Coil est un magazine en ligne consacré à la photographie en noir et blanc. Il a été créé par deux Grecs : Ilias Georgiadis et d’Iraklis Dimitriadis. J’ai publié une interview de ces deux créateurs (ici).
Tous deux 
partagent une certaine idée de la photographie : ils sélectionnent et compilent des travaux de photographes, émergents ou installés, proches de leur univers.
La suite de cet entretien n’avait pas été mise en ligne. La voici (mieux vaut tard que jamais, dit-on…). 

03cover__Dimitris Triantafylloui

Quel est le processus pour créer un numéro de Coil ?

On commence par faire une sélection de photographes. Après ça on se penche sur la mise en pages des photos, de l’enchaînement des images, de la taille des photos…On essaye de travailler la mise en page avec les photographes en leur demandant leur avis et comment ils imaginent la présentation de leur travail.

Beaucoup de nos contributeurs ont déjà des avis tranchés sur le nombre de photos et l’agencement des séquences. Parfois, nous recevons les photos en vrac et disposons d’une liberté totale pour la mise en page. Il peut s’agir de centaines ou de milliers de photos. Puis, nous envoyons à chaque photographe une maquette pour qu’il voit comment son travail est présenté. Enfin, nous réalisons les derniers ajustements et compilons le tout en un numéro.

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Sur votre site, vous parlez de votre tentative « d’explorer et de comprendre certains styles photographiques » : de quels styles photographiques s’agit-il exactement ? Comment définiriez-vous ce que vous aimez et le type de photographie que vous voulez promouvoir ?

Dans ce projet, nous voulions travailler avec des photographes qui sont proches de nos sources d’inspiration. Il faut avant tout qu’il y ait un rapport avec la photo noir et blanc. On préfère les photos réalisées à l’argentiques sans toutefois exclure les photos faites au numérique.

Voici quelques photographes que nous admirons et qui nous inspirent : Michael Ackerman, Daido Moriyama, Anders Petersen, Klavdij Sluban,

L’ouvrage photographique de Masahisa Kukase « Karasu » nous a particulièrement emballé. Nous avons aussi été marqué par le magazine Provoke quand nous l’avons découvert, c’est clair que ça a vraiment inspiré l’idée de Coil.

Nous recherchions donc des photographes proches de ça mais avec leur propre univers, des photographes qui ne se contentent pas de copier le style des autres mais qui ont un regard sincère et unique sur les choses.

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Vous publiez le travail de Michael Ackerman (dont je suis fan). A-t-il été dur à convaincre ?

Dans le 3e numéro de Coil, nous publions le travail du photographe Stéphane C. Il nous a parlé du Temps Zero Project dont il est le curateur. Ce projet propose des projections de photos avec des concerts et exposent les travaux de chouettes photographes connus ou émergents.

Quand nous avons découvert le projet, on s’est dit que ce serait une bonne idée de présenter les photographes qui à ces projections. L’idée était aussi de créer une atmosphère qui se rapproche le plus possible de l’esprit des projections.

Nous en avons discuté avec Stéphane et avons décidé de consacrer 2 numéros au Temps Zero Project. Michael Ackerman faisait partie des photographes. Le fait qu’il accepte de participer nous a procuré beaucoup de joie. Il est l’une de nos plus grandes inspirations tant au niveau personnel qu’au niveau du projet Coil.

 

Crédits photos : Couverture de Coil 03 (©Dimitris Triantafylloui), Couverture de Coil 04 (©Olivier Pin), Couverture de Coil 05 (©Ester Vonplon).

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Parce que je fais toujours mes cadeaux de Noël en dernière minute, voici la sélection de livres de Noël qui arrive également à la dernière minute. Cette sélection n’est évidemment pas exhaustive et volontairement subjective. Elle est réalisée avec la complicité de Catherine Le Pape de la Librairie des Curiosités à Quimper (29).

Avec le coeur de Théo Gosselin (éditions du LIC) 45 €

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Théo Gosselin est un jeune photographe qui monte. Il photographie ses proches lors de ses virées en France et à l’étranger. Beaucoup de corps nus, de gens beaux, de paysages incroyables. Il y a l’insouciance de la beauté et la légèreté de la jeunesse dans ces photos. A découvrir.

Genesis de Sebastião Salgado (éditions Taschen) 49,99 €

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«Dans GENESIS, mon appareil photo a permis à la nature de me parler. Écouter fut mon privilège.» — Sebastião Salgado. Au cours de 30 voyages, à pied, en petit avion, en bateau, en canoë et même en ballon, par une chaleur extrême ou un froid polaire et dans des conditions parfois dangereuses, Salgado a réuni des images qui nous montrent la nature, les peuples indigènes et les animaux dans toute leur splendeur.

Les bains, résidences d’artistes, Magda Danysz (éditions Drago) 40 €

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La photographie a un statut à part dans un art éphémère comme le street art. Elle laisse la trace, elle est la pièce à conviction de l’oeuvre qui a vocation à s’effacer. Du 1er janvier au 30 avril 2013, Magda Danysz avait donné carte blanche à 50 artistes venus s’installer en résidences dans l’ancienne boîte de nuit sélect, Les Bains. Le résultat est à voir dans ce livre.

How to be a good photographer in four lessons de T. VDD (éditions André Frère) 19,50 €

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Avec humour, armé de sa machine à écrire, le photographe Thomas Vanden Driessche passe en revue l’éventail des genres photographiques, qu’il parodie allègrement.

Kingsley : Carnet de route d’un immigrant clandestin, Olivier Jobard (éditions Marval)

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L’engagement du photographe Olivier Jobard dans son travail m’a toujours épaté. Récemment un reportage de M6 a fait polémique. Les reporters ont suivi de jeunes Africains qui voulaient venir en France par le biais de passeurs. J’ai donc repensé à ce livre qui est sorti en 2006. Olivier Jobard a suivi le périple de Kingsley, un Camerounais, qui rejoint l’Europe dans des conditions épouvantables. Les compagnons d’infortune embarquent dans une embarcation de fortune semblables à celles qui font dramatiquement l’actualité quand elles chavirent. L’exposition qui a été tirée de ce travail était elle aussi très émouvante.

Catalogue d’exposition d’Anders Petersen (éditions BnF Paris) 49 €

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Encore un catalogue d’expo ! Celle de l’un des plus grands photographes actuels, Anders Petersen (né en 1944). Jusqu’en février 2014, la BNF à Paris accueille 320 photographies qui montrent les étapes marquantes de son œuvre. Photographie de rue, portrait, nature morte, les images sont d’abord une manifestation de ses affects.

Alchimies de Sarah Moon (Delpire éditeur) 15 €

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Ce livre a été édité à l’occasion d’une exposition de Sarah Moon au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, du 24 novembre au 1er décembre derniers. Il s’agit du catalogue de l’exposition. J’aime toujours autant les ambiances de Sarah Moon qui photographie avec beaucoup de poésie.

Un moment si doux de Raymond Depardon (éditions RNM) 29 €

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« Disons que, au départ, comme beaucoup de photographes de ma génération, une bonne photo, c’était en noir et blanc (…) Puis, tout doucement, c’est avec ma série sur la France que je me suis aperçu qu’avec la couleur, j’allais vers autre chose« , expliquait Raymond Depardon à L’Oeil de la photographie. Voici le catalogue de la première grande expo entièrement consacrée à l’œuvre en couleurs du photographe. À voir au Grand Palais jusqu’au 10 février 2014.

Joyeuses fêtes à tous !