Les trains sont fascinants, non ? Michaël Zumstein, membre de l’Agence Vu, qui photographie l’Afrique depuis des années ne dira pas le contraire. En 2006, il a embarqué dans un train au Congo, pays qu’il affectionne, pour un voyage d’un mois. 1400 km parcours de Kindu, une ville au centre du pays à Lubumbashi au sud de la RDC. Cette ligne ferroviaire est vitale pour rejoindre Lubumbashi : l’avion est trop cher pour les habitants et le train transporte toutes sortes de marchandises. Tout au long du périple « plutôt sympa et joyeux », le photographe franco-suisse a pris des photos qui deviendront la série Train de vie.

Rien à voir avec les trajets en TGV, cela va sans dire.

Dans ce train congolais, on naît et on meurt. Dans un wagon, lui, seul Blanc du voyage photographie cette femme morte, entourée et pleurée par les siens. Elle sera enterrée sur place. La mort côtoie évidemment la vie. Deux enfants naissent également. Le photographe devient même parrain de la petite Mikaëla, à la demande des parents. Il y a le trajet et les à-côtés quand le train tombe en panne, quand il faut payer la dîme à ceux qui contrôlent le train ou cotiser pour remettre du carburant dans la machine. Un train qui, malgré tout avance et arrive à destination.

« Ce train est autogéré, il déraille souvent et tombe en panne. On était bloqué dans cette gare. Nous nous étions tous cotisés pour faire venir la dépanneuse. Dépanneuse qui tombe en panne à son tour ! Tout le monde était fatigué…Le train était donc immobilisé, il fallait attendre. Je monte sur le toit et je vois ce gars qui probablement s’emmerde autant que moi ! Finalement, ça donne une photo esthétique avec ces bleus et le contraste avec le noir. La nuit est en train de tomber. Au loin, on voit la dépanneuse qui arrive. Cette photo représente un moment à part du voyage. Un instant suspendu. »

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