STREET ARTPour le plaisir des yeux… 150 street artist ont posé leurs valises et leurs bombes dans le village tunisien d’Erriadh, sur l’île de Djerba. Ils ont habillé les murs avec leurs oeuvres. Au départ, certains habitants étaient réticents. Au vu du résultat, ils en veulent plus et viennent directement demander aux artistes de peindre leurs murs. Un site web très bien fait permet de visiter le village et de voir les oeuvres des artistes qui se sont déplacés en Tunisie. 30 nationalités sont représentées. L’art du galeriste parisien Mehdi Ben Cheikh, à l’initiative également de la Tour 13, c’est de rendre possible les défis à grande échelle et d’en faire de vraies réussites. Chapeau l’artiste. 

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Toutes les photos c/Djerbahood.

Avec par ordre d’apparition de haut à bas : 1/ Stew (France) 2/ Malakkai (Espagne) 3/ Inkman (Tunisie) 4/ Saner (Mexique) 5/ Monica Canilao (Etats-Unis) 6/ Phlegm (UK) 7/ Know Hope (Etats-Unis) 8/ Mario Belem (Portugal) 9 et10/ Swoon (Etats-Unis), 11/Mario Belem (Portugal) 12/ Roa (Belgique), 13/ Herbert Baglione (Brésil) 14/ Pum Pum (Argentine)

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Ouvrez les yeux et regardez les murs de votre ville. Normalement, vous trouverez. Vous trouverez la trace d’une expression spontanée qui n’a pas attendu d’autorisation pour s’afficher. Pochoir, graffitis, tags, peintures, mosaïques, collages…le street art intervient dans l’espace public, il se l’approprie de manière éphémère, parfois durable. Ce mouvement englobe, dans un bouillonnement créatif, des esthétiques et des artistes très différents. Laissons-en là l’idée de le définir sans omettre une dernière caractéristique : il ne connaît pas de frontières.

Fort de ce constat, les trois auteurs du webdocumentaire Défense d’afficher ont choisi huit artistes, dans huit villes, réparties sur plusieurs continents. Huit réalisateurs sont chargés de nous balader dans la ville et de dresser un portrait de l’artiste. « Nous voulions poser cette question « qu’est-ce que le street art dit de la ville ? », souligne Sidonie Garnier, co-auteur avec Jeanne Thibord et François Le Gall de Défense d’afficher. Il fallait aussi que les réalisateurs(rices) connaissent très bien les lieux pour qu’ils se concentrent sur l’artiste et son travail. » 

Le choix de la diffusion sur le Net s’est imposé dès le départ même si les auteurs viennent plutôt de l’univers du documentaire. « Pour nous, le street art est mondialisé comme le Net, lance Sidonie Garnier. Et il y a un parallèle évidemment entre la rue et Internet, tous deux sont des espaces libres a priori accessibles à tous et que certains tentent de contrôler ». Internet a joué un rôle important dans la diffusion du street art : les graffeurs ou bien les amateurs ont pu prendre connaissance de la production d’artistes vivants à des milliers de kilomètres d’eux. D’ailleurs, certains artistes intervenant dans le webdoc ont été repérés sur la Toile.

La déambulation virtuelle faite de films courts (de 5 à 8 min) promène l’internaute de São Paulo à New York, de Nairobi au Kenya à Turku en Finlande, de Paris à Athènes, de Bogotá à Singapour. Libre à vous de choisir l’ordre du parcours, de sauter des étapes, d’activer ou pas les bonus insérés dans chaque film. La narration a le mérite de la simplicité. Sans voix off mais à travers des plans de la ville et une interview de l’artiste, Défense d’afficher lance des pistes de réflexion. A Paris, les détournements d’affiches du street artist Ludo questionnent la présence envahissante de la pub dans notre environnement visuel. Le Brésilien Alexandre Orion médite sur le rapport de l’homme à la ville. Bastardilla, seule femme au casting, saupoudre ses peintures de paillettes. Non pas parce qu’elle est une fille mais pour symboliser l’or qui abondait en Colombie avant que le pays ne soit pillé par les Conquistadores. En Grèce, Bleeps traduit en peintures les tourments économiques et sociaux qui touchent la population.

Venus d’horizons et d’endroits divers, proposant chacun une esthétique, une réflexion plus ou moins aboutie sur leur travail, les huit personnages de ce webdoc forment néanmoins une unité. « Ce qui est frappant c’est qu’ils ont tous au départ cette nécessité de réagir à ce qu’il se passe autour d’eux, conclue Sidonie. Ils choisissent donc de le faire dans la rue, un endroit où ils se sentent bien et qu’ils connaissent parfaitement. Un pichador a cette formule géniale : « on a la ville dans la paume de nos mains ».  » Et le besoin de s’exprimer au bout des doigts.

* Le nom de ce post « Un mur trop blanc, c’est trop tentant » est un tag inscrit sur une palissade à Roubaix.

Servane PHILIPPE. 

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