En marge d’un reportage en Inde sur la tragédie de Bhopal, la photographe Florence Jamart s’est posé sur la plage de Chowpatty beach dans un quartier aisé du sud de Mumbai. Elle a shooté des instants captés sur cette plage où la classe moyenne se retrouve pour admirer en famille ou entre amis le coucher de soleil et s’adonner à tous les loisirs proposés (nourriture, jeux pour les enfants). 

C’est un monde qui se révèle dans la déambulation de Florence Jamart. Les personnages qui animent la plage (le vendeur de barbes à papa, le loueur de nattes, la vendeuse de girouettes, les loueurs de grosses voitures pour les enfants). Et les instantanés de vie (le vendeur de jus de citron qui prend un instant de pause, des ados qui font des bulles de savon). « J’ai trouvé ça beau le fait que les gens se réunissent sur cette plage, se souvient Florence. Je crois que quand on trouve quelque chose beau, on  a envie de le retenir ».

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Chers touristes…

25/05/2014

La série de portraits réalisée par le photographe Jolipunk a fait le tour du web. Des personnes à Cuba, en Inde lèvent le doigt devant l’objectif du photographe. La réponse du berger à la bergère ? Cette série veut faire réagir sur le tourisme mondialisé. Jolipunk change le prisme : plutôt que de sourire pour faire de jolis portraits, les locaux font un beau bras d’honneur. Ca ne mange pas de pain certes mais ces photos un peu what the fuck font réfléchir au tourisme mondialisé. Et ça nous rappelle que l’on est toujours à un moment ou à un autre le touriste/autochtone de quelqu’un (demandez aux parisiens…) 

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Le doigt d’honneur est donc aussi universel que la bouteille de Coca ?

Non, le « middle finger » n’est pas un signe universel. Néanmoins son sens existe dans toutes les langues et avec différents types de combinaison de doigt ! Le middle finger est beaucoup utilisé en occident et grâce (ou à cause) de la télévision, les journaux et internet, il s’internationalise de plus en plus.

J’ai lu l’anecdote qui a fait débuter ce projet : ce touriste qui vous refuse la photo parce qu’il en a marre d’être mitraillé par les touristes et redoute (éventuellement) de se retrouver en carte postale. C’était où et quand ?

C’était en 2008, à Bali ! Bali fut mon premier grand voyage hors des frontières européenne : a la fois la découverte d’une culture totalement différente mais aussi des joies colonisatrices du tourisme de masse.

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Les photos s’accompagnent de quelques phrases de contexte souvent très percutantes comme par exemple cette agricultrice qui dit « ici le problème c’est l’eau » à qui le photographe répond « vous avez l’eau courante » et elle conclue « oui dans vos hôtels »….

Oui ! Vous l’autre sûrement remarqué, sur beaucoup de forums ou commentaires les gens essayent de savoir : le sens, la mise en scène, il y a les « pour » qui s’engouffrent dans l’idée et les contre qui s’insurgent en criant : « ça va ils vont pas se plaindre on leur donne de l’argent !!! ». Du coup je me suis mis à écrire ces petites anecdotes…. Pour raconter l’echange et la motivation de chacun, ce qu’ils ont a dire. Il m’en reste d’ailleurs encore beaucoup a écrire.

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Cette série n’était pas prévue pour tourner autant sur les blogs et magazines. Je regrette de ne pas y avoir écrit une intro pour chaque pays. Car chaque pays a un contexte historique politique et sociologique différent. Certain sont rompus au tourisme et d’autres sont au contraire ravis de nous recevoir.

J’ai également lu que votre propos ne se voulait pas moralisateur…Effectivement, n’est-on pas toujours le touriste bof de quelqu’un d’autre ?

Pour continuer le propos ci-dessus, il n’y a pas de meilleure façon de voyager : de bien ou de mal ! Je ne suis pas un apôtre d’une cause particulière et je n’essaye pas de dire que partout dans le monde les locaux vous disent merde. Je fais de la photographie autrement dit figer une idée, un point de vue en 1/125eme de seconde.
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Mais cette série est là pour véhiculer une idée simple : échanger partager et comprendre l’autre … Certains pensent qu’on comprend réellement un peuple par ses réalisations culturelles. Moi, je pense qu’il faut parler aux gens !

« Le tourisme est une question complexe », ça peut être une relation donnant-donnant (les touristes s’y retrouvent, les locaux aussi) et ça peut être plus compliqué. Vous en êtes où dans votre réflexion sur la question?

Oui cela reste très complexe ! Nous le voyons bien avec les réactions sur cette série : le tourisme sert à développer un pays blablabla…Des propos que je juge limite colonialistes. Oui l’argent sert a développer un pays mais aussi parfois à bétonner sa côte, par exemple ! L’argent sert à des groupes hôteliers qui créent d’autres infrastructures à touristes. Ces infrastructures sont pensées pour que vous n’en sortiez pas !
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Exemple à Cuba : ils ont développé des petits îles hotels relié par un pont de 10km. Vous y arrivez par une route traversant une petite ville.
J’étais en voiture et je voulais bien finir mon voyage, en passant par la petite ville pour rejoindre se fameux pont, le décor était propre et joli : les maisons peintes, les habitants bien habilles …
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Mais comme j’ai un sens de l’orientation de merde je me suis trompé de direction… Et la j’ai vu l’arrière boutique : une ville cubaine délabré … Comme les coulisses d’un décor de théâtre
En clair ils ont refait, repeint et décoré l’itinéraire pour les bus touristique
Donner une carte postale au touriste qui ne correspond évidemment pas a la réalité d’un pays rongé par le communisme.
C’est toute l’idée des fucking tourist !
Une expo aura lieu en juillet a la galerie Géraldine Banier 56 rue Jacob à Saint-Germain à Paris. 

Je voulais vous parler de l’initiative #Dysturb depuis un moment. #Dysturb, c’est quoi ? Des photojournalistes qui squattent les murs de Paris pour y afficher leurs clichés. A l’origine de cette initiative, il y a entre autres Pierre Terdjman de l’agence Cosmos. Il y a plusieurs semaines, on a échangé rapidement par messages pour qu’il m’explique l’idée de #Dysturb que vous pouvez suivre sur la page Facebook #Dysturb ou sur leur compte Instagram.

©#Dysturb

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La mort de la photojournaliste, Camille Lepage, tuée à 26 ans, alors qu’elle réalisait un reportage en Centrafrique (l’Etat français parle d’assassinat)  donne un écho particulier à l’opération #Dysturb. Parce qu’un hommage a été rendu à la jeune femme, ce mercredi, en collant certaines de ses photos sur les murs. Ensuite et c’est lié parce que je suis convaincue que les photographes doivent interpeller le public sur leur métier, prendre de la place pour susciter la curiosité, la discussion, le débat avec le public.

NOTE : Pierre Terdjman a répondu à nos questions bien avant le décès de Camille Lepage.

©#Dysturb

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« L’opération est inspirée de l’idée simple de vouloir informer le plus grand nombre, explique le photographe Pierre Terdjman, et d’être le plus accessible possible quitte à balancer en pleine gueule une réalité que les gens ne veulent plus voir dans les magazines ! »

Pour lui, « quitte à prendre des risques,qu’ils soient financiers ou physiques, quitte à dépenser autant d’énergie à faire des photos et essayer de raconter les histoires des gens autant que ça serve à quelque chose » et même si les magazines ne prennent plus ou pas ce genre d’histoire.

@#Dysturb

@#Dysturb

La vocation de #Dysturb n’est pas « vraiment pas d’imposer, souligne le photographe, mais de montrer aux gens ce qu’ils oublient ou ne veulent pas voir ! Et puis, ajoute-t-il, c’est l’éducation pour tous , quand on colle à côté d’une école, c’est pour que les élèves s’arrêtent et posent des questions… »

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©#Dysturb

Et comment avez-vous trouvé le nom ? « Dysturb pour déranger bien sur ! Le y est venu tout seul….Cette opération va se reproduire à fréquences régulières avec d’autres photographes invités qui montreront, eux aussi,  leurs actualités ! » Par ailleurs, #Dysturb a reçu le soutien du magazine Grazzia.