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« Révéler les photographies émergentes, réveiller les images mal connues ».

L’ambition de OFF the wall, une revue dont le 1er numéro est sorti en avril dernier, est affichée. Sortir une revue papier de qualité, un « album d’images » que le lecteur voudra toucher, feuilleter et garder. Et pour cette belle carcasse, l’équipe de OFF the wall concocte une sélection faite de représentants de la photographie contemporaine et d’images vintage. Chaque édition, limitée à 1000 exemplaires, est tirée sur du papier de qualité éco-certifié. Un site accompagne la version papier avec des galeries de portfolios de photographes.

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La fondatrice Anna Alix Koffi, 34 ans, est journaliste et a officié comme réd chef-adjointe de la revue MORE. Avec OFF the wall, elle a semble-t-il mené jusqu’au bout, l’un de ses rêves, peut-être le plus fou. Pour expliquer le choix du nom de la revue, elle cite tout simplement le morceau de Mickaël Jackson Off the wall (1979) :

Gotta hide your inhibitions
Gotta let that fool loose deep
inside your soul
Want to see an exhibition
Better do it now before
you get to old
‘Cause we’re the party people
night and day
Livin’ crazy that’s the only way

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Peut-être plus ringarde (quoique…), cette citation de René Char m’a traversé l’esprit en lors de l’écriture de ce billet. A bon entendeur…

René Char : « il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit. »

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UNE VILLE, UN PHOTOGRAPHE #5. Après Lisbonne, un autre photographe du Collectif Off Source nous fait découvrir une ville. Nicolas Datiche s’est installé, il y a quelques mois, à Tokyo. Il connaissait déjà la capitale japonaise avant de s’y établir. Pour Photosmatons, il nous livre ses coups de cœur.

Deux Japonaises en kimono marchent dans le marché aux poissons de Tsukiji.

Premier souvenir photographique à Tokyo ?

Mon premier souvenir photographique au Japon, coïncide avec mon premier séjour ici. Il y a bien longtemps déjà…De mémoire, cela devait être en 2005. A cette époque j’étais étudiant aux Langues’o à Paris, et venir au Japon était la continuité de ma formation universitaire. Et quand j’y repense c’est assez drôle…Outre le fait que ce soit la première rencontre avec ce pays que l’on connaît surtout par le biais de clichés, il y a aussi le fait qu’à l’époque je n’étais pas du tout photographe. Je me rappelle qu’avec mon antique Nikon coolpix 3,2 millions de pixels, j’immortalisais mes souvenirs de vacances. Même avec ce petit appareil, je me suis fait plaisir à photographier ici. Je suis resté un mois à Kyoto dans le centre du pays, puis 5 jours à Tokyo. J’ai pris mon premier uppercut en arrivant dans la capitale.

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Trois mots pour qualifier la capitale japonaise ?

Gigantesque tout simplement car c’est la plus grosse ville du monde. Si l’on prend l’agglomération de Tokyo et Yokohama, il y a 30 millions d’habitants (la moitié de la France).
Verte car on a souvent l’image de Tokyo comme d’une ville de gratte-ciels, de trains bondés et d’écrans géants. Mais il suffit de se promener un peu pour voir la richesse de la nature dans la ville. Entre les parcs, les temples et les sanctuaires c’est une ville très verte. Au cœur des quartiers frénétiques que sont Shinjuku et Shibuya il suffit de marcher 5-10 minutes et de tomber sur une rue résidentielle où les habitants ont garni le pas de leur porte de fleurs ou de petits arbustes.
Électrique car entre les trains, les écrans et les enseignes, cette ville se drogue à l’électricité. Si tu ajoutes l’utilisation des téléphones portables, tu as l’impression que la capitale est branchée en permanence. Les grands noeuds de la ville ne dorment jamais, juste la population change.

Une petresse Shinto dans le sanctuaire Meiji

Qu’est-ce que tu préfères prendre en photos les gens/l’architecture/les paysages… ?

Je vais répondre un peu comme mes confrères photojournalistes, l’humain s’impose forcement dans ma narration. N’étant pas japonais, ni résidant depuis longtemps les gens dans cette ville sont, dans le sens anthropologique, exotiques pour moi. Mais je me surprends à prendre en photo des bâtiments aussi. Et, pour les paysages, il y aura forcement un bâtiment dans le cadre.

Shibuya, ville jeune par définition où la vie ne s'arrete jamais.

Un quartier particulièrement intéressant à visiter/photographier ?

Un quartier, seulement un ? Cette question est bien trop difficile. Je vais donner mon tiercé gagnant : d’abord Shinjuku c’est un des coeurs de la ville. Entre les sièges des firmes, l’activité économique et son rythme nocturne, ce quartier offre un spectre de possibilités photographiques quasiment sans fin. Mais il y aussi le quartier de Ueno avec son zoo et son rythme plus lent, dont certain endroit ont inspiré le mangaka de Ghost in the shell. Et pour visiter, il y a les grands classiques mais qu’il faut voir, le Palais Impérial au coeur de la ville et son immense jardin, le sanctuaire Meiji, à deux pas de la folle Shibuya, et son impressionnant bois de pins (pas sur pour le type d’arbre) et le marché aux poissons de Tsukiji (il faut en profiter avant qu’il ne soit déplacer en grande banlieue).

Vue de Tokyo prise depuis la Mairie, avec la silhouette du Mont Fuji

Moment préféré de la journée pour la photographier ?

Je sais pas si c’est à cause de mon incapacité à me lever tôt mais j’adore faire des photos en fin d’après-midi au Japon. Il fait nuit très tôt, donc le soleil commence à se coucher vers 17 heures l’été. A partir de là, tu peux vraiment te faire plaisir. Entre les reflets dans les vitres des gratte-ciels, la silhouette du Mont-Fuji et une lumière rasante c’est du bonheur. Et après tu enchaînes directement sur la nuit, ses lumières et son ambiance. Faire des photos de nuit au Japon n’est pas un problème, ça doit être le pays le plus sûr du monde.

Les Japonais sont des ultra-consommateurs de telephone portable.

As-tu un rituel à Tokyo ?

A chaque fois que je viens dans cette ville, j’adore prendre le monorail. C’est une ligne automatique (comme la ligne 14 à Paris) qui relie la terre ferme à une île artificielle Odaiba (où il y a le robot Gundam à l’échelle 1/1). Il y a une vue incroyable sur la capitale depuis la mer.

La ville est en perpetuelle construction ou reconstruction.

Y a-t-il un réglage particulier ou un type de matériel particulier que tu préconises pour photographier cette ville ?

Je pense qu’avec un 24-70 on peut tout faire ici. Car l’architecture de la ville impose le 24 mais la taille de la mégalopole impose le 70. Et aussi photographier léger, il est très agréable de se balader ici mais la ville est grande donc il faut marcher. Les transports sont souvent pleins… Le sac rempli de matos, clairement il faut oublier. Je me déplace toujours avec un seul boîtier et une ou deux optiques maximum.

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Tes bons plans pour bien manger, boire et pour se balader ?

Pour se balader le Sanctuaire Meiji et le long du canal à Ochanomizu, le calme dans la ville. Je pense que le Japon c’est le pays « du manger », tu peux manger bien et pas cher partout dans la capitale japonaise. Mais il faut aller à Asakusa pour manger « Manjyayaki », c’est culturel et c’est bon. Et le soir pour boire un verre il faut aller à « Goldengai », petit îlot de résistance au coeur de Shinjuku. De résistance car sur un bloc de trois rues sur trois, il n’y a que des petites « Nomiya » (petit bar de 7/8 places). La pression immobilière augmente chaque année. En plus, c’est un endroit calme à une rue de Kabuki-cho, le quartier rouge de Tokyo.

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Comment dit-on bienvenue en japonais ?  ようこそ (yôkoso)

Légendes (de haut en bas) : Deux Japonaises en kimono marchent dans le marché aux poissons de Tsukiji  ///  Une ferme urbaine sur l’ile artificielle d’Odaiba, où l’on peut voir Tokyo la gigantesque au loin ///Une prêtresse Shinto dans le sanctuaire Meiji /// Shibuya, ville jeune par définition où la vie ne s’arrête jamais /// Vue de Tokyo prise depuis la Mairie, avec la silhouette du Mont Fuji /// Les Japonais sont des ultra-consommateurs de téléphone portable /// La ville est en perpétuelle construction ou reconstruction /// Un bar où l’on consomme debout (Tachi-nomi) dans la pure tradition des années 70 dans le quartier de Shibuya /// Un homme traverse les petites ruelles de Golden Gai, pleins de petits bars sont ouverts le soir seulement à deux pas du quartier rouge de Shinjuku.

Retrouvez le travail du photographe Nicolas Datiche sur son site : http://www.nicolasdatiche.com/

Derrière un nom sautillant et enfantin, Our age is 13 se cache un site d’actu de photographie. Lancé par Molly Benn -qui a été rejointe par François de Montremy- ce webzine culturel a vocation à prendre une place importante dans le champ des médias qui traitent de la photographie contemporaine. Leur créneau est de regarder autant du côté des photographes dits émergents que de celui des plus connus. La vidéo occupe une large place sur le site. Présentation et perspectives avec les deux principaux concernés : Molly et François.

© Coline Sentenac

© Coline Sentenac

Qui êtes-vous Molly Benn et François de Montremy ?

Molly : J’ai 24 ans, je suis passionnée de photographie depuis l’enfance. Sur Our age is 13, je m’occupe de la direction éditorial. Je choisis les sujets, rédige les articles et mène les interviews.
J’ai créé Our age is thirteen en novembre 2011, alors que j’étais dans une période de chômage. Pour garder mes neurones éveillés, j’ai décidé d’aller interroger les photographes qui m’intéressaient, me perturbaient…et c’est ainsi qu’est né le blog.
Ce qui m’inspire…les belles images et les parcours de vie. Je suis fascinée par l’énergie que développe les photographes pour réaliser leurs images et les montrer.

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François : J’ai 26 ans, je m’occupe essentiellement des couvertures en vidéo. J’ai commencé à travailler avec Molly pour l’aider sur ses premiers sujets vidéo alors qu’elle tenait le blog toute seule. Lorsqu’on a décidé de faire de Our Age is 13 une aventure sérieuse, j’ai voulu m’intégrer plus sérieusement dans l’équipe. Maintenant je me charge de filmer, de gérer la prise de son, de monter et de mixer nos sujets le plus vite possible. Ces sujets sont pour certains publiés sur le site, les autres sont proposés à d’autres magazines de photographie sur Internet qui sont demandeurs de contenu vidéo. J’essaie aussi de réfléchir à de nouvelles manières de transmettre l’information en vidéo sur Internet, à de nouvelles manières de s’organiser dans le travail pour pouvoir avoir un bon flux à deux et d’expérimenter par moment de nouveaux formats pour les sujets, mais je pense qu’on en verra plus sur le prochain site.
Ce qui m’inspire le plus ? Ce sont les différentes manières que l’on a de transmettre l’information en règle générale, que ce soit le langage, le son, l’image, la musique ou même le goût et les odeurs. J’ai toujours été fasciné par les artistes, les journalistes, les cinéastes et les personnes qui ont été capables de communiquer avec brio des émotions et des découvertes à d’autres êtres humains. Rien n’est plus beau que d’être sorti de sa bulle, et d’y revenir pour l’agrandir avec ce qu’on a trouvé dehors.

Quelle est la ligne éditoriale de Our age is 13 ?

Our age is thirteen s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à la photographie. Notre ambition de départ était d’aller interroger les photographes sur leur parcours, sur leur vie quotidienne. Sans vouloir entrer dans leur intimité, on se demandait tout de même ce qui nous pousse aujourd’hui à poursuivre nos rêves malgré le contexte de crise assez présent.Aujourd’hui, on peut résumer notre positionnement en trois axes :
– une place aussi importante à la photographie émergente qu’aux photographes installés
– Our age is thirteen vit avec les photographes et se pose comme un insider du milieu de la photographie
– une liberté éditoriale due à notre liberté financière (notre viabilité économique ne dépend pas des annonceurs).

Vous venez de réussir une collecte KissKissBankBank pour transformer ce site en web-magazine…Que trouvera-t-on dans la nouvelle formule de Our Age is 13 ?

Depuis plusieurs mois, on réfléchissait à un modèle économique pour notre blog. On avait envie de pousser le projet plus loin en devenant un vrai web-magazine. Le kisskissbankbank nous a permis de réunir des fonds pour acquérir du matériel et mettre en place un nouveau site internet qui signera les débuts d’Our age is thirteen en tant que magazine en ligne.
Qu’est-ce qui va changer pour l’internaute ?
– plus d’éditorial, nous nous entourons en ce moment pour faire grandir notre équipe éditoriale
– un véritable agenda et relais des évènements photographiques
– un agenda des concours, bourses et résidences pour photographes
– plus de vidéos sur ce beau milieu de la photographie (on a couvert récemment le festival des Rencontres d’Arles, les Promenades Photographiques de Vendôme et Portrait(s) à Vichy).

UNE VILLE, UN PHOTOGRAPHE #4. Les vacances approchent. Pour ceux qui n’ont pas encore d’idée de destination, voici un peu d’inspiration… Le photographe Xavier Malafosse, membre du collectif OFF source, nous promène dans Lisbonne. Xavier connaît bien les charmes de la capitale portugaise. La ville est l’un de ses points d’attache avec Montpellier. Je vous laisse donc entre de bonnes mains.
Bom viagem queridos leitores  ! (bon voyage chers lecteurs).

"Mieux vaut baiser que fuir !"

Premier souvenir photographique à Lisbonne ?

Première visite au Portugal en octobre 2012, pour retrouver une amie. Etant fauchés tous tes deux, nous nous débrouillons pour embarquer une passagère dans notre voiture de location, pour partager les frais depuis Porto. Arrivés sur Lisbonne, nous pensons aller voir le coucher du soleil sur le Tage, mais notre passagère nous contraint à un détour, et je la maudis en secret, coincé dans les bouchons. Arrivant à proximité du Parlement, nous sommes piégés par une manifestation contre la Troïka. Je me dis alors que le soleil sera toujours là demain, et j’insiste pour nous arrêter dix minutes, le temps de faire quelques images.
Finalement, nous passons dix heures aux abords du Parlement, pour ce qui allait être une des manifestations les plus violentes depuis la Révolution des OEillets, en avril 1974. Au milieu de la nuit, en pleine charge policière, je suis le seul photographe présent. Ce soir-là, je réalise plus que jamais la place du facteur « chance » dans la photographie.

Dans le quartier Alfama

Trois mots pour qualifier Lisbonne ?

Rythme, soleil et tramway…
Lisbonne a un rythme que je n’arrive pas à définir… Tout à la fois très accueillante mais désertée par ses habitants, du fait de la crise économique qui frappe de plein fouet le pays. La ville est à mi-chemin entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine, à la fois joyeuse et triste, empreinte de cette saudade si chère aux Portugais, et tellement intraduisible aussi.
C’est aussi l’une des capitales européennes du soleil, et par je ne sais quel miracle, sans doute grâce au relief arpenté de la ville, le ciel me semble aussi grand que dans certaines plaines d’Afrique. On trouve toujours un hoziron à contempler depuis l’un des nombreux miradouros (belvédères), et selon l’heure et l’intensité du soleil, on découvre un nouveau visage de la ville à chaque nouvelle ascension.
Les tramway sont omniprésents dans le coeur de Lisbonne, avec la célèbre ligne 28 si prisée des touristes, qui vous permet de passer d’une hauteur à une autre par les rues les plus pittoresques de la ville. Ils donnent un côté San Francisco à la ville, renforcé par la présence du Pont du 25 Avril, sorte de petit clone du Golden Gate. C’est aussi pour moi l’un de plus grands mystères du Portugal : comment diable se conduisent ces tramways avec une seule commande qui tourne en tous sens ?

Un belvédère dans le quartier Alfama

Qu’est-ce que tu préfères prendre en photos ici les gens/l’architecture/les paysages… ?

Dans l’absolu, je préfère l’humain, toujours. Du portrait aux scène de rue. Et le paradoxe, c’est que finalement, j’ai fait très peu de portraits dans la ville, seulement d’amis. Je ne suis pas encore allé à la rencontre des Lisboètes, pas assez à mon goût. Mais les mélanges d’architecture, les reliefs importants, l’ancien qui se fond avec le moderne, et surtout la lumière si douce et changeante d’une rue à l’autre, sont propices aux scènes de
rue. C’est la direction dans laquelle j’aimerais aller.

Cathédrale Santa Maria Maior

Un quartier particulièrement intéressant à visiter/photographier ?

Sans aucun doute, Alfama. C’est l’un des plus anciens quartiers de Lisbonne, avec son architecture chaotique, son dédale inextricable de rues escarpées et son allure de casbah, héritage de la domination musulmane.
Dans ce quartier populaire, le linge est étendu jusque sur les places publiques, désertes quand le soleil brille, mais surpeuplées les dernières nuits du printemps : lors des fêtes des saints, notamment celle d’Antoine de Padoue, une foule disparate danse et boit sur des rythmes endiablés jusqu’aux premières lueurs du jour.
Pour vous perdre dans Lisbonne, c’est l’endroit parfait : on peut y déguster des sardines grillées dans de minuscules restaurants et finir la nuit dans une casa de fado, tout en faisant abstraction du temps qui s’écoule.
Mais attention de ne pas rester trop longtemps dans les ruelles du quartier, car le retour dans le tumulte d’une ville nord-européenne sera difficile…

Pont du 25 Avril

Moment préféré de la journée pour la photographier ?

C’est bien la première fois que je ne fais pas preuve de sectarisme pour les heures de shooting : Lisbonne se prête à la photographie quelle que soit l’heure de la journée ou de la nuit. La ville est lumineuse et aérée, mais compte suffisamment de recoins, de petites places, de points d’observation et d’arbres géants, comme les jacarandas, pour permettre d’éviter une lumière trop dure. Le climat océanique fait parfois naître à la tombée de la nuit une sorte de brume maritime et donne une allure de petite Irlande à certaines des ruelles. En bref, chaque heure de la journée donne une nouvelle ambiance à la ville.

Miradouro da Graça, Noël 2012

As-tu un rituel dans la ville ?

Cela touche à l’obsession, mais aussitôt arrivé dans Lisbonne, je n’ai qu’une idée en tête : manger un ou plusieurs pasteis de nata, sorte de « flan augmenté » comme le disait une amie conquise par cette pâtisserie locale, que l’on déguste saupoudrée de cannelle. Ayant appris à dire le chiffre « trois » avant les autres, j’ai dû me résoudre à ne plus les commander que par un. Cette douceur comptant quelques millions de calories à chaque bouchée.
Et tant qu’à me poser un peu, le temps de prendre le rythme de la ville, je préfère que ça soit sur l’un des belvédères de la ville. Le Miradouro da Graça a pour moi une saveur particulière, peut-être à cause d’une histoire de cœur, ancienne ou future, le temps le dira… Mais il vaut le coup d’oeil, je vous laisse en juger !

Place de l’église São Miguel, toujours à Alfama

Y a-t-il un réglage particulier ou un type de matériel particulier que tu préconises pour photographier cette ville ?

J’ai à ce jour beaucoup travaillé avec mon Canon 16-35mm F/2.8, à défaut d’avoir le 24mm F/1.4 de mes rêves. Lisbonne, plus que de nombreuses autres villes, se prête aux paysages urbains et aux scènes de rue, donc au grand angle : c’est la seconde plus ancienne capitale d’Europe, avec une histoire trois fois millénaire, un passé glorieux de conquêtes et d’explorations, une abondance de monuments remarquables et de reliefs.
Si de manière générale j’aime travailler avec un grande ouverture, c’est à Lisbonne que j’ai commencé à me dire qu’il serait parfois nécessaire de changer mon approche, car le second plan est souvent aussi intéressant que mon sujet de premier plan.

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Tes bons plans (genre deux ou trois adresses pour bien manger, boire aussi et pour se balader) ?

Pour le déjeuner, je pense à un tout petit restaurant, O Eurico, sur les hauteurs d’Alfama, avec une ambiance et des plats typiquement lisboètes. Pour le dîner, je préfère l’Estrela da Bica, dans le Chiado, avec sa cuisine expérimentale et son service assuré même aux horaires les plus improbables. Pour manger des pasteis de nata, il y a la boutique Nata, cachée derrière une minuscule vitrine, face à la bibliothèque Camões, où l’on peut rapidement devenir addict. Tous ces lieux, je les ai découverts grâce à un petit groupe d’amis, guides à la carte dans les ruelles de Lisbonne. Pour les trouver, cherchez « What About Lisbon » sur un moteur de recherche : ils ne manqueront pas de vous conseiller où boire un verre, et connaissent aussi quelques ruelles et places ombragées pour danser ou bouquiner…

Question subsidiaire : comment dit-on « bienvenue » en portugais ?

Ça dépend ! Pour mesdames, c’est bem-vinda, et pour messieurs, c’est bem-vindo !

Légendes (de haut en bas) : « Mieux vaut baiser que fuir ! »  ///  Dans le quartier Alfama /// Un belvédère dans le quartier Alfama /// Cathédrale Santa Maria Maior ///  Pont du 25 Avril /// Miradouro da Graça, Noël 2012 /// Place de l’église São Miguel, toujours à Alfama /// Soir de Noël dans les rues de Lisbonne

Le site de Xavier ici  : http://xaviermalafosse.photoshelter.com/gallery-list