’auteur mène dans le livre de nombreux entretiens et rappelle l’histoire de la photographie de famille, un sujet sur lequel elle travaille depuis longtemps.

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– Mamika & co de Sacha Goldberger chez Editions place des Victoires

Les aventures de Mamika reviennent ! Nous avions déjà parlé de cette super mamie mise en scène par son petit-fils, le photographe Sacha Goldberger. Cette fois, Mamika n’est plus seule. Elle est entourée. L’univers de cette mamie particulière est fait de capes, de déguisements, de tout l’univers des super-héros. Un monde toujours aussi fantasque, des photos réjouissantes !

>>>>>>> Et un petit dernier pour la route…

– Les collections de livres photos pour enfants chez Tourbillon

Les éditions Tourbillon font de « la poésie, la fantaisie, l’imaginaire et l’éveil
du sens esthétique » leur credo maison. Le pari est réussi et les livres photos pour enfants aussi!

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L’un a les mots, l’autre les yeux.

En mars 2012, Arnauld Bernard (journaliste) et Nicolas Datiche (photographe), se sont rendus au Japon, un an après le tsunami qui a ravagé les côtes du nord-est de l’île de Honshü. Ils viennent d’auto-produire un livre Tsunami Afternath, tiré de leurs travaux sur place. Ces deux membres du Collectif Off source racontent et photographient des immensités fantomatiques où les déchets sont les seuls restes du passage de l’homme. Le silence étourdissant, parfois rompu par le bruit des palmes d’un hélico, s’impose à tous les niveaux. « On se mettait spontanément à chuchoter, raconte Nicolas, alors qu’il n’y avait aucune raison de le faire. »

Les auteurs embarquent le lecteur dans un monde qu’il a la sensation de connaître en raison du flot incessant de reportages publiés à l’époque. Et pourtant… Nicolas Datiche et Arnauld Bernard ont pris leur temps, ont rencontré des survivants, des déshérités, des familles de victimes. Pas question de faire un instantané de la situation. Au contraire, ils proposent un portrait construit et réfléchi de l’état des choses.

Page après page, le lecteur prend le temps de réaliser : l’ampleur de la catastrophe, ses conséquences. Il ne faut pas se tromper sur ce livre : ce n’est pas un récit de journalistes dans un paysage de récit de SF. C’est un témoignage qui implique à la fois les auteurs et la réalité qu’il y a derrière. Pas étonnant d’ailleurs que Nicolas Datiche, le photographe, part s’installer au Japon.

>>>> Pour Photosmatons, ils ont chacun choisi une photo qu’il commente.

Check point d'entree de la zone interdite a Hirono ©Nicolas Datiche/Wostok Press

Check point d’entree de la zone interdite a Hirono ©Nicolas Datiche/Off source

Arnauld Bernard : « Dans le cadre de ce reportage, notre premier rendez-vous avait lieu à l’entrée de la zone interdite, autour de la centrale accidentée de Fukushima. Sur l’autoroute, rien ne laissait présager de ce qui se trouvait à une poignée de kilomètres. A la sortie d’un village, la route s’arrête, tout simplement. Les automobilistes sont appelés à faire demi-tour, et s’ils ne suivent pas ce conseil, ils tombent nez à nez avec le check-point de J-Village. Et en quelques centaines de mètres, les compteurs s’affolent : la radioactivité est là, tout autour, invisible, et instinctivement, on respire moins bien. De la zone interdite sort des camionnettes ou des autobus remplis de travailleurs qui ont l’air exténués. Les gardes nationaux qui tiennent le check-point ont pour seule protection un masque, comme celui que l’on porte dans le reste du Japon quand on a la grippe. Les militaires viennent à notre rencontre, veulent connaître nos intentions. Derrière l’un d’eux, j’aperçois une pelouse ornée d’un ballon de football grotesque, rappelant que c’est ici que s’entraînait l’équipe nationale, avant la catastrophe, car le coin était réputé pour son bon air marin. Dans l’épicerie du village, les travailleurs rencontrés ont l’air jeunes, très jeunes pour certains. Ce sont des travailleurs journaliers, qui touchent des primes pour travailler dans ces conditions dangereuses, et à qui on demande parfois de débrancher leurs compteurs pour sous-évaluer les taux de radiation. La photo de ce barrage symbolise pour moi la gravité de la situation, mais également le début des mensonges, de la désinformation, de l’inefficacité des dispositifs mis en place autour de cette crise. Et l’impression d’une improvisation permanente, aussi. »

Sanctuaire shinto detruit parmis les ruines ©Nicolas Datiche/Wostok Press

Sanctuaire shinto détruit parmi les ruines ©Nicolas Datiche/Off source

Nicolas Datiche : « La première fois que je me suis rendu à Omagarihama (Higashi-Matsushima), le sentiment le plus fort était que rien n’avait changé depuis le jour du tsunami, que l’eau venait de se retirer, et ce même un an après la catastrophe. Nous avions, dans un premier temps, rencontré des habitants de ce quartier résidentiel de bord de mer pour réaliser des interviews. Au milieu des maisons ravagées, un mélange de boue, de détritus, d’objets de la vie courante et d’éléments de vie humaines recouvrait le sol… Et puis il y avait ce bateau, le Chôkai-maru, qui avait été porté par les vagues par dessus la jetée et qui avait écrasé plusieurs maisons, dont nous venions de rencontrer les propriétaires survivants. C’était la fin de l’après-midi, la lumière commençait à tomber sur le lotissement, on se promenaient au milieu de ces ruines, parlant peu, chuchotant plutôt, tant le silence était impressionnant. Puis le vol d’un hélicoptère de la sécurité civile a commencé à se faire entendre, et l’absence totale de bâtiment ou de relief amplifiait le son de manière cinématographique, bien avant qu’on ne puisse le voir. C’est ce qu’avait dû entendre les rescapés, quelques heures après la vague. Avant que le soleil ne se couche, j’ai aperçu le sanctuaire Shintô. J’avais trouvé ma photo. »

Qui a dit ? (n°6)

18/04/2013

« La photographie est une petite voix, j’y crois. Si elle est bien conçue, il lui arrive de se faire entendre. »

W. Eugene Smith (1918-1978)

Ne manquez pas…

17/04/2013

Les beaux jours n’inciteront sans doute pas les Parisiens à s’enfermer dans les musées. Je tenais, malgré cela, à vous parler de trois expos très différentes mais vivement conseillées. N’hésitez pas à nous faire part de vos coups de coeur d’expos, ici et ailleurs. Les commentaires sont faits pour cela. Faites-vous plaisir, faites-nous rêver !

– Collection Howard Greenberg à la Fondation HCB, jusqu’au 28 avril

Dorothea Lange, Migrant Mother, Nipomo, Californie, 1936 ©Library of Congress / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Dorothea Lange, Migrant Mother, Nipomo, Californie, 1936 ©Library of Congress / Courtesy Howard Greenberg Gallery

La fondation Henri Cartier-Bresson présente la collection d’un photographe devenu marchand et collectionneur : Howard Greenberg. Deux fils conducteurs dans cette collection : une partie plus abstraite et une partie humaniste. Beaucoup des grands noms de ce courant sont présents : Evans, Steichen -huuum ces grands yeux tout en dentelles capturés dans un portrait de Steichen qui accueille le spectateur dans la première salle de l’expo), Lange, Arbus, Weegee. C’est un plaisir de voir des grands classiques mais aussi de découvrir des surprises comme ce carnet de Robert Frank fait pour sa femme de l’époque Mary : c’est un mélange de clichés collés et de petites phrases. Pierre Haski de Rue89 a bien résumé cette collection « une sorte de musée idéal pour les amoureux de la photo noir et blanc « à la Cartier Bresson » ». A voir sans attendre car elle se termine à la fin du mois.

– Hey ! Part II à la Halle Saint-Pierre, jusqu’au 23 août

Joe COLEMAN_A Doorway to Joe ©Halle Saint Pierre

Joe COLEMAN_A Doorway to Joe ©Halle Saint Pierre

Dans un tout autre genre -il ne s’agit pas de photo mais plutôt d’art visuel- la revue Hey ! prend ses quartiers à la Halle Saint-Pierre (aux pieds de la butte Montmartre). Ses créateurs Anne et Julien réitère l’expérience et présente comme en 2011 leur cabinet de curiosités. Les œuvres et les artistes présents s’inscrivent dans les avant-gardes artistiques européennes et la contre-culture américaine. Les organisateurs précisent : « qu’on se le dise, cette nouvelle donne n’a rien d’une secousse nerveuse (…) Elle peut inspirer l’effroi. Elle n’a ni coutures apparentes, ni pupitres universitaires, ni soutiens institutionnels . Elle est notre miel. Notre émerveillement. » Vous êtes prévenus !

– La valise mexicaine (Capa, Taro, Chim) au MAHJ jusqu’au 30 juin

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L’expo présentée aux rencontres d’Arles en 2011 s’installe au Musée d’Art et d’Histoires du Judaïsme à Paris. Après plus de soixante-dix années de pérégrinations rocambolesques et de péripéties diverses, la « valise », composée en fait de trois boîtes de rouleaux de pellicule soigneusement classés, révélait son extraordinaire contenu : près de 4500 négatifs d’images de la guerre civile espagnole, prises entre 1936 et 1939 par Robert Capa, mais aussi par sa compagne Gerda Taro, tragiquement disparue en 1937 pendant la bataille de Brunete, et par David Seymour, dit Chim.

Qui a dit ? (n°5)

15/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« Je suis fasciné par les perceptions si différentes de mon travail. Je ne suis pas un photographe qui conceptualise. Nul besoin de chercher les photographies. La nature est généreuse. Il suffit de sortir, les photographies sont là, sous vos yeux. »

Lee Friedlander (né en 1934)

Alexandre Mendez poursuit son projet Nous avons un certain mode de vie. Il n’a pour matériel que des appareils photos jetables : 267 appareils utilisés, 1796 photographies sélectionnées depuis le lancement du projet en 2010. Il n’effectue aucune retouche sur les clichés (hormis des inscriptions de dates et de lieu). Ces photos présentées jusqu’ici dans un tumblr pourraient être rassemblées dans une édition papier. Une collecte est lancée sur le site de crowdfunding KissKissBankBank. Il a d’autres projets en préparation mais se garde bien d’en dire plus…Retrouvez-le sur le site éponyme. Pour Photosmatons, il a sélectionné quelques photos…J’en profite pour vous souhaiter un bon week-end à tous ❤

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Qui a dit ? (n°4)

09/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« Quand vous sentez qu’un lien commence à se forger entre vous et les gens que vous photographiez, quand vous riez ou quand vous pleurez avec leurs rires et leurs pleurs, vous savez que vous êtes sur la bonne voie. »

Weegee (1899-1966)

Qui a dit ? (n°3)

07/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

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« Une bonne photographie doit prouver au spectateur que nos yeux voient bien peu de choses. La plupart des gens ne voient pas. Ils voient seulement ce qu’ils ont l’habitude de voir ou ce qu’ils s’attendent à voir. Alors qu’un photographe, s’il est doué, verra tout. Et c’est encore mieux s’il voit des choses auxquelles il ne s’attend pas. »

Leon Levinstein (1910-1998).

Copyright photo : Leon Levinstein, Cinquième Avenue, ca 1959 © Howard Greenberg Gallery / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Qui a dit ? (n°2)

05/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« Tout ce qui surgit, mort ou vif, aux yeux d’un photographe inspiré prend mystérieusement différentes formes : un objet inanimé vient à la vie grâce à la lumière ou à ce qui l’entoure. Et si le photographe est un peu talentueux, il pourra en faire quelque chose – j’imagine que cela s’appelle la poésie. »

Josef Sudek (1896-1976)

Qui a dit ? (n°1)

04/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« La photographie est un secret sur un secret, plus elle en dit moins vous en savez. »

Diane Arbus (1923-1971)