Dans la série Leica, voici l’histoire d’une grand-mère iconoclaste. Mamika pose dans des costumes de superman ou en cougar dominatrice pour son petit-fils, le photographe Sacha Golberger. Le journaliste Nadir Chougar l’a rencontrée pour le magazine Vivre Paris. Il a fait un long portrait de la dame. Voici un extrait où il est question de Leica…forcément, ça nous intéresse. (Merci à Nadir Chougar et Pierre Morel pour les autorisations de reproduction).

Frederika Goldberger aka Mamika ©Pierre Morel

« Ma grand-mère, c’est un bonhomme ». Ainsi Sacha Golberger résume-t-il son aïeule. En septembre dernier, le photographe publiait Mamika (Balland). Un livre de clichés chiadés et loufoques et exposant la folle mamie dans des situations poilantes. Un humour potache parfois, relevé à la lumière d’un destin. Mamika, c’est Frederika Goldberger. 91 ans, juive hongrois et baronne. Un visage creusé de rides et de blessures. Le nazisme et le communisme y ont laissé leur trace. Aujourd’hui, elle a 3000 amis sur Myspace, 5500 sur Facebook et la mémoire qui flanche. Alors quand la dame se raconte, on se dépêche d’écouter. »

Frederika Goldberger, 91 ans ©Pierre Morel

UN LEICA CONTRE UNE USINE

« Quelques années après la fin de la guerre (1939-1945), une fois que les Hongrois eurent reconstruit le pays, le régime est devenu communiste. Un beau jour, en arrivant à l’usine avec mon époux, toutes les machines avaient disparu. Nous sommes allés sur le pont pour constater que les communistes les avaient chargées sur un bateau. C’était la fin de notre entreprise. Pour la sauver, mon mari a soudoyé le responsable en lui abandonnant son appareil photo. Aujourd’hui, il ne reste rien des richesses de ma famille. Nous n’avons rien perdu, les communistes nous ont tout pris. J’ai finalement quitté la Hongrie lorsque ma femme de chambre m’a révélé être un agent soviétique. Elle savait, de source sûre, que mon mari et moi devions être envoyés au goulag. Je suis d’abord allée en Suisse. Là-bas, j’ai quitté Michi. Il m’avait trompé avec ma meilleure amie. Il s’est rendu à Londres tandis que je suis partie pour Paris. Je préférais l’Amérique. A l’époque, c’était l’avenir. Mais ma mère parlait le français et connaissait très bien Paris. Je ne pouvais pas la traîner à New-York. »

Cette Hongroise de 91 ans a une mille vies ©Pierre Morel

Pour voir les photos délirantes de Mamika, c’est ici.

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