Voici la 1ère partie de l’interview de Candace Feit. Cette photographe américaine a travaillé pour de nombreux journaux dont les noms ne vous sont pas inconnus, citons dans le désordre et sans être exhaustif le New York Times, Le Monde, le Christian Science Monitor…Au départ, nous devions discuter par mail (Candace habite à Johannesbourg) de ses photos prises en Inde. Puis de fil en aiguille, la conversation virtuelle s’est élargie. Je vous propose d’en découvrir quelques fragments et surtout les photos de Candace Feit que vous retrouverez sur son site Wishyouhappy

Rebelle Touareg, Niger, 2008 ©Candace Feit

Avant de devenir photographe, j’ai lu que tu as travaillé pour la marque de jouets Lego…Oui, tout à fait ! J’ai travaillé pendant presque quatre ans pour la Lego company à New York. J’étais en charge du site web des produits enfants et des Duplo. J’ai adoré travailler pour eux. C’est presque aussi fun que ce qu’on imagine.

Pêcheurs, 2009, Sri Lanka ©Candace Feit

Etre une photographe femme dans un milieu très masculin change-t-il quelque chose ? Je ne sais pas en quoi le fait d’être une femme influence mon travail. Parfois, je pense qu’être une femme permet de se fondre plus facilement dans le décors ou d’être moins intrusive que ne pourrait l’être un homme. Parfois, c’est l’inverse. Chaque situation est différente donc ça peut être un avantage come un inconvénient. Je pense que le comportement adopté par un photographe lorsqu’il travaille est plus important que son genre. Il est évident que si tu es capable d’observer, d’être naturel et de mettre les gens à l’aise, ils seront alors plus acessibles, ce qui se ressentira dans les photos obtenues.

Masque de Gorée, Sénégal, 2006 ©Candace Feit

Y a-t-il des pays où il est plus difficile de travailler ? Des exemples ? Oui, bien sûr. Par exemple : le Maroc et le Nigéria. Dans ces deux pays, j’ai connu des situations difficiles. Il s’agit de deux cultures très différentes mais dans les deux cas, les gens ne veulent pas être photographiés. Il faut du temps et beaucoup d’efforts pour qu’ils s’ouvrent.  Je travaillais sur un sujet d’actualité au Nigéria et sur un reportage de voyage pour un magazine au Maroc. Les deux étaient aussi difficiles.

Débris après le combat, nord du Niger, 2008 ©Candace Feit

Comment tu travailles en zone de conflit, comment gères-tu ta peur ? Je n’ai jamais travaillé en zone de guerre.

Femme rentrant chez elle, delta du Sine Saloum, Sénégal, 2008 @Candace Feit

Nous avons déjà parlé d’une fondation dans ce blog, le Dart center, qui travaille sur le stress post-traumatique chez les journalistes, reporters, photographes. Te souviens-tu de situations délicates particulières ? Je ne suis pas hantée par des souvenirs traumatisants. Mais je pense toujours à certaines situations que j’ai vécues en me demandant ce que les personnes que j’ai photographiées deviennent. Non pas parce qu’elles étaient en zone de conflit, mais plutôt si elles sont malades, si elles ont accès à l’eau potable, si elles ont assez à manger…

Camp, Vermont, Etats-Unis, 2007 ©Candace Feit

Quelles sont les principales qualités d’un bon photoreporter ? Pour moi, un bon photoreporter s’intéresse et s’implique dans le monde qui l’entoure. Si tu n’as pas d’empathie, si tu ne t’intéresses aux gens, c’est très difficile de faire des images fortes de ce qu’ils vivent. Tu dois t’intéresser au monde, suivre l’actualité et écouter les histoires des autres. Sans ça, il est difficile d’être un bon photojournaliste.

Village le long de la rivière Ivindo, Gabon, 2009 ©Candace Feit

Quels conseils donnerais-tu à un jeune photoreporter qui veut se lancer ? Mon conseil, c’est d’apprendre à observer le monde qui t’entoure. Sors dans ton jardin et photographie les objets qui s’y trouvent. Prends plein de photos et exerce-toi. C’est pas trop grave si tu n’as pas l’équipement dernier cri ou l’appareil le plus cher. On peut faire des photos très intéressantes avec n’importe quel appareil.

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