Le festival Circulation(s) met en avant la photographie contemporaine européenne. Des expos ont lieu au Centquatre à Paris et dans certaines stations de métro, jusqu’au 16 mars. Voici une sélection volontairement très éclectique et féminine. Cet article est également paru dans Cheek Magazine

La plus intense : Virginie Plauchut – Sans preuve et sans cadavre

VirginiePlauchut

La Française Virginie Plauchut s’attaque au douloureux sujet de l’inceste. Sa série intitulée Sans preuve et sans cadavre mêle habilement photo et texte. En travaillant sur des témoignages, elle a photographié “ces simples objets du quotidien auxquels on s’est raccroché, qui auraient dû alerter, qui aujourd’hui encore dégoûtent, mais qui ne s’oublieront jamais”. Beaucoup de violences compilées dans des images remplies de poésie. Un travail fort.

La plus “théorie du genre”: Marina Poliakova – Bridegrooms?

PoliakovaCirculations

L’Ukrainienne Marina Poliakova photographie des hommes, nus, qui prennent des poses lascives (traditionnellement féminines) dans la nature. Le regard s’inverse dans cette série. La photographe pose des questions intéressantes, dont les réponses ne sont pas si évidentes: “La société peut-elle comprendre et accepter des hommes inoffensifs et efféminés? La femme contemporaine est-elle déçue par eux?”

La plus septentrionale : Elena Chernyshova – Jours de nuit, nuits de jour

CHERNYSHOVACirculations

Imaginez des conditions météo extrêmes: de violentes tempêtes, une moyenne de -30°, un hiver de neuf mois dont deux dans l’obscurité. Voici le quotidien des habitants de Norilsk en Sibérie qui, en plus de son climat hostile, cumule un autre handicap: elle figure parmi les 10 villes les plus polluées au monde. La russe et francophile Elena Chernyshova s’est intéressée à la capacité qu’ont les hommes de s’adapter aux environnements les plus rudes. Les habitants de cette ville en sont un bon exemple.

La plus “cherchez l’erreur” : Martina Dinato – Magia Fotografia

Dinato-Magia Fotografia 3 copie 2

Le “syndrome Photoshop”, à savoir la retouche de photo à l’excès, touche aussi le commun des mortels. C’est ce que montre l’Italienne Martina Dinato dans sa série Magia Fotografia. Tout le monde est tenté d’embellir la réalité, surtout quand il s’agit de photos de famille. Les photos sont présentées par deux: l’originale, la retouchée. La légende indique les demandes des clients: faire ouvrir les yeux de la demoiselle d’honneur, effacer de la photo une invitée indésirable aimablement nommée “sorcière”, ajouter une dent au marié pour un sourire Colgate au top.

La plus trompe-l’œil : Katherine Longly – Abroad Is Too Far

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Katherine Longly, photographe belge, propose une balade dans les nouvelles villes chinoises. Ces dernières “répondent autant au problème d’urbanisation qu’au désir d’exotisme de la nouvelle génération”. Les architectures reproduisent les canaux vénitiens, la Tour Eiffel ou des villages avec des maisons à colombages dignes d’une carte postale de Bavière. Le tout, à des milliers de kilomètres des originaux.

Plus d’infos : festival Circulation(s)

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