Le Grand Palais accueille jusqu’au 3 août une rétrospective sur le travail du Trublion de la mode. L’exposition qui a été créée avec le concours du musée des Beaux-Arts de Montréal s’est installée à Paris, après avoir fait escale dans de nombreuses villes. Elle permet de découvrir l’univers créatif et fantasque de Jean-Paul Gaultier grâce à des pièces, photos, vidéos et documents inédits.

Maître dans l’art du « mix and match », Jean-Paul Gaultier possède et cultive cet incroyable talent de revisiter ce qui l’entoure. Depuis ses débuts dans les années 70, le couturier né à Arcueil absorbe, digère et réinterprète la couture avec un certain art du paradoxe qu’il partage avec enthousiasme.

Le couturier est un personnage à part entière de la culture pop, connu pour ses réinterprétations de la marinière, ses jupes pour hommes et ses mannequins aux visages et aux mensurations parfois hors-normes (en 2010, il a fait défiler Beth Ditto, la chanteuse obèse de Gossip). Il découle de cette créativité débordante une certaine vision du monde. Le créateur observe les codes, les ingère, en joue, les mélange (le fameux « mix and match ») pour in fine livrer sa version des faits.

Asticoter les codes

Dans la planète de Jean-Paul Gaultier, on porte le tatouage sur ses vêtements et non directement sur le corps, un sac poubelle peut se transformer en robe de soirée portée avec des bijoux hors de prix, le tutu s’échappe de la salle de danse et devient une jupe du quotidien, la marinière retrouve son potentiel érotique gay. Le parfum Le Mâle (un best seller) est enfermé dans une boîte de conserve. Là encore, le couturier asticote les codes en vendant un produit de luxe par excellence dans un objet si trivial (la boîte de conserve).

Quand on demande aux historiens de la mode quelle est l’empreinte que laissera le Trublion de la mode dans l’histoire de la discipline, ils expliquent que c’est précisément cette « esthétique du paradoxe » qui marquera.

A voir : le très bon documentaire « Jean-Paul Gaultier travaille » de Loïc Prigent.
Photos Photosmatons.

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Le photographe Nicolas Datiche n’est pas un photographe de mode, encore moins un spécialiste de la fashion. Cela ne l’a pas empêché de couvrir, en s’amusant, la fashion week de la capitale nipponne. Le sujet étant frivole et léger, je lui ai proposé de choisir 5 mots. Ils les a commentés comme un carnet de bord très personnel de son baptême dans le fol univers de la mode ! 

Inside the fashion

 渋谷(Shibuya) : Shibuya c’est le quartier jeune, branché de la capitale japonaise. Avec son carrefour que l’on voit dans tous les reportages sur Tokyo. Et tout naturellement (enfin peut-être), ça devient le quartier général de la Tokyo Fashion Week. Les deux grands podiums, sponsorisés par une célèbre marque de voiture allemande, sont installés dans un immense centre commercial, le Hikarie. Les autres défilés se passent dans différents endroits mais à 90% dans les environs de Shibuya.

 

Inside the fashion

きれい(propre) : Dire que le Japon est un pays propre est un poncif que tout le monde a déjà entendu. Il est toujours incroyable de voir comment la plus grande ville du monde et ses transports en commun gardent une telle propreté et cela même en fin de journée. Mais en grattant un peu, ce cliché n’est finalement pas si vrai…

 

Inside the fashion

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古典的 (classic) : Depuis le temps que je fréquente Tokyo, je me disais que la Fashion week ici allait être un moment de délires vestimentaires, de craquage… J’avais déjà en tête la série de Raphael Yaghobzadeh sur la fashion week à Paris. Tokyo, ça va être le 5e élément dans la rue, le public avec des fringues de tueur (je n’y connais rien en mode). Bah non, en fait…Il y a déjà assez d’extravagance tous les jours que finalement c’est classique.

Inside the fashion

遅い(retard) : La perception du temps est totalement opposée entre la France et le Japon. Ici être en retard, c’est mal, c’est impoli, ça ne se fait pas. Pas de 15 minutes, pas d’excuse. Si tu es en retard, c’est la malédiction sur toute la famille et les générations futures. C’est le pays où les Shinkansen (les TGV japonais) se lancent sur les voies à grande vitesse toutes les 7 minutes. Prenons deux minutes, imaginons des Paris-Bordeaux partant toutes les 7 minutes. Au bout de 14 minutes, on aurait un drame ferroviaire ou un « tututuuuu, suite à un incident technique le train en provenance de Paris Montparnasse aura 3 heures de retard ». Mais la France n’a pas exporté que la mode ici, elle a réussi avec brio a exporté le retard ! Chaque défilé a commencé 30 minutes après l’heure prévue ! Bravo.