Le photographe Ronan Thenadey reprend la route des festivals cet été. Nous avions déjà évoqué sa carrière dans ce blog (le mot carrière le ferait rire parce qu’il fonctionne à l’instinct et ne planifie rien). Sa première halte se fera, comme tous les ans depuis 7 ans, au Hellfest, du 20 au 22 juin, à Clisson (44). Le rassemblement d’amoureux de musiques extrêmes chatouille tous les ans la sensibilité de certains qui ont parfois du mal à manier le second (voir troisième ou quatrième) degré.

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Comment décrirais-tu le Hellfest à des gens qui n’y sont jamais allés ?  

Le Hellfest est un rassemblement dans la bonne humeur. Des gens viennent du monde entier, ils se retrouvent pour l’amour du metal au sens large : du Punk Hardcore au Death Metal en passant par le Stoner. Les gens viennent voir leurs groupes préférés, faire la fête et passer un bon moment. C’est devenu un endroit de rêve pour tous les amoureux de Metal. Quand tu aimes ce genre de musique, tout est fait pour que tu t’y sentes bien.

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Tu fais beaucoup de photos du public… 

Oui je shoote énormément le public, et les groupes sur scène évidemment. Nous sommes plusieurs photographes officiels et pour ma part je suis très concentré sur les gens hyper lookés, les moments forts ( slam, bataille de boue…) et les …filles (rires) ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas que des métalleux et des gens déguisés dans le public, il y a aussi des familles. Au Hellfest on croise tous les âges, de 7 à 77 ans.

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Il y a une grosse dose de provoc au Hellfest, non ?

Les gens qui vont au Hellfest s’amusent des symboles religieux. Ils les détournent et en jouent, comme cette photo où un mec déguisé en fée mime une fellation sur un festivalier habillé en curé…Les festivaliers profitent de ces 3 jours pour se lâcher. Mais personne ne prend tout ça au sérieux.

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Certains prennent ça au sérieux, il y a des pétitions tous les ans… 

Je n’ai pas vraiment envie de parler de ça. Ca ne me touche pas. Je n’ai pas envie de parler de ces gens qui ne sont pas nombreux et qui, de toute façon, ne changeront jamais d’avis.

Y a-t-il un moment particulier qui t’a marqué ? 

En 2011, je repère des types déguisés en viking qui s’amusent à se brûler les poils pubiens et la barbe avec des briquets. J’ai profité de ce moment pour shooter. Il y a une photo, particulièrement emblématique, où la barbe du type s’embrase littéralement. Ses potes l’entourent et restent impassibles. Et moi, j’ai ma photo ! Je l’ai légendée : « brûlons le viking hérétique ».

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Tu es photographe pour le Hellfest depuis 7 ans maintenant, c’est toujours aussi excitant ?

C’est hyper excitant d’y retourner à chaque fois. Le site change tous les ans et il y a toujours des moments incroyables, drôles et improbables. Je me mets une certaine pression avant chaque nouvelle édition. Il n’y a pas de routine, aucun confort qui s’installe.

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Quel est ce petit supplément d’âme que tu ajoutes à tes photos ?

Le supplément d’âme c’est mon attitude avec les gens. Je rigole avec eux. Je passe toujours un petit temps à discuter avant de les photographier. J’ai accumulé des milliers de photos depuis 7 ans. En me replongeant dans mes photos pour cette interview, je peux dire que je suis vraiment fier de certaines de ces photos.

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Un dernier message pour la route ?

J’invite tous les curieux et les gens que le festival intrigue à venir headbanguer avec nous et passer un bon moment qu’ils n’oublieront pas de sitôt !

Toutes les photos sont reproduites avec l’aimable autorisation de l’auteur.

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Chers touristes…

25/05/2014

La série de portraits réalisée par le photographe Jolipunk a fait le tour du web. Des personnes à Cuba, en Inde lèvent le doigt devant l’objectif du photographe. La réponse du berger à la bergère ? Cette série veut faire réagir sur le tourisme mondialisé. Jolipunk change le prisme : plutôt que de sourire pour faire de jolis portraits, les locaux font un beau bras d’honneur. Ca ne mange pas de pain certes mais ces photos un peu what the fuck font réfléchir au tourisme mondialisé. Et ça nous rappelle que l’on est toujours à un moment ou à un autre le touriste/autochtone de quelqu’un (demandez aux parisiens…) 

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Le doigt d’honneur est donc aussi universel que la bouteille de Coca ?

Non, le « middle finger » n’est pas un signe universel. Néanmoins son sens existe dans toutes les langues et avec différents types de combinaison de doigt ! Le middle finger est beaucoup utilisé en occident et grâce (ou à cause) de la télévision, les journaux et internet, il s’internationalise de plus en plus.

J’ai lu l’anecdote qui a fait débuter ce projet : ce touriste qui vous refuse la photo parce qu’il en a marre d’être mitraillé par les touristes et redoute (éventuellement) de se retrouver en carte postale. C’était où et quand ?

C’était en 2008, à Bali ! Bali fut mon premier grand voyage hors des frontières européenne : a la fois la découverte d’une culture totalement différente mais aussi des joies colonisatrices du tourisme de masse.

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Les photos s’accompagnent de quelques phrases de contexte souvent très percutantes comme par exemple cette agricultrice qui dit « ici le problème c’est l’eau » à qui le photographe répond « vous avez l’eau courante » et elle conclue « oui dans vos hôtels »….

Oui ! Vous l’autre sûrement remarqué, sur beaucoup de forums ou commentaires les gens essayent de savoir : le sens, la mise en scène, il y a les « pour » qui s’engouffrent dans l’idée et les contre qui s’insurgent en criant : « ça va ils vont pas se plaindre on leur donne de l’argent !!! ». Du coup je me suis mis à écrire ces petites anecdotes…. Pour raconter l’echange et la motivation de chacun, ce qu’ils ont a dire. Il m’en reste d’ailleurs encore beaucoup a écrire.

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Cette série n’était pas prévue pour tourner autant sur les blogs et magazines. Je regrette de ne pas y avoir écrit une intro pour chaque pays. Car chaque pays a un contexte historique politique et sociologique différent. Certain sont rompus au tourisme et d’autres sont au contraire ravis de nous recevoir.

J’ai également lu que votre propos ne se voulait pas moralisateur…Effectivement, n’est-on pas toujours le touriste bof de quelqu’un d’autre ?

Pour continuer le propos ci-dessus, il n’y a pas de meilleure façon de voyager : de bien ou de mal ! Je ne suis pas un apôtre d’une cause particulière et je n’essaye pas de dire que partout dans le monde les locaux vous disent merde. Je fais de la photographie autrement dit figer une idée, un point de vue en 1/125eme de seconde.
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Mais cette série est là pour véhiculer une idée simple : échanger partager et comprendre l’autre … Certains pensent qu’on comprend réellement un peuple par ses réalisations culturelles. Moi, je pense qu’il faut parler aux gens !

« Le tourisme est une question complexe », ça peut être une relation donnant-donnant (les touristes s’y retrouvent, les locaux aussi) et ça peut être plus compliqué. Vous en êtes où dans votre réflexion sur la question?

Oui cela reste très complexe ! Nous le voyons bien avec les réactions sur cette série : le tourisme sert à développer un pays blablabla…Des propos que je juge limite colonialistes. Oui l’argent sert a développer un pays mais aussi parfois à bétonner sa côte, par exemple ! L’argent sert à des groupes hôteliers qui créent d’autres infrastructures à touristes. Ces infrastructures sont pensées pour que vous n’en sortiez pas !
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Exemple à Cuba : ils ont développé des petits îles hotels relié par un pont de 10km. Vous y arrivez par une route traversant une petite ville.
J’étais en voiture et je voulais bien finir mon voyage, en passant par la petite ville pour rejoindre se fameux pont, le décor était propre et joli : les maisons peintes, les habitants bien habilles …
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Mais comme j’ai un sens de l’orientation de merde je me suis trompé de direction… Et la j’ai vu l’arrière boutique : une ville cubaine délabré … Comme les coulisses d’un décor de théâtre
En clair ils ont refait, repeint et décoré l’itinéraire pour les bus touristique
Donner une carte postale au touriste qui ne correspond évidemment pas a la réalité d’un pays rongé par le communisme.
C’est toute l’idée des fucking tourist !
Une expo aura lieu en juillet a la galerie Géraldine Banier 56 rue Jacob à Saint-Germain à Paris. 

Le parfum des beaux jours se diffuse dans l’atmosphère. Quand on ne peut pas partir pour des raisons pratiques (manque d’argent, obligations pros et j’en passe et des moins bonnes), on peut toujours s’évader sur la Toile. Le potentiel de frustration est énorme (on le concède) mais on ne peut pas bouder le plaisir de lire les autres…Ceux qui, par leurs récits, ne font que confirmer qu’on serait bien mieux à plonger dans un lac en Amérique du Sud ou à faire un barbecue en Afrique du Sud que devant un ordinateur…Le site Allez Gizèle parle justement de tout ça, il est axé sur le voyage. Rencontre avec les créateurs du projet : Marion et Antoine.

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Présentez-nous en quelques mots Allez Gizèle…

Allez Gizèle est un site de voyage. Antoine et moi, qui sommes à l’origine du projet, nous voulons apporter un regard journalistique sur le voyage pour les 25-35 ans. Notre réflexion est celle-ci : au moment de lancer Allez Gizèle, on a constaté que dans le domaine du journalisme et de la photographie, il n’existait aucun support destiné spécifiquement à notre tranche d’âge et qui parlait de voyage. On voulait vraiment porter un regard journalistique et photographique sur cette thématique. L’idée pour nous était ensuite de trouver des idées de sujets décalés, avec du fond et un angle précis. Notre cible, évidemment, ce sont des gens qui voyagent. Pour le reste, c’est vaste : fille, garçon, en couple, célibataire, sportive, fêtard, gay, hétéro, végétarienne peu importe. On croit et on espère qu’il y en a pour tous les goûts. Ensuite, notre baseline est « Inspiration et Idées de voyage ». Sur Allez Gizèle, les journalistes parlent évidemment de destinations, d’endroits où aller et de choses à faire mais aussi de tout ce qui entoure le voyage : la musique, les fringues, les bouquins à lire, les architectes à connaître, les films de réalisateurs étrangers à voir. Pour nous, le voyage est aussi devenu une façon de vivre et il y a plein de choses qui gravitent autour du simple fait de prendre sa valise et de se barrer. C’est de ça aussi dont on veut parler.

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Quelle est la place de la photo sur le site ? et les différents réseaux sociaux ?

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Dès le lancement du projet, on s’est dit qu’il fallait donner une place très importante à la photo. On ne peut pas monter un site de voyage en sous-estimant le pouvoir des images. Du coup, chaque reportage est assorti d’un diaporama d’une quinzaine de clichés. On a aussi un tumblr participatif, « L’Office des touristes », dans lequel on propose aux gens de publier leur photos marrantes en voyage. On a évidemment tout de suite créé un compte Instagram Allez Gizèle. Mais on voulait apporter quelque chose de plus que ce qui se faisait d’habitude sur des comptes perso. Du coup, on est parti à la recherche de photographes de voyage qu’on aimaient bien et qui nous inspiraient. Petit à petit, on s’est mis à les relayer sur notre compte. Aujourd’hui, même si on poste encore pas mal de photo à nous, on publie de nombreux clichés de photographes d’Instagram. Ca permet à nos abonnés de les découvrir eux aussi et pourquoi pas de les suivre. Pour ce qui est du type de photos qu’on aime bien, on a un vrai coup de coeur pour la belle photo argentique, sans filtre et pas trop saturée, loin de beaucoup de photos numériques ultra retouchées qu’on voit aujourd’hui. Celles qu’on relaient sur le compte Instagram de Gizèle, c’est plutôt celles de bandes de potes à grosses barbes, chemises de bûcherons, chaussures de rando et des filles habillées en Tomboy qui font du camping sauvage dans des forêts ou sur des plages de dingue. Ça va alors de la photo de feu de camp, à celle d’étendues désertes ou de spots de surf. Il y aussi énormément de clichés de vans, c’est tellement évocateur de voyage et d’évasion. Pour résumer, l’idée de notre compte Instagram, c’est de permettre à nos lecteurs et aux gens qui nous suivent de s’assoir avec nous l’espace d’un instant autour d’un feu de camp après une bonne session de surf !

Les beaux jours arrivent, vous avez peut-être 3 suggestions de destinations ?

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Oui on s’apprête d’ailleurs à sortir deux articles pour donner nos hotspots de l’été et du printemps. Ça peut toujours servir ! Pour un week-end prolongé, Gizèle conseille Copenhague, parce que c’est le moment où il commencent à faire beau, où les jours rallongent. Du coup, les Danois sont assez euphoriques à l’idée de profiter du soleil et de la lumière. Il y a du monde aux terrasses des cafés, dans les parcs, et ça fait pas mal la fête. Et puis culturellement, Copenhague bouge énormément, outre les musées comme Louisiania, il y a des soirées de dingue dans plusieurs clubs de la ville et quelques festivals dont Distortion, dont on parle sur le site. Bref, c’est le printemps est le moment parfait pour y aller.

Sinon, en destination de l’été, on a eu un énorme coup de cœur pour San Francisco. La ville est géniale, chaque quartier vaut le coup d’œil. Pour notre part, on a une préférence pour le quartier latino de Mission, ses taquerias, ses magasins et ses habitants. Ça fait partie de ces quartiers encore populaires où les classes sociales se mélangent. Oui, ça se gentrifie mais pour l’instant en tout cas, c’est l’équilibre parfait, ça crée une émulation artistique, gastronomique, qu’il faut à tout prix aller voir.

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Enfin, plus nature, plus solitaire, on conseille aussi les îles Lofoten, au nord du cercle polaire. C’est le bout du monde, c’est magique. C’est un archipel montagneux, qui regorgent de fjords et de pics rocheux. Aller là-bas, c’est se sentir couper de tout. Ça repose. Sur place, on peut faire de la rando, de l’escalade, du vélo. Et surtout, surtout, les plus téméraires peuvent même aller faire du surf en eaux (très) froides à… Et avec un peu de chance, ils peuvent même surfer au milieu des baleines. LA PLÉNITUDE, quoi !

Légendes : Tasmanie, Bruxelles, Berlin, Copenhague, îles Lofoten (Norvège).

Le photoreporter James de Caupenne-Keogh s’est prêté au jeu de commenter une photo prise lors d’un de ses reportages. La photo en question date d’avril 2011, elle a été prise à Misrata alors qu’une partie de cette ville portuaire libyenne était assiégée.

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« Je couvre des terrains de conflit mais je ne me définis pas comme photographe de guerre. Et pourtant j’ai choisi cette photo qui raconte un conflit…C’était lors du siège de Misrata en Libye, en avril 2011.

Les forces de Kadhafi voulaient absolument reprendre cette zone stratégique. Il était aux alentours de 6h du matin, la maison dans laquelle je me trouvais s’est mise à vibrer. Les forces de Kadhafi bombardaient la zone. On entendait des missiles qui tombaient. J’ai juste eu le temps de d’enfiler des chaussures et de prendre un boîtier.

C’était très violent, les rebelles avec qui j’étais se demandaient aussi ce qu’il se passait. Il y avait beaucoup de fumée et on entendait des cris d’hommes. Ces cris m’ont fait rentrer dans la cour d’une maison. Au début, je vois un cratère et je vois cet homme en larmes [au centre de la photo]. Je n’ai pas compris tout de suite.

J’apprends en fait que le sang et les morceaux de chair sur le mur sont ceux du père de cet homme. Les restes de son père dont le corps a été complètement morcelé gisent dans le cratère. Toute l’horreur de la guerre incarnée dans cette image…Depuis, cette photo me colle à la peau. »

@ James Keogh. Reproduite avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Il ne se lasse jamais de photographier New York, je ne me lasse pas d’en parler.  Le photographe Philippe Béasse investit à nouveau les lignes de Photosmatons pour parler de sa série People of New York. Il aime rappeler ses références : Saul Leiter, Norman Rockwell, Edward Hopper, Joel Sternfeld. On continue la promenade entamée dans les rues de Big Apple avec le photographe Philippe Béasse qui a photographié les gens de New York.

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Many white and a black

« Cette photographie a été prise dans le hall de l’International Center of Photography sur la 43ème rue. Que dire ? Encore un immense cadeau, tout simplement. Je n’ai rien pu voir d’autre ce jour-là. »

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Harlem Story

« Combien de fois ne m’a-t ’on pas posé la question : «  Vous aviez vu qu’il y avait quelqu’un dans la fresque ? » A votre avis, aurai-je fait la photo s’il n’y avait eu personne ? »

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Fuck the music

« La  Hight Line ou Green Line est l’incontournable artère qui irrigue les hauteurs de Meatpacking et de Chelsea. Surplombant l’intimité des buildings qu’elle frôle ou caresse, cette ancienne voie de chemin de fer offre aux artistes de rue une connexion naturelle avec les milliers de badauds qui l’empruntent. Ici même la musique se photographie. »

Il ne se lasse jamais de photographier New York, je ne me lasse pas d’en parler.  Le photographe Philippe Béasse investit à nouveau les lignes de Photosmatons pour parler de sa série People of New York. Il aime rappeler ses références : Saul Leiter, Norman Rockwell, Edward Hopper, Joel Sternfeld.

« Photographier New York sans y associer les hommes et les femmes qui font la ville et pour lesquels la ville existe est une absurdité absolue mais une tâche tellement difficile (…) effectuer ainsi une intrusion dans le quotidien des New-yorkais qui vivent et qui travaillent demande une humilité permanente. 

Je ne me cache jamais, je m’applique à ce que le sujet me voit, puis m’oublie, semble accepter tacitement ma présence et celle de mon objectif. J’ai un genou à terre, pour retrouver la perspective des maîtres qui utilisaient les 6×6 ventraux  argentiques, je ne représente aucune menace mon 28mm est ridicule. J’ai silencieusement, du regard, demandé la permission de faire le cliché, on me l’a accordée, l’image est faite, on me l’a offerte. »

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Barber Secret in Hells Kitchen

 » Il y a une telle douceur entre ce barbier et son client, la boutique au sous-sol semble tout droit sortie de l’univers pictural de Norman Rockwell qui montre la voie et la manière de saisir un instant de vie pour en faire un moment de grâce. »

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Doorman on 42nd Street

« J’ai quinze photos de cet homme, nous avons joué ensemble, moi faisant le tour pour trouver le meilleur angle et lui tournant brusquement en souriant pour me compliquer la tâche. »

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Eating Corn in Grand Central

« Je bénie une fois encore Norman Rockwell et son humanisme de m’avoir ouvert les yeux sur l’Amérique des petites gens, cet homme dont on peut se demander où il a bien pu trouver cet épis de maïs semble tout droit sorti d’une page du Post. »

Le marché de la déco et notamment celui de la photo abordable sont en plein boom. Les photographes de presse ont de plus en plus de mal à se financer. Epic Stories est à la croisée de ces deux constats résumés très rapidement. L’idée est de proposer à des internautes de très beaux tirages de photoreporters à des prix abordables. « Nous n’inventons rien de nouveau, nous permettons simplement à un public de faire entrer le photoreportage dans son intimité », résume Jean-Matthieu Gautier qui s’est entouré de trois associés pour faire naître Epic Stories. Il nous en dit plus en trois questions.

VIE QUOTIDIENNE AU CAP HAITIEN.

Qui est à l’origine d’Epic Stories ?

Je suis un journaliste-photographe de 32 ans. Je travaille pour la presse et j’ai longtemps travaillé pour le magazine de l’ONG Enfants du Mékong, pour lequel j’ai réalisé des reportages et donc pas mal d’allers-retours en Asie du Sud-Est. J’y ai passé un an, en 2012, avec ma femme. Une année riche en rencontres et en reportages divers. Lorsque nous sommes rentrés en France, nous avons décidé de vivre à Saint-Malo, en Bretagne, où nous avons nos attaches.

Pour ce projet, je suis entouré d’une équipe d’associés : Astrid (journaliste et community manager pour un groupe médias), Amaury (directeur d’une agence bancaire) et Benoit (directeur des investissements dans un grand groupe). Ces derniers n’ont pas vraiment un profil lié au photoreportage mais lorsqu’on se lance dans une aventure comme la nôtre, il vaut mieux s’entourer de gens qui savent compter sur leurs doigts !

REPORTAGE: 2 MOIS APRES LE SEISME, DANS LA CAMPAGNE HAITIENNE.

Quelle est l’idée d’Epic-Stories ?

Nous publions sur notre site des reportages photographiques et offrons aux internautes la possibilité d’acheter des tirages de ces photographies. Nos tirages sont Made in France,  imprimés en Bretagne dans un laboratoire familial et d’une très grande qualité. Nous avons sélectionné des gammes de papiers et des finitions de très grande qualité (du Hahnemühle Fine Art Baryta 325g et du Ilford Gallery smooth pearl 290g, pour les connaisseurs). Nous mettons un soin particulier à ce que chaque tirage présente un rendu optimal. Parallèlement, nous démarrons avec une gamme de prix attractive qui permet aux internautes de ne pas se sentir matraqués !

Outre les tirages, nous proposons également une petite revue papier reprenant l’intégralité du reportage (textes et photos). Le mois prochain, pour le deuxième numéro d’epic-stories, nous proposerons une mini-boîte en fer dans laquelle on trouvera une sélection de 5 photos de 13 par 18 cm sur du papier Ilford Gallery smooth pearl 290g, emballées dans du papier de soie, avec le texte imprimé sur un papier de même taille.

PORTRAIT DE ROSE, JEUNE HAITIENNE INSTALLEE SUR LE CHAMP-DE-MARS DEPUIS LE SEISME DU 12 JANVIER 2010.

Quels sont les prochains reportages qui seront publiés ?

Le premier photographe qui participe à l’aventure est Corentin Fohlen avec un reportage à Haïti. Le prochain reportage est assuré par un collectif Lyonnais, Inediz reportage, qui signe un très beau récit sur la diaspora Irakienne aux États-Unis. Après cela ? Nous irons certainement en Chine, avec une série sur l’urban farming…De manière générale, nous gardons un œil sur l’actualité mais publions plutôt des sujets documentaires intemporels.

Toutes les photos sont reproduites avec l’aimable autorisation de l’auteur ©Corentin Fohlen

Happy 2014 !

16/01/2014

Je vous souhaite à tous une très belle année 2014.

Qu’elle soit riche d’amour, de belles rencontres, de projets excitants, qu’elle apporte ce que l’on peut souhaiter dans la vie.

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My dear English-speaking readers, I wish you a Happy New Year. I hope 2014 will be full of love, great meetings and exciting projects!

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Petite pensée pour vous chers lecteurs de ce blog que je délaisse un peu. J’étais dans les brumes bretonnes avec l’impression d’être seule avec le brouillard. En m’approchant de la jetée, j’ai vu ce type. Il devait avoir la même impression que moi : d’être tout seul, dans le calme, face aux bateaux. L’arbre orné de sa guirlande me rappelle de vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année à tous <3.

La photo n’est pas le plus spectaculaire des médias représentés dans cette édition 2013 de Nuit Banche. Elle fait même pâle figure à côté du quatuor d’hélicoptères du compositeur allemand Stockhausen, du spectacle pyrotechnique de Cai Guo-Qiang qui embrasera les berges de Seine ou des sculptures de brumes de la Japonaise Fujiko Nakaya. Certes. Voici malgré tout ma sélection. 

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–> 14 photographes du sud de l’Afrique à la fondation Gulbenkian

« Present Tense. Photographies du Sud de l’Afrique. » Cette expo réunit 14 photographes du sud de l’Afrique. Ils abordent la question sociale, les problématiques de l’identité, de l’espace public…Une façon de mettre en avant les tensions contemporaines qui existent dans leurs pays et dans le monde actuel. Citons entre autres photographes représentés : Pieter Hugo, Jo Ractliffe, Sabelo Mlangui, Filipe Branquinho…Plus de renseignements : http://www.gulbenkian-paris.org

–> La Nuit au Musée du Comptoir Général

Le musée des arts ghettos (oui l’autre nom du bar le Comptoir Général) propose des projections, des décors en trompe-l’oeil pour les photographes en herbe…Bref, passez une tête si vous êtes dans le quartier.

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–> Les ruines du photographe Stan Douglas au Centre culturel canadien

J’affectionne particulièrement le centre culturel du Canada à Paris. Il m’a servi de refuge, il y a plusieurs mois, un soir de pluie diluvienne. J’étais avec une amie tout aussi trempée que moi…Cet épisode malheureux nous a permis de nous rendre compte de la richesse de la programmation du centre. Encore une fois, il en fait la démonstration (et comble ma fascination pour les ruines). Il met à l’honneur le photographe Stan Douglas à travers son travail sur les ruines de quelques utopies occidentales.

–> Photoquai

40 photographes non Européens sont exposés en plein air sur les quais de la Seine et dans le jardin du musée du jardin du quai Branly. Les images présentées sont en lien avec la figure humaine qu’il s’agisse de paysages, d’objet, de mode…La 4e biennale des images du monde reste a lieu jusqu’au 10 novembre.

–> Oeuvre participative au Pavillon de l’Arsenal

Dans le cadre d’un partenariat entre Télérama.fr et le Pavillon de l’Arsenal, les internautes ont été conviés à partager leurs photos. Le thème proposé : portrait nocturne de votre ville. Ces clichés constitueront un flux qui sera projeté au Pavillon de l’Arsenal et sur Télérama.fr samedi soir.

–> L’appli Moment

En téléchargeant cette appli sur votre smartphone, vous pouvez participer au concours photo de Nuit Blanche en postant vos photos des meilleurs moments de la soirée.