Il y a plusieurs mois, Photosmatons rencontrait Stéphane Burlot. Lors de cette rencontre, le photographe racontait combien le métier s’était durcit. Il racontait une époque révolue où les groupes étaient plus accessibles. Le photographe Ronan Thenadey est d’une autre génération. Il s’est lancé, en 2006, après une école de photos à Bruxelles. Déjà rodé à l’exercice, il a écumé soirées et concerts pour photographier des groupes et leur public pendant des années. Un choix audacieux qui engendre parfois le doute. « Il y a un an, j’en ai eu marre. Je n’avais plus envie » Un passage à vide qui n’a pas duré. De toute façon, il « n’aurait pas pou faire autre chose » et c’est exactement ce qu’on se dit quand on le connaît. Il couvrira le Hellfest, comme chaque année. Un passionné, on vous dit. 

« Jamais, je n’ai envisagé de devenir « photographe de concert » ! J’ai commencé à faire de la photo en soirée. J’étais le mec qui avait toujours un appareil et qui shootait. Je me suis payé mon premier compact numérique, un Canon Power shot. J’avais aussi un Canon argentique datant des années 80. Je pratiquais tout le temps, c’est  vraiment là que j’ai touché la photo pure. Je tirais mes photos dans la salle de bain d’un couple de copains. Un vrai déclic ! C’était il y a sept ans.

Aujourd’hui, je me promène beaucoup. J’ai deux sacs à dos (un pour le matos, l’autre pour les fringues) et le choix de vie qui va avec. Pas de logement fixe, pas de copine, pas d’attachement à un endroit défini. Je ne suis pas matérialiste donc je dépense peu. Hormis, bien sûr, pour le matériel photo dont j’ai besoin.

Pour n’importe quel concert, je suis tributaire de l’artiste, de ce qu’il donne, des conditions d’éclairage aussi. Il faut qu’il se passe quelque chose sur scène. J’essaie de sublimer les photos, de réussir à faire sortir ce qui est beau dans l’image, j’essaie de créer ma propre recette en traitement d’images. L’idée évidemment est de trouver sa propre touche. Car, beaucoup de gens font de la photo de concert, en amateur souvent, et…font un peu tout et n’importe quoi, disons qu’ils n’appliquent aucune règle photographique.

Je suis très exigeant quand je travaille mes photos. Et cette façon de faire finit par payer… Depuis quelques mois, je gagne de l’argent. Je fais aussi un peu d’alimentaire [des photos de pub] et de la vidéo. J’ai été chef opérateur sur un clip. Je gagne en moyenne 700 € par mois. Quand on me propose 150 € pour une photo, c’est une publication honnête. Le problème récurrent dans la presse est le manque d’argent : si le magazine n’est pas adossé à un gros groupe de presse, il ne paye pas. Certains demandent carrément des photos gratuites ! Ca m’arrive de travailler bénévolement pour des publications qui me plaisent et qui me font une belle vitrine, comme je l’ai fait pour le magazine Noise [qui lui consacre un portfolio dans le dernier numéro]. Il y a aussi de purs escrocs : récemment un Thaïlandais me proposait 80 € pour une photo du groupe The Kills. Il voulait l’exploiter sur des t-shirts !

Vivre de sa passion reste quelque chose de fragile. Et, en même temps, j’ai conscience d’avoir la belle vie. Je passe mon temps à voir jouer des groupes que j’apprécie. A ce niveau-là, je suis comblé. Peut-être que ce mode de vie n’est pas viable sur la durée ? En fait,  j’y pense pas. Je souhaite simplement gagner ma vie correctement en participant à des projets qui me tiennent à coeur. Mais, pour rien au monde, j’échangerai la vie que je mène actuellement ! »

Toutes les photos ©Ronan Thenadey. Reproduites avec l’aimable autorisation de l’auteur. 

Pour aller plus loin >>>>>>>>>>>

– Son site internet

– Son flick’r

– Le clip pour lequel il a été chef opérateur

– Un projet auquel il est associé : ici et

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Il y a des heureux hasards.

Une fille étourdie perd sa clé USB dans le métro. A priori, elle a peu de chances de la retrouver. Sauf que, les bonnes surprises existent aussi. Comme ce type de mail : « Ai retrouvé votre clé, où puis-je vous la poster ?  » L’auteur du mail s’appelle Stéphane, sa signature électronique indique qu’il est photographe. Une aubaine ! On récupère donc la clé USB autour d’un café.

Un café noir… comme le monde qui a longtemps fasciné Stéphane Burlot (cf autoportrait photo de gauche). Ce photographe amateur de 40 ans, ingénieur de profession, a habilement mêlé ses deux passions : la musique dark et l’image. A 18 ans, on lui offre un appareil photo. L’envie d’aller plus loin se déclare vers 22, 23 ans lors d’un stage à l’agence Magnum. Dans les couloirs, il croise Henri Cartier-Bresson, Raymond Depardon. Le jeune stagiaire n’ose pas les aborder. Qu’importe, l’envie est née.
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