Le harcèlement scolaire a été mis en lumière ces derniers jours. Le gouvernement a lancé une campagne de prévention. L’occasion d’évoquer le travail de la photographe Virginie Plauchut qui s’est penchée sur cette question sociétale.

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Il a beaucoup été question de harcèlement scolaire les jours derniers. La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a lancé une campagne de prévention avec un clip destiné aux enfants et un numéro d’appel, le 30 20 (joignable du lundi au vendredi de 9h à 18H).

J’ai été victime de harcèlement scolaire. Je vous épargne le témoignage de mes déboires en fin d’école primaire et au collège. Je me suis parfois fait la réflexion qu’il y a « ceux qui l’ont été » et « ceux qui ne l’ont pas été ». Lors de conversations sur les souvenirs d’école, je croyais déceler ceux qui faisaient partie de la première ou ceux de la seconde catégorie. Comme si j’avais un radar à personnes harcelées à l’école (idée bête). Parfois, c’était juste et d’autres non.

Certaines révélations d’amis, eux aussi, victimes de harcèlement m’ont scotchées…Jamais je n’aurais imaginé. La durée et le degré de harcèlement varient évidemment d’une personne à l’autre. Dans une interview à France Info, la psychiatre Claude Halmos explique cependant que le fait d’avoir été harcelé peut changer une vie. Elle prône d’ailleurs l’interdiction pur et simple du harcèlement à l’école en expliquant que :

« Dans une société civilisée comme la nôtre, il est interdit de tuer. Or -et il faut l’expliquer- on peut tuer avec des armes mais on peut aussi tuer avec des mots. Parce que l’on peut, avec des mots, enlever à quelqu’un tout sentiment de sa valeur ». Claude Halmos, psychiatre. 

Pendant longtemps, j’ai cru que je devais vivre avec ce traumatisme que je traînerai toute ma vie comme un boulet. Ce qui a de bien avec le temps c’est qu’il travaille tranquillement et enfouit les mauvais souvenirs dans les limbes de notre mémoire. Aujourd’hui, je me dis qu’il peut être intéressant d’aller chercher ce que ces épisodes ont pu créer en moi et comment ils ont pu façonner ma personnalité. Mais c’est une autre histoire.

Sur le fait sociétal, notons qu’aujourd’hui le harcèlement peut être démultiplié avec l’effet des réseaux sociaux. Tout l’enjeu est de déceler les comportements suffisamment tôt pour éviter les drames. La photographe Virginie Plauchut montre certains visages d’enfants qui se sont suicidés. Il était temps que les pouvoirs publics prennent à bras le corps ce sujet en espérant que les mesures prises soient efficaces.

 

Les photos de Virginie Plauchut

La photographe Virginie Plauchut (membre du collectif Hans Lucas) s’intéresse à des thèmes autour des tabous et des problématiques liés à l’enfance. Pour cette série « Harcelés », elle a travaillé avec des enfants victimes. « Mais sans l’accord de leur parents nous avons choisi de refaire la photo avec d’autres enfants pour poser à leur place », explique-t-elle. Les portraits pris dans des lieux choisis sont des portraits d’enfants qui se sont suicidés à cause du harcèlement qu’ils subissaient.

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Du 3 octobre au 1er novembre prochain, le festival Photoreporter expose le travail de 10 photographes, dans la baie de Saint-Brieuc (22).
Il n’y a pas de thématique particulière définie mais les organisateurs défendent la volonté de proposer au public un regard sur le monde, regard qui se veut exigeant. Les travaux exposés sont produits par le festival qui est doté d’un fonds dédié à la production photographique (une quarantaine d’entreprises y participent).
Rencontre avec son directeur, Alexandre Solacolu (@Solacolu) qui nous fait part de ses réflexions sur l’avenir de la profession, les modèles à inventer et les expériences menées par le festival.

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©Åsa Sjöström

Le festival n’a pas de thématique particulière. Parlez-nous de la sélection…

On a l’impression d’avoir une approche objectivité et on essaie d’avoir une sélection cohérente. Et nous remarquons, en faisant une analyse a posteriori, qu’il y a beaucoup de nos préoccupations personnelles qui remontent, sans que ce soit voulu. L’interaction entre l’homme et la nature est très présente, la mer, l’enfance aussi. Sur ce dernier thème, nous accueillons deux points de vue et deux types de narrations très différents : Silent land d’Åsa Sjöström et Des adolescents d’Isabelle Vaillant. Ces deux travaux interrogent l’enfance volée quand elle est confrontée à la violence.

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©Isabelle Vaillant

Il y a plus de femmes que d’hommes exposés, c’est assez rare pour le souligner…

Là encore, ce n’est pas voulu. Cela correspond aussi à une évolution de la profession où les femmes sont de plus en plus nombreuses. Celles que nous avons sélectionnées proposent un regard, un type de narration qui nous a plu !

LE PEUPLE DES DUNES

©Rodolphe Marics

Quel est le projet du festival Photoreporter ?

Notre idée est d ‘accompagner les citoyens en leur livrant de l’information qui a du sens.  J’insiste sur le fait que nous ne sommes pas dans une démarche de militantisme ou dans le fait de revendiquer le journalisme avec un grand J. Pour nous, la culture et l’éducation forment les citoyens et le journalisme leur permet de mettre à jour leur logiciel. Je crois d’ailleurs qu’avec les 50 sujets qu’on a produit depuis 4 ans, on contribue à créer un type de regard qu’on porte sur le monde.

Northern Gannets (Sula Bassana), the largest sea bird in the northern hemisphere, blanket the cliffs of Shetland in dizzying numbers. Fishing nets colour cliffs green at Hermaness on the island of Unst, collected by the birds at sea. Chicks and adults frequently entangle their beaks and hang themselves from the nest. This graphic cost is heavily outweighed by the fact the population is exploding on the food throw out from these same fishing nets. The Shetland islands are at the heart of the UK’s pelagic fishing grounds and mark the boundary between North Sea and Atlantic Ocean EU quotas intended to protect fish stocks by discarded excess have supporting huge colonies of northern gannets, fulmar petrel and great skua. Up to 50% of every fishing catch is thrown overboard to prevent fines. Proposals to scrap this system in early 2015 have been postponed but if introduced will likely reduce sea bird numbers. One third of the EU’s breeding sea birds are found in Scotland with over a million nesting on Shetland’s wrinkled 1600-mile coast. Sea birds are indicators of marine health providing a window under the waves. Globally they are the fastest declining group of birds due to climate change, lack of food and development at sea.

©Kieran Dodds

Vous distinguez votre modèle économique et la proposition éditoriale qui est faite au public…

Pour nous, il y a une barrière hermétique entre les enjeux économiques du festival et la direction artistique. Notre idée est d’accompagner les citoyens dans leur quête d’information et notre modèle économique (le financement par des sponsors) nous le permet. On ne réfléchit pas dans un contexte corporatiste. D’ailleurs, les gens qui nous accompagnent financièrement ne sont pas que sur des logiques d’images de marque etc…Eux aussi veulent comprendre le monde. Sur cette base, on a trouvé les arguments pour convaincre ces entreprises et les faire participer au fonds de dotation Photoreporter.

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©Majid Saeedi/Getty Image

Comment voyez-vous l’avenir de la profession ?

Le constat est que l’on ne peut plus faire ce métier de photoreporter comme avant. Il faut donc trouver une nouvelle manière de l’exercer. Il faut s’adapter à ce nouveau système en remettant du sens. On essaie de se poser les bonnes questions. Pour moi, l’enjeu c’est : comment remet-on au cœur du projet l’information de qualité et comment fait-on pour la diffuser au plus grand nombre ? En ce sens, nous sommes un laboratoire et nous tentons des choses.

©Omar Havana / Getty Images

©Omar Havana / Getty Images

 

Un exemple ?

Pour cette édition, nous sommes en train de créer une plateforme Myphotoreporter d’investissement participatif. En clair, les gens investissent dans le projet de sujet du photographe. L’argent disponible l’aide à réaliser son idée. Et s’il arrive à gagner de l’argent avec ses photos, les investisseurs peuvent même se voir verser jusqu’à deux fois leur mise. Imaginons quelqu’un qui investit 50 € dans le projet. Si le photographe a bien vendu ses photos à travers des expos, des reportages, des ouvrages, l’investisseur pourra même recevoir 100 €. Un premier test sera réalisé avec le photographe Olivier Jobard (qui a beaucoup travaillé sur la question des migrations). Même si l’on se doute que la motivation première des investisseurs n’est pas de faire de l’argent, il faut multiplier les outils de production d’où ce test…

Propos recueillis par Servane Philippe.

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Un état du monde, un pas de côté

Qui connaît la Moldavie ? Ce petit pays coincé entre la Roumanie et l’Ukraine. La photographe d’origine suédoise Åsa Sjöström a photographié des enfants moldaves privés de leurs parents partis pour raisons économiques de leur pays. Plus proche de nous, l’Italie. Là encore l’angle choisi par Arainna Sanessi interpelle. La photographe s’est concentré sur le fléau du féminicide dans le pays, ces femmes qui se font assassinées par des maris jaloux ou violents, des frères, des proches…parce qu’elles sont femmes. On apprend au passage que l’ONU a déclaré le féminicide en Italie comme « crime d’Etat » devant la passivité des autorités. On verra aussi le travail d’Omar Havana sur la question du traitement des handicapés au Népal après le tremblement de terre, les batailles d’un collectif breton pour éviter l’extraction de sable dans la baie de Lannion photographiées par Rodolphe Marics…La programmation de cette édition 2015 du festival Photoreporter s’inscrit dans la volonté  de proposer un état du monde en mettant du sens dans le contenu proposé et d’atteindre le public le plus large possible. Les organisateurs espèrent convaincre les 25 à 30 000 visiteurs attendus.

Le photographe américain Barry Rosenthal a collectionné les déchets amassés lors de promenades en pleine nature. Il a ensuite assemblé ses trouvailles dans des compositions graphiques et colorées sous fonds noirs ou blanc, comme un scanner du comportement de l’homme. La série s’intitule « Found in nature ». Le contraste entre la beauté du rendu et la provenance de ces objets fait frissonner. Évidemment, les photos interpellent et nous rappellent que nos comportements sont loin d’être exemplaires.

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UNE VILLE, UN PHOTOGRAPHE #11. Chers vous, je n’en reviens toujours pas d’avoir mis tout ce temps pour vous faire découvrir la suite et la fin du travail des photographes thaïlandais de Street Photo Thailand ! Désolé ce retard lié à de nombreux changements dans ma vie (je vous épargne les détails, nous ne sommes pas sur un blog mode 😉
Revenons à nos moutons. Les jeunes ou moins jeunes photographes de ce collectif se baladent dans leur ville Bangkok et portent un regard parfois sans concessions avec très souvent beaucoup d’humour notamment dans l’art de photographier des situations cocasses. Chacun avec sa sensibilité nous montre à voir une ville qui détonne. 
Voici le quatrième épisode de la série avec Chatchai Boonyaprapatsara.
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Premier souvenir photographique à Bangkok ?

Le temple de l’Aube (Temple of Dawn – Wat Arun).

Trois mots pour qualifier cette ville ? Quel beau bazar !

Qu’est-ce que tu préfères prendre en photos les gens/l’architecture/les paysages…? Les gens.
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Quelque chose de particulièrement intéressant à visiter/photographier ? Tout !
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Ton moment préféré de la journée pour la photographier ?
Avant que tout commence, où l’on voit l’inhabituel.
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As-tu un rituel dans la ville ?
Il y a plusieurs endroits où j’aime me rendre : au JJ Market ou dans la Vieille Ville.
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Y a-t-il un réglage particulier ou un type de matériel particulier que tu préconises pour photographier cette ville ?
 J’utilise un Canon Mark II pour les grandes occasions et j’ai toujours sur moi un petit Sony A 6000.
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Un bon plan pour nos lecteurs ? Il faut venir à nos workshop 🙂

Un grand merci au photographe Nicolas Zwarg qui a rendu possibles ces échanges avec les membres du collectif.

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UNE VILLE, UN PHOTOGRAPHE #9. Le mois de février va être marqué, sur ce blog, par une invitation. J’ai demandé aux membres du collectif Street Photo Thailand de me parler de Bangkok, leur ville. Je tiens particulièrement à remercier le photographe Nicolas Zwarg qui a rendu possibles ces échanges avec les membres du collectif. Comme ils sont plusieurs, leurs réponses seront publiées tout au long de ce mois de février. Voici le troisième épisode de la série avec Noppadol Weerakitti.

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Premier souvenir photographique à Bangkok ?

Quand j’ai appris par moi-même la street photography. J’étais captivé par cette notion que la street photography est le fait de rendre des scènes de vie quotidiennes en des photos extraordinaires ». Pour moi, à cette époque, les embouteillages à Bangkok étaient vraiment quelque chose de barbant. Je me suis donc mis au défi d’en faire des photos extraordinaires. Quand j’étais plongé au coeur du trafic dans les rues de Bangkok, j’ai pu voir l’âme de cette ville.

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Trois mots pour qualifier cette ville ?

Un chaos positif / Le melting pot de l’Est / Embouteillages

Qu’est-ce que tu préfères prendre en photos les gens/l’architecture/les paysages…?

Je préfère capturer la façon dont les gens réagissent à ce qui les entourent.

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Quelque chose de particulièrement intéressant à visiter/photographier ?

Chinatown, Siamsquare, Sanamluang, Banglumpoo.

Ton moment préféré de la journée pour la photographier ?

Mon moment préféré ? Tôt le matin quand les gens vont travailler, à ce moment-là la rue est le plus animée.

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As-tu un rituel dans la ville ?

Oui. Je commence toujours par une marche dans la rue lentement, me baladant en cherchant quelque chose qui entre en résonance avec mon intérieur ou mon subconscient. Je peux prendre des photos ça et là pour me mettre dans l’ambiance. Quand je suis dedans, c’est comme si j’entrais en méditation avec mon appareil, les images défilent devant mes yeux et souvent je rentre avec un sentiment de satisfaction chez moi. Malheureusement, ça n’arrive pas souvent.

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Y a-t-il un réglage particulier ou un type de matériel particulier que tu préconises pour photographier cette ville ?

Aucun en particulier. Comme pour les autres lieux, un petit appareil et un petit objectif sont préférables à des gros. En règle générale, les touristes ou les photographes étrangers peuvent travailler plus facilement que nous, les locaux.

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Un bon plan pour nos lecteurs ?

Pour se faciliter la vie, il faut être relax et sortir avec état d’esprit ouvert aux échanges culturels. Je recommande la street food à soi sukhumvit 38 (BTS: Thonglor station). Il faut voir aussi les lieux situés dans la vieille ville comme le quartier de Banglumpoo sur la route de Phraarthit où tu trouveras différentes scènes culturelles (traditionnelle et moderne), de nombreux petits restaurants sympas et des petites boutiques.

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Paris, cette ville musée devient le temps d’une nuit un musée à ciel ouvert et ouvert à tous. Et oui, ce samedi c’est Nuit Blanche. L’essentiel de la programmation se concentre cette année dans six « spots » différents : Hôtel de Ville///Panthéon///De la gare d’Austerlitz à l’ancienne gare désaffectée Masséna le long de la rue du Chevaleret ///Montparnasse///Parc Montsouris///Parc Brassens / Petite Ceinture du 15ème / Parc André Citroën.
Comme tous les ans, les différentes formes d’art cohabitent et la photographie fait partie de la programmation. Elle semble d’ailleurs un peu moins présente cette année. Voici la « programmation photo On ».

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> Hôtel de Ville (Hôtel de Ville, BHV), 4e

Nuit noire Centrafrique. Le photographe William Daniels, médiatisé pour avoir été retenu en Syrie avec sa consoeur Edith Bouvier, propose une expo intitulée Nuit noire Centrafrique en partenariat avec Action contre la Faim, quai du Marché-Neuf et Promenade Maurice-Carême.

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> Panthéon (Bibliothèque Ste-Geneviève, place du Panthéon), 5e

JR #AuPanthéon. Depuis le 4 juin, l’installation de JR (le photographe qu’on ne présente plus) #AuPanthéon est désormais ouverte au public. Près de 4000 portraits occupent le pourtour du dôme mais également certaines parties à l’intérieur du monument. Cette installation est visible jusqu’au 5 octobre.

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> De la gare d’Austerlitz à l’ancienne gare désaffectée Masséna le long de la rue du Chevaleret (gare d’Austerlitz, Docks, murs pignons d’immeubles, Halle Freyssinet), 13e

In Memoriam Tour 13. Dernier hommage rendu à un projet génial, éphémère et fou. La Tour 13 avait enjoué les passionnées de street art, les curieux, le voisinage de ce quartier du 13 arrondissement à Paris. Une invitation est lancée à tous ceux qui ont pris des photos de la Tour 13, ils peuvent coller leurs tirages sur les palissades du chantier, toute la nuit.

Ilot Fulton : rue fulton / rue bélièvre.

> Dans le Off

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Exposition Contakt. Au Centre national des études spatiales, la jeune création (les artistes Raphaël Dallaporta, Simon Ripoll-Hurier, Romain Sein, et Simon Zagari) a réalisé une œuvre multimédia autour des archives méconnues du programme spatial franco-allemand.
Raphaël Dallaporta propose une installation photographique contemplative qui met en avant la force métaphorique des traces du passé : les antennes de réceptions encore présente en France et en Allemagne.

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> Autour de Paris

Le Centre photographique d’Ile-de-France (CPIF) situé à Pontault-Combault en Seine-et-Marne ouvre exceptionnellement ses portes plus tard. L’exposition actuelle La Photographie performe – The Body and the Archive est donc visible jusqu’à 20h.

Et mon conseil -> n’oubliez pas d’aller danser sur les vibes endiablées d’un doyen de l’éclectro Jeff Mills qui a concocté la playlist du bal populaire organisé et de reprendre des forces le lendemain lors des cafés/croissants à la Cité de la Mode et du Design et à l’hôpital Necker.

 

STREET ARTPour le plaisir des yeux… 150 street artist ont posé leurs valises et leurs bombes dans le village tunisien d’Erriadh, sur l’île de Djerba. Ils ont habillé les murs avec leurs oeuvres. Au départ, certains habitants étaient réticents. Au vu du résultat, ils en veulent plus et viennent directement demander aux artistes de peindre leurs murs. Un site web très bien fait permet de visiter le village et de voir les oeuvres des artistes qui se sont déplacés en Tunisie. 30 nationalités sont représentées. L’art du galeriste parisien Mehdi Ben Cheikh, à l’initiative également de la Tour 13, c’est de rendre possible les défis à grande échelle et d’en faire de vraies réussites. Chapeau l’artiste. 

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Toutes les photos c/Djerbahood.

Avec par ordre d’apparition de haut à bas : 1/ Stew (France) 2/ Malakkai (Espagne) 3/ Inkman (Tunisie) 4/ Saner (Mexique) 5/ Monica Canilao (Etats-Unis) 6/ Phlegm (UK) 7/ Know Hope (Etats-Unis) 8/ Mario Belem (Portugal) 9 et10/ Swoon (Etats-Unis), 11/Mario Belem (Portugal) 12/ Roa (Belgique), 13/ Herbert Baglione (Brésil) 14/ Pum Pum (Argentine)

C’est un nouveau-né qui a besoin d’un petit coup de pouce. Pour boucler sa programmation, le festival Influence(s) a lancé une collecte sur KissKissBankBank. La 1ère édition de la manifestation qui se déroulera à Bouchemaine (49) se concentrera sur l’Egypte. Interview de Thomas, l’un des organisateurs. 
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C’est la première édition d’Influence(s). Comment avez-vous décidé de créer ce festival ? 
L’idée de monter ce festival est venue d’un constat : pourvue d’une grande diversité des expressions culturelles (Arts vivants, musique, cinéma, théâtre…) la région angevine
n’avait pas d’évènement autour de la photographie, et ce, malgré la dynamique forte liée à la présence de nombreux clubs photos, d’un collectif, de professionnels de l’image. La popularité grandissante de l’art photographique méritait donc d’être, d’une part mieux accompagnée localement et d’autre part, accessible aux plus grand nombre d’habitants de la région.
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Vous avez choisi comme thème l’Egypte. Pourquoi ce pays ?

Influences est un festival qui met en avant un territoire par le biais de la photographie. Nous présentons des photographes qui sont soit originaires de ce territoire ou bien qui ont travaillé dessus. Nous nous attachons à montrer plusieurs aspects de la photographie, photojournalisme, photo plasticienne, photo animalière, portrait…  L’Egypte est un choix judicieux. Il faut bien commencer par quelque part et aussi parce que Denis Dailleux, photographe à l’honneur de cette édition et vivant au Caire depuis 20 ans, est originaire de la région angevine. Les photographes exposés ont été choisis après un appel à projet et selon la pertinence des sujets présentés, leur qualité photographique, et dans le soucis d’un équilibre entre les différents champs de la photographie.
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Vous avez monté une collecte KissKissBankBank, à quoi va-t-elle servir ?
Monter un festival coûte cher. Malgré des partenariats, beaucoup de bénévolat et du système D, nous arrivons difficilement à la totalité du budget espéré pour faire un festival comme nous l’entendons, qualitatif mais gratuit d’accès. La collecte via la plateforme KissKissBankBank permettrait de finaliser ce budget, et de pouvoir exposer trois photographes ainsi que leur assurer une présence au festival afin de permettre aux visiteurs d’échanger avec eux.
La campagne dure 45 jours et nous demandons seulement 3000€. Il y a évidemment de jolies contreparties, dans ce système tout le monde est gagnant. Pour atteindre notre objectif, il faut que chacun y mette du sien soit en faisant un don ou bien en relayant l’information !

Crédits photo (de haut en bas) :

Denis Dailleux, Nicolas Gallon, Mosa’ab Elshamy

Je voulais vous parler de l’initiative #Dysturb depuis un moment. #Dysturb, c’est quoi ? Des photojournalistes qui squattent les murs de Paris pour y afficher leurs clichés. A l’origine de cette initiative, il y a entre autres Pierre Terdjman de l’agence Cosmos. Il y a plusieurs semaines, on a échangé rapidement par messages pour qu’il m’explique l’idée de #Dysturb que vous pouvez suivre sur la page Facebook #Dysturb ou sur leur compte Instagram.

©#Dysturb

©#Dysturb

La mort de la photojournaliste, Camille Lepage, tuée à 26 ans, alors qu’elle réalisait un reportage en Centrafrique (l’Etat français parle d’assassinat)  donne un écho particulier à l’opération #Dysturb. Parce qu’un hommage a été rendu à la jeune femme, ce mercredi, en collant certaines de ses photos sur les murs. Ensuite et c’est lié parce que je suis convaincue que les photographes doivent interpeller le public sur leur métier, prendre de la place pour susciter la curiosité, la discussion, le débat avec le public.

NOTE : Pierre Terdjman a répondu à nos questions bien avant le décès de Camille Lepage.

©#Dysturb

©#Dysturb

 

« L’opération est inspirée de l’idée simple de vouloir informer le plus grand nombre, explique le photographe Pierre Terdjman, et d’être le plus accessible possible quitte à balancer en pleine gueule une réalité que les gens ne veulent plus voir dans les magazines ! »

Pour lui, « quitte à prendre des risques,qu’ils soient financiers ou physiques, quitte à dépenser autant d’énergie à faire des photos et essayer de raconter les histoires des gens autant que ça serve à quelque chose » et même si les magazines ne prennent plus ou pas ce genre d’histoire.

@#Dysturb

@#Dysturb

La vocation de #Dysturb n’est pas « vraiment pas d’imposer, souligne le photographe, mais de montrer aux gens ce qu’ils oublient ou ne veulent pas voir ! Et puis, ajoute-t-il, c’est l’éducation pour tous , quand on colle à côté d’une école, c’est pour que les élèves s’arrêtent et posent des questions… »

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©#Dysturb

Et comment avez-vous trouvé le nom ? « Dysturb pour déranger bien sur ! Le y est venu tout seul….Cette opération va se reproduire à fréquences régulières avec d’autres photographes invités qui montreront, eux aussi,  leurs actualités ! » Par ailleurs, #Dysturb a reçu le soutien du magazine Grazzia.

Nicolas Datiche est un photographe indépendant membre du Collectif Off Source. Basé à Tokyo, il nous avait fait vivre ses instants de photographie dans la capitale nippone. Après le passage du typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines et fait plus de 5000 morts, il a décidé de se rendre dans les régions sinistrées. Voici le récit de ses quelques jours passés sur place.

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-> Pourquoi as-tu décidé d’aller aux Philippines ?

Au sein du Collectif Off Source, les catastrophes naturelles sont des thèmes que nous voulons couvrir. Depuis Tokyo, les Philippines ne sont « pas trop loin ». C’était l’occasion d’y aller et j’avais le sentiment que l’ampleur de la catastrophe avait des similitudes avec le Tohoku touché par le tsunami en 2011.

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– > Combien de temps es-tu resté sur place ?

Je suis resté une petite semaine, rester plus longtemps en raison des conditions compliquées. Je suis parti de Tokyo avec un vol pour Cebu. Et de Cebu j’ai embarqué dans un des vols de la Pal express pour Tacloban. Le départ de Cebu a été long, très long (retard de 6 heures)…En plus des rotations militaires sur l’aéroport de Tacloban, l’avion de Pal Express qui effectue les rotations Cebu/Tacloban avait un problème de freins (il avait failli sortir de la piste à son retour de Tacloban). Ils ont dû faire venir un autre avion…

Life after the typhoon Haiyan

– > Comment as-tu travaillé ?

Les conditions de travail sur place sont assez difficiles, le manque de nourriture fait que tu dois t’alimenter avec ce que tu as prévu avant de partir. J’avais fait le stock de nourriture de survie ici à Tokyo…C’est aussi l’avantage de vivre dans une ville qui attend le big one ! Mais au bout de 3-4 jours, la nourriture de survie te sort par les yeux. Pour l’eau, ça n’a pas été trop compliqué. L’hygiène ? C’est simple, tu la laisses à Cebu…Pas d’eau courante, pas d’électricité. Et une ville dans un état d’insalubrité extrême, les corps dans les bodybags qui restent au soleil depuis une semaine, l’eau stagnante dans les ruines, les ordures rendent les conditions d’hygiène dangereuses. Surtout pour nous qui avons trop l’habitude de vivre dans des environnements aseptisés. Le minimum d’hygiène reste la désinfection des mains avec de l’alcool, le plus souvent possible. Les sinistrés (les Philippins) sont incroyablement agréables et faciles d’accès même après une catastrophe comme celle-là. Une grande majorité parle un anglais rudimentaire donc tu peux facilement échanger avec eux.

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– > Peux-tu décrire la situation sur place ?

Ce que j’ai vu sur place ? La pire situation que l’on puisse imaginer après une catastrophe naturelle. Des corps dans des sacs à tous les coins de rues. Une fois qu’ils sont ramassés par les équipes de secours, de nouveaux apparaissent. L’odeur est insupportable, les corps gonflés d’eau sont restés plus d’une semaine au soleil à 32 degrés. Tacloban ressemble à une ville rasée par un tsunami, j’avais l’impression d’être dans le nord du Japon. Sauf qu’ici les moyens font défaut, les pompiers n’ont pas de matériel pour travailler dans ces conditions. Certains fouillent les ruines en tongs !

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– > Es-tu parti en ayant des commandes ?

Non malheureusement pas, j’ai l’impression que la presse française ne voulait pas mettre de photographes en commande sur cette histoire (hormis le Parisien qui a envoyé quelqu’un). La presse anglo-saxonne avait pour chaque canard un ou deux photographes en commande. Deux styles différents sûrement…

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-> As-tu réussi à vendre des photos au retour ? Est-ce que ce voyage était économiquement rentable ?

Pour l’instant, comme on dit au babyfoot, je suis fanny sur ce reportage. Rentabilité 0, mais pour le collectif Off Source et même pour moi c’est une bonne expérience (certes un peu traumatisante). Je fais ce métier pour raconter des histoires et témoigner. Si je dois attendre d’être certain d’avoir un retour sur investissement pour aller témoigner, je ne vais pas beaucoup quitter mon fauteuil devant mon ordi. Par contre c’est clair que je ne peux pas me permettre de le faire à chaque fois…A un moment, c’est le banquier qui dira non.

© 2013 Nicolas Datiche/Off source. Toutes les photos sont reproduites avec l’aimable autorisation de l’auteur.