Il ne reste que quelques jours pour profiter du festival photo L’homme et la mer au Guilvinec (29) qui finit le 30 septembre. Le principe est simple : en se promenant dans les rues et ruelles de la coté bigoudène, l’un des plus gros ports de pêche artisanale français, on découvre les photos de la sélection. Au programme : Daniel cariou, Clémentine Guivarc’h, Raphaël Demaret, Chris Miller, Ricardo Beliel, Ronan Gladu, Emile Luider, Nicola Bertasi, Jacques Hamel.

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Les photographes Yves Marchand et Romain Meffre documentent depuis plus de dix ans les ruines. Passionnés par ce qu’ils appellent la « déshérence urbaine », leurs photos montrent des endroits délaissés par l’homme…Et pourtant, il s’en dégage une atmosphère particulière qui créée une sorte de poésie du déclin.
Après la villle de Detroit, les deux photographes sont revenus de ce côté de l’Atlantique. Ils s’attaquent à un emblème des friches industrielles d’Ile de France : les magasins Généraux de Pantin. Leurs photos illustrent le livre d’un spécialiste du graff français, Karim Boukercha, sont publiées dans le livre Graffiti Général conçu avec l’agence internationale de publicité BETC, qui s’installera dans les lieux réhabilités en 2016.
Graffiti Général, Les Magasins Généraux 6 (c) BETC, photo Yves Marchand et Romain Meffre

En quoi ce projet vous a intéressé ?
Au fil des années nous avons vu la plupart des grandes friches industrielles être réaménagées (ex : les usines Renault, les Grands Moulins de Paris ou l’ancienne usine de la SUDAC dans le 13ème arrondissement). Les entrepôts de Pantin étaient donc l’un des tous derniers fragments, sûrement la dernière grande ruine de l’époque industrielle aux portes de Paris. Le bâtiment avait une vraie force d’évocation visuelle avec son côté paquebot monumental, ses coursives, et sa façade complètement graffée. Il était très représentatif de ce qu’on peut attendre d’une ruine en milieu urbain.
Graffiti Général, Les Magasins Généraux 11 (c) BETC, photo Yves Marchand et Romain Meffre

Aviez-vous une appétence pour le graffiti avant ce projet ?
Nous avons toujours été sensibles aux métamorphoses que subissent les lieux une fois à l’abandon. La décrépitude liée à la ruine n’est qu’un aspect de cette évolution et la ré-intrusion et la colonisation des ruines par les graffs – en milieu urbain et surtout en Ile de France – en est un des éléments les plus importants.
Graffiti Général, Les Magasins Généraux 1 (c) BETC, photo Yves Marchand et Romain Meffre

Quelle est votre définition de « déshérence urbaine », expression que vous utilisez souvent ?
Il s’agit des espaces laissés pour compte, hors aménagement urbain, confrontés au hasard et à l’immaîtrisable, le négatif de la vision officielle qu’on propose d’une ville. Cependant les friches et les graffs sont de plus en plus assimilés dans le process de réaménagement. C’est d’ailleurs pour cela que l’on nous as fait intervenir pour conserver un peu de cet état des choses, de cette conscience avant qu’elle ne disparaisse.
Graffiti Général, Les Magasins Généraux 3 (c) BETC, photo Yves Marchand et Romain Meffre

Qu’est-ce que vous aimez dans ce genre d’atmosphères ?
Dans un espace urbain planifé et gentrifié, spécifiquement dans des villes musée comme Paris, les ruines sont des espaces confrontés au hasard. Elles sont des fragments urbains arrachés au cours logique de la ville. On s’y balade entre fascination et appréhension, on peut se laisser aller à la peur, à une méditation mélancolique. Les ruines deviennent donc une échappatoire, un espace de retraite.
Graffiti Général, Les Magasins Généraux 8 (c) BETC, photo Yves Marchand et Romain Meffre


La photographie n’a-t-elle pas un rôle un peu à part dans le domaine du graf ?
La photographie a effectivement un rôle important dans le domaine graf. Il est difficile de trouver des graffeurs qui font des fresques sans en garder une trace photographique. Pour eux, ce medium est parfait pour la conservation de leurs œuvres.

Qui a dit ? (n°4)

09/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« Quand vous sentez qu’un lien commence à se forger entre vous et les gens que vous photographiez, quand vous riez ou quand vous pleurez avec leurs rires et leurs pleurs, vous savez que vous êtes sur la bonne voie. »

Weegee (1899-1966)

Qui a dit ? (n°3)

07/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

HOWARD_GREENBERG_LEON_LEVINSTEIN

« Une bonne photographie doit prouver au spectateur que nos yeux voient bien peu de choses. La plupart des gens ne voient pas. Ils voient seulement ce qu’ils ont l’habitude de voir ou ce qu’ils s’attendent à voir. Alors qu’un photographe, s’il est doué, verra tout. Et c’est encore mieux s’il voit des choses auxquelles il ne s’attend pas. »

Leon Levinstein (1910-1998).

Copyright photo : Leon Levinstein, Cinquième Avenue, ca 1959 © Howard Greenberg Gallery / Courtesy Howard Greenberg Gallery

Qui a dit ? (n°2)

05/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« Tout ce qui surgit, mort ou vif, aux yeux d’un photographe inspiré prend mystérieusement différentes formes : un objet inanimé vient à la vie grâce à la lumière ou à ce qui l’entoure. Et si le photographe est un peu talentueux, il pourra en faire quelque chose – j’imagine que cela s’appelle la poésie. »

Josef Sudek (1896-1976)

Qui a dit ? (n°1)

04/04/2013

Dans la nouvelle exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson (petit îlot paisible presque à deux pas du tumulte de la gare Montparnasse), des citations de photographe sont mises en exergue sur les murs. Je me suis amusée à en recopier certaines pour vous les faire partager. Je les publie (le post sur l’expo en cours -la collection d’Howard Greenberg- suivra).

« La photographie est un secret sur un secret, plus elle en dit moins vous en savez. »

Diane Arbus (1923-1971)

J’en rêvais, ils l’ont fait. Les deux animateurs d’Espritblog, Fabrice Gontier et Jean Abbiateci ont lancé le 15 juin un photoblog : L’oeil du viseur. L’idée est d’« offrir un espace où les photographes puissent avoir le temps de parler de leurs images ».

Pour l’instant, le projet est éphémère. La série s’arrêtera le 15 juillet, si l’on en croit le site. N’hésitez pas à le consulter en espérant avoir prochainement une interview de leurs auteurs…