Dans l’Antiquité, on écrivait les décrets impériaux avec un stylet sur des tablettes doubles appelées DIPTYQUES. Aujourd’hui, le diptyque évoque plutôt une œuvre composées de deux parties, comme les séries de Deborah Metsh (ici ou là).

En traînant sur Twitter, je suis tombée sur les photos de Camille Bui et notamment sur ses séries de photos qui m’ont tapé dans l’oeil… »De manière générale, une image seule ne m’intéresse pas, m’explique Camille. Pour moi, un diptyque est une mini-série à lui seul. Il faut trouver une manière de faire résonner deux images pour trouver une amorce de narration. » 

Voici trois séries de diptyque de la photographe : New York diary, Teenage shots, Souvenirs de Twin Peaks. Elles ont évidemment plus de sens dans leur intégralité, les liens sont mentionnés pour chacune des séries.

New York diary (2012)

ND - J1 Signaler sa position dans lÔÇÖespace

« De manière générale, j’ai envie d’agencer les images. Le moment d’agencer une série est très important. C’est celui que je préfère. Pour moi, la prise de vue était une récolte de matériau. J’ai fait cette série sur NYC de manière très spontanée, comme un journal. Les photos datent de l’été 2012, je passais un semestre d’été à la New York University. L’enjeu avec ces diptyque est de mettre en tension les images. Parfois, les deux photos se répondent, parfois elles sont agencées comme s’il s’agissait de donner un indice dans la narration, parfois il s’agit du même cliché mais zoomé. »

ND - J8 Ghost stories 1

La suite de la série ici

Souvenirs de Twin Peaks (2012)

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« Une maison familiale en forme de secret. Je me crois un instant dans un film de Lynch, je mets tout à distance, mais mon ventre se serre. Secret de famille à la surface des bouches, des yeux. De retour sur la terre de la folie, par la photographie, j’arrache, je vole et j’agence des fragments de ce monde clos (…). Recréer un monde, pour mieux combattre et mieux fuir. Raconter des histoires pour faire apparaître comme à la surface du café, les formes cachées du drame familial. Paysages silencieux où règne le désordre, trous et pièges où tomber, issues pour se sauver. »

TP1

La suite de la série ici

Teenage Shots, Réminiscences (2010)

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« Dans la série Teenage shots, j’ai re-photographié des photos que j’avais prises pendant mon adolescence. Je voulais extraire ces photos et en faire des images génériques de l’adolescence. C’était finalement une manière de les partager avec les autres. Comme si je les livrais à un univers collectif. »

La suite de la série ici

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L’autre jour, on me balance une anecdote comme ça, un détail, un petit rien. Quelqu’un que je connais accompagnait des amis à lui au musée du Luxembourg : un couple d’Américains. Ils discutent dans la queue en attendant leur tour. Au moment d’acheter les places, le guichetier demande :

-« vous venez d’où ?

– San Francisco.

– c’est bien ce qu’il me semblait. »

Il leur tend les tickets en concluant « ça reste entre nous…Mais j’adore San Francisco. »

Grand sourire. Puis il appelle les clients suivants. Mon ami et ses amis ont mis 30 secondes (une éternité quand on reste planté en chiens de faïence devant un guichet) avant de réaliser que ce fada de San Francisco venait de leur offrir leur entrée au musée (soit 11 € x 3). Mon pote me dit : « j’aurais jamais cru que ce genre de trucs puisse encore arriver à Paris ». Ne lui jetez pas la pierre, Pierre, la même pensée me traversait l’esprit au moment où il le disait.

En parlant du musée du Luxembourg…Il met à l’honneur les peintures de Chagall jusqu’au 21 juillet.Je n’y suis pas encore allée mais j’en ai entendu le plus grand bien…A mettre dans vos tablettes !