Alexis Cordesse est l’un des 12 photographes avec Yann Arthus-Bertrand, Jane Evelyn Atwood à avoir participé à « Clichy sans clichés ». A cette occasion, il a réalisé une série de portraits d’habitants du quartier de la Forestière. Cette opération réalisée en octobre 2006 voulait faire découvrir la ville de Clichy autrement que par le prisme de la crise des banlieues.

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● Grâce à un appareil photo, peut-on changer le regard qu’on porte sur un endroit comme Clichy ?

Non, un appareil photo ne peut rien changer. Ce n’est qu’un outil. C’est le point de vue du photographe qui fait tout car ce point de vue évolue. De Clichy, je ne connaissais rien. Je m’attendais juste à trouver une réalité plus contrastée que celle véhiculée par les médias pendant les émeutes de banlieue.

J’ai travaillé sur le mode du dialogue et de l’échange avec les habitants de la Forestière [ndlr : une cité défavorisée de Clichy]. J’avais l’expérience du photographe, ils avaient l’expérience du lieu.

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● Associer aux images, les mots des personnes photographiées n’est-ce pas une façon de légitimer la présence du photographe ?

Effectivement. Cela me plaît aussi de travailler les limites de mon médium. Le fait de mettre les textes des personnes prises en photos à côté de leur portrait leur permet de s’exprimer. L’écueil à éviter est de faire croire que tout le monde a quelque chose à dire. C’est faux ! J’ai choisi de travailler avec ceux qui voulaient transmettre quelque chose.

● Qu’est-ce ce genre de projets apporte aux habitants ?

L’aspect participatif du projet leur a plu. Mais, il ne faut pas se leurrer ça ne fait pas nourrir d’espoir. De toute façon rien ne peut leur faire penser qu’il y a de l’espoir. Il suffit de regarder mes clichés d’immeubles décrépits.