Les habits et coiffes traditionnels bretons ont été photographiés par le photographe Charles Fréger, 40 ans. Ses photographies ont été exposées, cet été, dans quatre lieux culturels bretons : le centre d’art GwinZegal de Guingamp, le musée de Bretagne à Rennes, le musée Bigouden de Pont-L’Abbé et le musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc. Elles sont recensées dans un ouvrage qui paraît aux éditions Actes Sud.

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Le photographe Charles Fréger est un habitué des inventaires. Pour son travail Wilder Mann ou la figure du sauvage, il a voyagé dans de nombreux pays pour photographier les masques et les tenues traditionnels. Avec son nouveau travail photographique Bretonnes, il recense les nombreuses coiffes traditionnelles portées en Bretagne : capot de deuil, queue de langouste, coiffe le coq, cornette du Trégor.
Certaines font penser à des coiffes de religieuses, d’autres s’élèvent dans des mouvements de plis assez complexes sur la tête quand d’autres encore se portent à même les cheveux, posées comme des calots. Il y en a pour tous les goûts.

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L’idée vient d’une résidence au centre d’art GwinZegal à Guingamp (22), en 2011. Le photographe de 40 ans, né à Bourges, décide de contacter les cercles de danse. Des femmes posent en habits.
Les photos sont toujours composées d’un premier plan où l’on voit le modèle et d’un second plan où l’on distingue l’environnement (des champs, des paysages de mer). Le résultat donne un effet très pictural obtenu grâce à un écran de soie placé derrière le modèle. « C’est une toile tendue qui réagit aux flash, filtre la lumière et donne un flou à l’arrière plan de l’image », explique l’auteur.

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« Je ne comprends pas pourquoi les Bretonnes ne sortent pas en costumes comme cela se fait en Bavière », demande Charles Fréger.
En tant que trentenaire et bretonne de mon état, je ne m’étais jamais posée la question. Sans doute parce que la culture traditionnelle, on la pratique ou pas…et que ce genre d’habits d’apparats ne sont sortis qu’à des occasions très précises, lors des festivals, des pardons, des fest-noz…

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Les photographies de Charles Fréger m’ont permis d’aborder la question qu’il pose sous un autre aspect ; et de voir sous un autre angle les coiffes en dentelles, les châles en broderies rongés par les mites et les nombreuses broderies que beaucoup de grands-mères bretonnes ont précieusement conservé dans leur grenier.

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