Le couple de photographes Maud Chalard et Théo Gosselin, 24 ans chacun, a la réputation d’exalter dans ses photos la quintessence de la jeunesse. Ils shootent l’amour, l’amitié, le quotidien et leurs clichés transpirent l’insouciance et la naïveté. Leurs modèles -des potes la plupart du temps- sont beaux et se promènent dans des paysages magnifiques lorsque la lumière du jour se lève ou qu’elle décline. Les moments où elle est la plus belle, quoi. Tant de beauté finirait (presque) par nous piquer les yeux. On les a donc soumis à un questionnaire “Imperfections”, histoire de voir s’ils étaient aussi parfaits que leurs clichés. 
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PHOTOM – Sur vos photos, les lumières sont toujours très étudiées, le cadre aussi, les gens sont jeunes et magnifiques, on sent que tout est très pensé, millimétré. La spontanéité est-elle incompatible avec la perfection ?

Maud: Hum, as-tu bien regardé nos photos ? Au contraire, on travaille à l’argentique donc on ne peut pas tout gérer et tout prévenir. Il y a beaucoup d’imperfections comme des pelloches cramées, trop de grain par-ci, par-là mais c’est ce qu’on aime. On ne travaille jamais avec une lumière artificielle et en ce qui concerne le matériel on n’ a ni pied, ni réflecteur, juste notre appareil photo et les clichés sont souvent réalisés sur le vif. Je ne pense pas qu’on puisse dire que nous ne sommes pas spontanés.

Théo: La spontanéité est le seul mot d’ordre et je ne pense pas être en quête de perfection! Si les gens sont beaux et les lumières aussi, c’est parce que l’on vit notre passion à 100% et dans ce cas, tout est susceptible de se transformer en or.

PHOTOM – Vous rebute-t-elle?

Maud: Non au contraire! Et je pense que si on ne la recherchait pas, on ne travaillerait pas en argentique.

Théo: Jamais, elle est source de création!

PHOTOM – La pire photo que vous ayez prise ?

Maud:  Je n’ai pas en tête une photo précise mais un jour, j’étais tellement excitée de refaire des photos, tant ça faisait longtemps que je n’avais pas tenu d’appareil entre les mains, que j’ai mitraillé sans faire aucune mesure, ni réglage de lumière. Je ne comprends toujours pas comment j’ai pu faire n’importe quoi aussi naturellement.

Théo: Une de mes premières commandes quand j’étais gamin, pour un salon de coiffure. Ce fut un massacre.

PHOTOM – Les photos ratées ne sont-pas elles pas parfois les plus réussies ?

Maud: Si, parfois ça peut amener à quelque chose de très intéressant et complètement inattendu. Il m’est arrivé de faire des doubles expositions avec mon argentique sans le vouloir, et le rendu était génial. Je n’aurais pas réussi à le faire en y réfléchissant à l’avance.

Théo: Toujours !

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En cette fin d’année, j’avais envie de me faire plaisir (en espérant qu’il soit partagé). Ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé d’une femme. Je voulais aussi évoquer un univers en l’occurrence un univers fait de douceur, de légèreté, de poésie et un brin hippie. Cet univers est celui de la photographe Maud Chalard. J’ai découvert son travail en entendant parler de son amoureux, le photographe Théo Gosselin. Elle en parle d’ailleurs dans l’interview. Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture et de belles fêtes de fin d’année !

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Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alors j’ai 24 ans. Je vis sur Paris depuis 4 ans…ce qui est déjà beaucoup trop. J’ai d’abord suivi un BTS Communication Visuelle multimédia à l’école Estienne ainsi qu’un DSAA Design et stratégies de communication. Aujourd’hui je me suis dirigée vers la publicité. Je fais de la photo pour me vider la tête et faire ce que j’aime vraiment sans contrainte.

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Est-ce que tu te rappelles la première fois que tu as eu un appareil photo dans les mains ?

Absolument pas, j’ai une mémoire terrible. En revanche, je suis retombée sur une photo argentique de mon chien prise lorsque je devais avoir 7 ans. Elle est vraiment chouette. Je m’en souviens très bien, je l’avais installé sur une chaise longue avec un parasol et il me regarde bien en face, d’un air pédant. Très bonne retrouvaille.

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Tu photographies à l’argentique ou au numérique ?

J’ai d’abord commencé au numérique. À l’époque j’ai récupéré un d5000 de mon père. J’ai commencé en prenant ma sœur en photo principalement. Puis Théo m’a offert mon premier argentique… Ça a été le coup de cœur ultime ! Tout a pris son sens, depuis je ne travaille plus qu’avec ça.

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J’ai vu que tu as sorti une série de carnets sur les fleurs. Tu as eu une préférence dans les sujets que tu photographies ?

Oui, je porte une attention particulière à la lumière (enfin c’est pas un scoop pour quelqu’un qui prend des photos) et j’essaye toujours d’apporter une certaine sensibilité, poésie et fragilité dans mes photos. J’évite au maximum tout ce qui est mise en scène, retouches à outrance…J’ai une attirance énorme pour la lumière du matin, les corps nus (particulièrement les dos) et les lits… Le trio parfait.

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Si tu devais citer 3 photographes qui t’inspirent…

Mon cher Théo Gosselin, Ryan Mc Ginley, Kevin Russ, Jeff Luker…

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Que peut-on te souhaiter pour cette année à venir ?

Faire de belles photos, trouver un vrai chouette boulot, profiter deux fois plus de mes amis et enfin, le plus important, voyager avec Theo et s’aimer toujours plus fort.

Parce que je fais toujours mes cadeaux de Noël en dernière minute, voici la sélection de livres de Noël qui arrive également à la dernière minute. Cette sélection n’est évidemment pas exhaustive et volontairement subjective. Elle est réalisée avec la complicité de Catherine Le Pape de la Librairie des Curiosités à Quimper (29).

Avec le coeur de Théo Gosselin (éditions du LIC) 45 €

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Théo Gosselin est un jeune photographe qui monte. Il photographie ses proches lors de ses virées en France et à l’étranger. Beaucoup de corps nus, de gens beaux, de paysages incroyables. Il y a l’insouciance de la beauté et la légèreté de la jeunesse dans ces photos. A découvrir.

Genesis de Sebastião Salgado (éditions Taschen) 49,99 €

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«Dans GENESIS, mon appareil photo a permis à la nature de me parler. Écouter fut mon privilège.» — Sebastião Salgado. Au cours de 30 voyages, à pied, en petit avion, en bateau, en canoë et même en ballon, par une chaleur extrême ou un froid polaire et dans des conditions parfois dangereuses, Salgado a réuni des images qui nous montrent la nature, les peuples indigènes et les animaux dans toute leur splendeur.

Les bains, résidences d’artistes, Magda Danysz (éditions Drago) 40 €

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La photographie a un statut à part dans un art éphémère comme le street art. Elle laisse la trace, elle est la pièce à conviction de l’oeuvre qui a vocation à s’effacer. Du 1er janvier au 30 avril 2013, Magda Danysz avait donné carte blanche à 50 artistes venus s’installer en résidences dans l’ancienne boîte de nuit sélect, Les Bains. Le résultat est à voir dans ce livre.

How to be a good photographer in four lessons de T. VDD (éditions André Frère) 19,50 €

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Avec humour, armé de sa machine à écrire, le photographe Thomas Vanden Driessche passe en revue l’éventail des genres photographiques, qu’il parodie allègrement.

Kingsley : Carnet de route d’un immigrant clandestin, Olivier Jobard (éditions Marval)

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L’engagement du photographe Olivier Jobard dans son travail m’a toujours épaté. Récemment un reportage de M6 a fait polémique. Les reporters ont suivi de jeunes Africains qui voulaient venir en France par le biais de passeurs. J’ai donc repensé à ce livre qui est sorti en 2006. Olivier Jobard a suivi le périple de Kingsley, un Camerounais, qui rejoint l’Europe dans des conditions épouvantables. Les compagnons d’infortune embarquent dans une embarcation de fortune semblables à celles qui font dramatiquement l’actualité quand elles chavirent. L’exposition qui a été tirée de ce travail était elle aussi très émouvante.

Catalogue d’exposition d’Anders Petersen (éditions BnF Paris) 49 €

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Encore un catalogue d’expo ! Celle de l’un des plus grands photographes actuels, Anders Petersen (né en 1944). Jusqu’en février 2014, la BNF à Paris accueille 320 photographies qui montrent les étapes marquantes de son œuvre. Photographie de rue, portrait, nature morte, les images sont d’abord une manifestation de ses affects.

Alchimies de Sarah Moon (Delpire éditeur) 15 €

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Ce livre a été édité à l’occasion d’une exposition de Sarah Moon au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, du 24 novembre au 1er décembre derniers. Il s’agit du catalogue de l’exposition. J’aime toujours autant les ambiances de Sarah Moon qui photographie avec beaucoup de poésie.

Un moment si doux de Raymond Depardon (éditions RNM) 29 €

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« Disons que, au départ, comme beaucoup de photographes de ma génération, une bonne photo, c’était en noir et blanc (…) Puis, tout doucement, c’est avec ma série sur la France que je me suis aperçu qu’avec la couleur, j’allais vers autre chose« , expliquait Raymond Depardon à L’Oeil de la photographie. Voici le catalogue de la première grande expo entièrement consacrée à l’œuvre en couleurs du photographe. À voir au Grand Palais jusqu’au 10 février 2014.

Joyeuses fêtes à tous !