Après avoir discuté du diaporama sonore et des POM dans un post précédent, les co-fondateurs des soirées Diapéro, Marianne Rigaux, Paul-Alexis Bernard et Gilles Donada, partagent leurs coups de cœur.

Le coup de coeur de Marianne >>>> Erwan, une jeunesse bateau de Théophile Trossat. J’aime le rythme du montage, les choix artistiques, les effets de montage qui ne sont pas “gratuits” mais qui viennent au contraire servir le fond et reconstituer un univers. Tout est mesuré et maîtrisé au dixième de seconde et le résultat est audacieux. Il illustre à la perfection les deux rouages du diaporama sonore : rigueur et créativité. Nous attendons avec impatience son prochain projet et nous l’aiderons à le réaliser.

Le coup de coeur de Paul-Alexis >>>>> An outsized man in every dimension, de Lize O Baylen, du Los Angeles Times. Très bel exercice d’équilibriste. Pour un diaporama sonore réalisé en solo, il me semble que le résultat est remarquable. Le sujet et les images sont a priori dérangeants, mais le regard reste à bonne distance, fort et sensible. Le montage est simple mais maîtrisé. L’immersion, progressive, fonctionne à merveille.

Le coup de coeur de Gilles >>>>> Marianne m’a piqué mon premier et vrai coup de cœur historique, et jusqu’à présent inégalé. Pour Photosmatons, je dirais qu’il s’agit du making of du hors-série Pèlerin sur Notre-Dame de Paris vue du ciel (que j’avais commandé quand je travaillais pour le magazine Pèlerin). J’ai aimé mettre dans les pattes d’un photographe solitaire et aguerri une jeune photographe très douée, Louise Allavoine. Elle l’a suivi, lui et son ballon captif aérien lors de ses prises de vues matinales, alors que la cathédrale était vide et que le chronomètre tournait avant l’arrivée des foules de visiteurs. Elle a non seulement réussi à expliquer son travail (grâce, notamment, à de beaux stop motion) mais elle a également recueilli le témoignage de ce photographe qui protège jalousement son savoir-faire.

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– La page Facebook de Diapéro pour rejoindre la communauté
– le site Diapéro pour voir les diaporamas diffusés (ou non), proposer une réalisation pour le prochain diapéro, ou même constituer un binôme.
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Si pour toi la POM est le fruit préféré de Jacques Chirac, si quand on te dit diaporama sonore, tu entends surtout « diapo » rapport aux soirées visionnage de photos de vacances, ce post est fait pour toi. Marianne Rigaux, Paul-Alexis Bernard et Gilles Donada reviennent sur un format utilisé par un nombre croissant de photographes et de journalistes. Ces trois-là ont créé les soirées « Diapéro » pour promouvoir ce format court. Le public visionne des diaporamas sonores et en discute…autour d’un verre.

Le public lors du Diapéro #2 en février 2013 ©Gilles Donada

Le public lors du Diapéro #2 en février 2013 ©Gilles Donada

Quelle est la différence entre une Petite Oeuvre Multimédia (POM) et un diaporama sonore ?

> Paul-Alexis Bernard (responsable des formations multimédia à l’ESJ Pro) : Le débat est récurrent. Nous nous posons régulièrement la question, Marianne, Gilles et moi. Et nous arrivons (presque) toujours à la même conclusion. Diaporama sonore et POM ne sont pas opposables. Au contraire, selon nous, le diaporama sonore fait partie des POM, reportages et autres formats narratifs multimédias.

La particularité du diaporama sonore, par rapport aux autres types de POM, c’est que la narration est essentiellement portée par de l’image fixe et du son. C’est cette articulation élémentaire qui fait la force de ce format. Nous considérons qu’il peut y avoir l’incursion de quelques courtes séquences vidéos. Mais elles ne prennent jamais le dessus sur la photographie.

On admet aussi que le diaporama sonore propose une narration “linéaire” ou “imposée”. Pas au sens péjoratif, mais simplement parce que l’internaute n’est pas contraint de choisir parmi plusieurs chemins de narration. Il se laisse porter par le seul chemin proposé par l’auteur.

Marianne Rigaux (à droite) et l'un des invités du Diapéro #2 au Café de Paris le 20 février 2013

Marianne Rigaux (à droite) et l’un des invités du Diapéro #2 au Café de Paris le 20 février 2013 ©Gilles Donada

Existe-t-il une définition arrêtée d’un POM ?

> MARIANNE Rigaux (journaliste web) : Il n’y a pas de définition arrêtée. La Petite Oeuvre Multimédia (ou Objet) a été “conceptualisée” par Wilfrid Estève et Virginie Terrasse en 2005 dans le cadre de leurs travaux et de leurs formations à l’EMI-CFD [ndlr : école des métiers de l’information à Paris]. Pour moi, la POM implique des effets d’animation et une recherche artistique poussée qui va au-delà du simple diaporama sonore qui reste plus “soft”.

Je renverrai à cet article de Wilfrid pour OWNI où il tente une définition des nouveaux formats.

Y a-t-il plusieurs « chapelles » dans la grande famille des POM ?

> GILLES Donada (chargé des audiences digitales chez Bayard Presse) : La tentation, bien humaine, est toujours de bâtir des chapelles pour en devenir le chapelain ! Pour filer la métaphore architecturale, je vois plutôt les POM comme une grande cathédrale avec, dans les bas-côtés, des petites chapelles qui communiquent entre elles. Leur point commun, à mon avis, c’est d’être des formats audiovisuels courts. Je ne dirais pas simples pour autant car, plus c’est court, plus son exécution réclame une dextérité particulière.

Dans le trio que nous formons avec Marianne et Paul-Alexis, je suis, sans doute, le plus pointilleux concernant ce qui définit un diaporama sonore (ou un “photo film”, comme le disait une photographe présente au dernier Diapéro).

Pour moi, c’est un production audiovisuelle courte (autour de 3’30 mn) résultant d’un travail de montage d’un reportage photojournalistique et radiophonique. Si on ajoute de la vidéo, cela devient, pour moi, un vidéographie. Des productions récentes m’ont convaincu que le format photo + son seuls sont les plus efficaces.

Je pense au beau travail de Jéremie Jung pour une ONG : un superbe diaporama sonore, très travaillé sur le plan du montage (avec un jeu sur les apparitions/disparitions), qui perd soudain en intensité car il a dû introduire une séquence vidéo que je trouve plate et sans poésie, contrairement à tout ce qui précédait.

Ce que j’aime dans le diaporama sonore, c’est d’être un genre à la lisière du journalisme et du travail d’auteur. Cela tient au regard du photojournaliste, si singulier ; et au travail sur le son, notamment les ambiances sonores.

Y a-t-il des règles à respecter ou au contraire le ou la POM laisse-t-il une très grande marge de liberté ?

> MARIANNE : Il y a des règles en terme de narration, mais une grande marge de liberté en terme de créativité. La règle, c’est que le son et les images racontent quelque chose ensemble. Et pas le son d’un côté, genre j’enregistre une interview vite fait, et les images de l’autre, genre je réfléchis comme pour un portfolio papier. Il faut vraiment que les deux se répondent et soient pensés ensemble. Côté créativité, là, il y a une grande liberté dans la façon de photographie, de monter le son, de créer des effets de coïncidence son/image ou au contraire de désynchronisation dans le diaporama. C’est un format qui demande une grande rigueur au moment de la récolte de la matière, mais qui permet de s’amuser et de tester des choses dans le rendu.

Paul-Alexis Bernard, co-fondateur des soirées, lors du dernier Diapéro.

Paul-Alexis Bernard, co-fondateur des soirées, lors du dernier Diapéro ©Gilles Donada

– Ce format est-il aussi répondu chez nos amis étrangers ?

> PAB : Pas mal oui. Le Guardian et la BBC, chez nos confrères britanniques, mettent régulièrement en avant ce format. Aux Etats-Unis, les “grands médias” l’utilisent depuis longtemps. Le New York Times en a même fait un format privilégié pour alimenter des projets multimédias ambitieux ou des webdocs, tels que One in 8 Million (2009). Depuis quelques mois, outre-Atlantique, la tendance est plutôt à “déstructurer” le diaporama sonore en proposant à l’internaute une navigation “clic après clic”, entre les images et les extraits sonores, avec l’outil Zeega par exemple…

Certains médias anglo-saxons l’exploitent aussi avec des approches originales, plus ou moins réussies. Par exemple, le Financial Times l’utilise pour des angles didactiques, pédagogiques, en exploitant des photos d’agences, des images d’archives ou d’illustration, et pas nécessairement comme format de reportage classique.

Parlons de Diapéro…Qu’est-ce qui vous plaît dans le diaporama sonore ?

> GILLES : Ce qui me touche tant, c’est son côté miraculeux : grâce au regard unique du photographe et à l’oreille, tout aussi unique du reporter radio, le diaporama sonore nous offre une rencontre en profondeur avec des personnes et des réalités humaines complexes.

Le diaporama sonore est un média informatif qui fonctionne sur le mode de l’allusion : il ne cherche pas à tout dire, et, pourtant, le peu qu’il révèle dit déjà beaucoup de ce que vivent les personnes rencontrées.

Cette plongée, cette immersion a le pouvoir de distendre, chez le spectateur, la notion du temps. Il m’arrive fréquemment, après avoir fini de visionner un diaporama sonore de vérifier sa durée : le time code indiqué est toujours plus court que le temps subjectif que j’ai passé. C’est magique !

Derrière un slogan un peu potache et humoristique (Des images, du son et de la bière), vous avez lancé des soirées au cours desquelles vous projetez une sélection de diaporamas sonores. Quel est l’objectif de ces soirées ?

> PAB : Regarder, écouter, et… boire. Blague à part, notre objectif est de partager notre passion pour ce format, de le promouvoir, le faire connaître et le faire apprécier. Lors de ces soirées, nous alternons les visionnages de coups de cœur, les débats avec des auteurs, des diffuseurs, etc. Nous échangeons sur les aspects éditoriaux (sujets, angles, schémas narratifs), mais aussi sur les questions techniques (outils, montage, etc), et même financières (statut des auteurs, niveaux de rémunération, financements, débouchés)… Si, grâce à ces rendez-vous, nous pouvons convaincre des journalistes d’explorer ce format, et des diffuseurs de miser sur cette narration innovante, nous serons comblés.

Gilles Donada (à droite) lors du Diapéro #2.

Gilles Donada (à droite) lors du Diapéro #2 ©Marianne Rigaux

A l’heure où le Net renouvelle beaucoup les genres et où les modes passent aussi vite qu’elles ne s’inventent, le POM a-t-il un avenir durable ? Comment voyez-vous cet avenir ?

> GILLES : Je crois que le POM a un avenir car c’est un format accessible, pour celui qui le réalise comme pour celui qui le diffuse. Pour le premier, il travaille en reportage, en lumière naturelle, avec les éléments qu’il rencontre. On estime qu’il faut compter environ trois jours entre le reportage, l’éditing et le montage d’un reportage (même si certains mettent beaucoup plus de temps car ils tâtonnent, cherchent, expérimentent). Côté diffuseur, c’est le tarif d’un dossier pigé pour le  papier (Cf. le crowdsourcing des tarifs de diaporamas sonores). On peut l’encapsuler facilement dans ses pages courantes et le compléter par un article ou d’autres informations.

Un conseil à un novice qui voudrait réaliser son premier POM ?

> MARIANNE : Il faut d’abord un bon sujet ! C’est bête à dire, mais c’est comme pour n’importe quel reportage : s’il n’y a pas d’histoire, il n’y a pas de POM. Il faut regarder de nombreux diaporamas sonores, pour s’inspirer de ce qui se fait de bien. Il ne faut pas s’improviser photographe ou preneur de son. Soit on sait faire les deux, soit on bosse en binôme. Mais des photos de qualité moyenne ou un son désagréable à l’écoute sont vraiment rédhibitoires. Il faut penser le montage dès le reportage sur le terrain, c’est à dire engranger les images ou les sons dont on aura besoin pour créer des effets de montage. Par exemple un stop motion ne s’improvise pas une fois devant Final Cut. Idem pour le son : je prends systématiquement une à deux minutes de « blanc », c’est à dire le bruit, ou même le silence, tel qu’on l’entend sur le lieu de l’enregistrement. Cela permet une plus grande fluidité dans le montage son. Et puis après, ben, il faut essayer, tenter des choses, voir si ça marche, recommencer…

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Il y a quelques mois, j’évoquais Mamika, cette mamie photographiée par son petit-fils Sacha Goldberger, dans des mises en scène délirantes. En septembre dernier, le photographe a présenté de nouvelles photos lors d’une expo dans une galerie parisienne, histoire de donner un avant-goût d’un prochain livre, prévu pour avril prochain. Une amie approchant la trentaine m’en parlait avec beaucoup d’entrain. J’avais déjà rencontré d’autres trentenaires enthousiasmés voire « fans » de ces photos et je m’interrogeais…

Sur Facebook, à l’heure où j’écris, 17 990 personnes aiment la page officielle. De nombreux articles consacrés au projet artistique sont parus dans de nombreux médias internationaux du Brésil en passant par l’Australie sans oublier des journaux allemands ou italiens. Le Monde a illustré l’article « Tous centenaires ? Les nouvelles armes » avec un cliché de Mamika en costume de super-héros, perceuse électrique fermement tenue en main, manifestant un air…disons déterminé. Si les qualités de communiquant de l’auteur Sacha Goldberger sont indéniables, elles ne suffisent pas à expliquer l’adhésion suscitée par ses photos. Or que l’on adore, que l’on exècre ou que l’on soit mal à l’aise, cette mamie déguisée qui prend des poses improbables ou se met dans des situations coquasses, ne laisse pas indifférent.

J’ai demandé à un sociologue d’éclairer ma lanterne. François de Singly est professeur au CNRS, spécialiste de la sociologie de l’individu et de la famille). Voici son commentaire.

©Sacha Goldberger

« Je vois cette photo du vieux qui dort avec ce qui semble être un doudou. Et spontanément c’est celle-là que j’ai envie de commenter. Normalement, à cet âge-là, on ne devrait plus dormir avec une peluche, n’est-ce pas ? Or on peut être âgé et avoir cette envie là…Ce vieux pourrait être ridicule mais il ne l’est pas…Il assume à la fois son âge (avec toutes ses rides) et le fait de vouloir s’endormir avec un doudou.

Les photos de Mamika et ses comparses nous montrent des vieux qui se déguisent ou jouent de la guitare à 70 ans passés…Et alors ?  Ils ne le font pas parce qu’ils veulent rester jeune, ils le font parce qu’ils en ont envie. Pour moi, c’est de l’anti-jeunisme comme nous en servent les magazines, notamment féminins. D’ailleurs, on devrait voir plus de photos comme celles de Mamika dans la presse. Ces gens-là s’autorisent. Or c’est précisément ce qui définit un individu, c’est une personne qui s’autorise un certain nombre de choses. Voilà une très belle revendication du photographe et une belle définition du rapport à l’âge. En plus, ces photos nous interrogent sur un thème de société d’actualité : qu’est-ce que les personnes âgées s’autorisent ? Qu’est-ce qu’on leur autorise de s’autoriser ? « 

Les politiques les citent à longueur d’interviews et de discours…Qui ? Les Français. Vous, moi, eux. Cette masse indéfinie anime moult débats (celui de la nationalité pour n’en citer qu’un). C’est aussi un vrai casse-tête pour les médias. Plus que jamais, à l’aube d’une échéance électorale importante comme l’élection présidentielle, l’envie est grande de prendre le pouls du pays et de ceux qui l’habitent…*

…Mais comment en faire état ? Avec le projet « Une année en France », LeMonde.fr a choisi de faire « un portrait à hauteur d’homme des habitants » de huit communes et quartiers de France : Avallon (dans l’Yonne), La Courneuve (en Seine-Saint-Denis), Mézères (Haute-Loire), Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Dunkerque (Nord), Sceaux (Hauts-de-Seine), Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) et Montpellier (Hérault). Des journalistes de la rédaction du Monde et du Monde.fr se rendent régulièrement dans les endroits mentionnés et rapportent ce qu’ils voient. Photosmatons a rencontré Antonin Sabot, photographe et journaliste.

DOUBLE CASQUETTE. Antonin Sabot est quelqu’un de volubile. Sur quasiment toutes les questions posées, il développe et élargit le propos pendant de longues minutes. La tentation est grande d’arrêter de prendre des notes et de se contenter d’écouter. Ce qui ne ferait en rien avancer la marche de cet article. Donc quelques mots introductifs : notre interlocuteur est journaliste et photographe. Une polyvalence en adéquation avec les nouveaux modes de narration du journalisme développés sur le Net qui l’intéressent. Il a notamment réalisé avec Jean Abbiateci Africascopie un webdocumentaire accompagné d’un blog sur la révolution numérique en Afrique. Pour Une année en France, il a la double casquette, photographe et reporter pour son blog Mézères, la récolte d’après et photographe notamment pour le blog sur Avallon et Saint-Pierre-des-Corps.

LES GENS. Antonin est donc envoyé à Mézères, cette commune de Haute-Loire où il a des attaches familiales, pour en faire le portrait. En clair, « montrer la gueule de ce lieu-là et des gens qui sont dedans », lance-t-il. Une fois sur place, il fait le tour du village pour prendre des nouvelles des uns et des autres, s’arrête prendre un café ici, va manger là…etc. Contents de se raconter, les interviewés se laissent aussi volontiers prendre en photo. « Je travaille sur une matière complexe et mouvante », note Antonin. Des rencontres il commence à en avoir un certain nombre au compteur depuis le démarrage du projet. Il n’en tire pas de grands enseignements (trop humble qu’il est) mais souligne : « Les gens ne se connaissent pas. S’ils ont une idée des grands problèmes du pays, ils ne savent rien de la situation économique et du quotidien vécu par le voisin alors qu’ils habitent à côté. Et ça c’est une constante ! « 

LE METIER. La discussion s’oriente sur le (photo)journalisme et sa définition du métier.« Rares sont les professions où tu peux rencontrer des gens si tu en as envie…Le journalisme permet ça. En fait, j’adore écouter les gens me raconter leurs histoires », explique l’ancien étudiant du CFJ (une école de journalisme)La part d’empathie transparaît dans les papiers et me semble non négligeable. Lui nuance : « L’écoute est une forme d’empathie. Mais, de manière générale, je ne crois pas que l’empathie soit une qualité nécessaire, c’est plutôt une façon de faire. » Une qualité non négligeable du projet Une année en France, tant pour les lecteurs que pour le journaliste, est qu’il s’inscrit dans la durée. Une durée qui permet d’aborder les petits et grands sujets, de rentrer plus en profondeur dans certaines thématiques (étayés par les nombreux commentaires postés par les internautes). Le journaliste peut choisir de revenir sur telle ou telle problématique rencontrée par les habitants ou apporter un suivi (donner des nouvelles d’un personnage par exemple ou commenter l’évolution d’une situation).« Un retour à la base du métier ».

RAPPORT TEXTE/PHOTO. Les portraits forment une sorte de trame dans les blogs d’Une année en France.« Normal, répond Antonin, Une année en France signifie une année dans la vie des Français…Il faut qu’on voit les gens dont on parle ». Le photographe – qui travaille en numérique et beaucoup au grand angle- les affectionne. Il retouche légèrement les photos : « j’aime que les gens photographiés se détachent de l’environnement dans lequel ils sont, ça renforce leur présence. » Quand il intervient sur un autre blog que le sien, il dialogue énormément avec son collègue écrivant. « Il y a deux types de sujets ceux où la photo est plus une illustration, ce qui n’est pas forcément plus simple à réaliser, précise-t-il. Et ceux où le propos se construit beaucoup plus à travers l’image ». Il nous confiait avoir du mal à prendre du recul sur le travail accompli : « pour le moment, il m’est difficile de voir une grande unité dans mes photos…même si on s’est dit qu’on construisait un portrait de la France par touches impressionnistes. Mais cette unité que j’évoque, je la vois dans le travail dElodie, la photographe d’Urbains sensibles à La Courneuve. » Certes, il est encore trop tôt pour dire ce que deviendra Une année en France…Un livre, peut-être ? Toujours est-il que l’ensemble de ces touches impressionnistes dessine un tableau plus général : l’état actuel du pays.


A LA VOTRE. Les textes et photos d’Antonin (et confrères) racontent et montrent la France qui joue au loto, qui se lève tôt, qui change de boulot, qui s’accoude au comptoir pour une bière ou un p’tit noir, qui se rend à l’isoloir, qui s’appelle Ashab, Iliasse ou Joseph, qui organise des kermesses et fait des lâchers de ballons. La France qui baille, qui prend le TGV, qui investit dans un potager, qui apprend un métier. La France qui coiffe, la France qui graffe….La France…la vôtre.

Légendes : Toutes les photos sont signées Antonin Sabot/Le Monde.fr. De haut en bas : 1) Loto (Saint-Pierre-des-Corps), 2) Lieu-dit Les Français, RN 88 (Mézères), 3) L’attente dans la gare (Saint-Pierre-des-Corps), 4) Réception d’un stock de fourrage (Mézères), 5) Félix Ramel, ancien agriculteur (Mézères), 6)  » Une liste de prénoms vaut souvent mieux que de longs discours » (Saint-Pierre-des-Corps), 7) Lâcher de ballons (Mézères)

Après les cadres à ciel ouvert de Ella et Pitr, restons dans le street art et dans la photographie de plein air. Le photographe JR, heureux lauréat du TED Prize 2010, lance un projet collaboratif de grande envergure baptisé Inside Out. Le slogan pourrait être : « affichez-vous ! ». Le site Inside Out indique la marche à suivre. Vous téléchargez une de vos photos et vous recevrez chez vous la photo devenue poster géant. Une fois le poster reçu, c’est à vous de jouer et de coller votre minois postérisé dans la rue (filmer et poster la vidéo sur le Net si le coeur vous en dit). Pour l’instant, les résultats visibles montrent que tout le monde a sa place : les casse-coups/les imaginatifs sans borne/les fous furieux/les plus frileux/les provocateurs/les engagés/les exhibos/les déconneurs.

Une déclinaison du projet existe aussi au centre Georges Pompidou (jusqu’au 5 septembre). En marge de l’exposition Paris-Delhi-Bombay (très conseillée par ailleurs), un photomaton géant a été installé au sous-sol du bâtiment. Une hôtesse colle un bindi (ce symbole indien rond) sur le front des prétendants qui entrent, un par un, dans la cabine pour se faire flasher. Jusque là rien d’extraordinaire surtout qu’avant d’arriver à l’objectif, vous aurez probablement attendu une heure (montre en main et sans exagération). Mais tout se passe au moment où la gigantesque photocabine crache votre poster. Il entame une chute lente et gracieuse comme la feuille qui tombe de l’arbre. Comprenez bien. -Aussi gracieuse soit-elle- cette chute est suivie par tous les gens qui font la queue. Comme ils n’ont rien d’autre à faire, c’est de bonne guerre. Voilà votre tronche en XXL et noir et blanc (choix heureux qui gomme à l’occasion deux ou trois imperfections) . Certains tentent d’arrêter la chute avant son terme pour éviter une contemplation publique de leur poster. D’autres en sont fiers.

C’est gratuit. Pour ceux qui n’ont pas la patience d’attendre, trois photomatons (à taille normale cette fois) permettent aussi de se prendre (gratuitement) en photo. Aujourd’hui, 25 juillet 2011, 163 personnes se sont fait tirer le portrait. Et, à ce jour, 15 050 portraits ont été imprimés.

DR

Les liens utiles : 

Le site de JR : http://jr-art.net/

Le site du projet : http://www.insideoutproject.net/

La page Facebook : https://www.facebook.com/InsideOutProject?sk=wall

Comment accrocher son portrait et faire de la colle en français : http://www.insideoutproject.net/pompidou/upload

Info parisiano-parisienne : ravalement de façade des photomatons tristounets du métro parisien par le designer star Philippe Starck. Cette initiative de la société Photomaton semble tout à fait sympathique. Me voilà partie pour le premier « j’ai testé pour vous » de ce blog.

Première étape : trouver l’adresse. Une banalité a priori. Sauf qu’au service de presse de la RATP on a d’autres chats à fouetter que de renseigner une bloggeuse sur les nouveaux photomatons. Quand on sait que des twittos lancent des rumeurs infondées de collisions entre deux rames de métro, on peut difficilement leur en vouloir. Et quand on se rend compte qu’ils ne gèrent pas le dossier mais que c’est la société photomaton, on commence à regretter l’avalanche de mails envoyés…MEA CULPA.

Un jour, l’adresse arrive par mail : station Châtelet Les Halles (au secoooooooooooours !) avec cette précision de circonstance : sortie Lescot (ouf !). Le pouf en plastique rouge éclairé évite de se tromper. Voici la nouvelle cabine. Starck a gardé la couleur grise des anciennes cabines en choisissant une nuance plus foncée, plus élégante.

Si l’on se fie à la fiche produit communiquée par la société, cette nouvelle cabine a l’ambition de passer « de la photo d’identité à la photo tendance ». Entendez pouvoir intégrer sa trombine à des décors kitchissimes genre des poissons bleus qui nagent sous la mer même-que-depuis-les-années-90-tu-pensais-que-ce-type-d’imagerie-était-prohibée. Pour les réfractaires dans mon genre, il y a aussi la possibilité d’avoir sa tête à côté du Taj Mahal (ça c’est du cadrage), sa tête en médaillon et une caravane de chameaux ou sa tête dans un décor de manga réalisé sur Paint par un graphiste sous-payé. Chacun ses goûts, on ne juge pas. Mais, sans rire les mecs, C’est Philippe qui a pompé tout le budget « créa » ou bien…?

Autres options : le paiement par carte et la possibilité d’une connexion 3G pour orner, quasiment en simultané, ton profil Facebook de ta photo fun. Une démarche très LOL, quoi. La cabine est polyglotte (anglais, hollandais, italien, allemand, espagnol). Un détail sans doute. Disons que c’est (un peu) drôle d’entendre des instructions en hollandais. Dernier point, le retour à la méthode d’antan : on peut choisir l’option quatre poses différentes en couleur ou en noir et blanc…Tout ça pour la modique somme astronomique de 5 €. Mieux vaut faire quelques stations supplémentaires et préférer les photomatons de la Joyeuse de Photographie.

Pour voir l’aspect extérieur de la cabine, cliquez ici.

Trois photographes ont accepté de partager leur souvenir photographique de 2010. Subjectif et très personnel, voici leur choix.

Souvenir 2010 de Juliette Robert ©Juliette Robert

Juliette Robert, photographe du collectif de pigistes Youpress :  » Début décembre, j’étais au Cachmire avec une journaliste de Youpress, pour faire un sujet sur les demi-veuves : ces femmes dont le mari a disparu sans laisser de traces. Quelles que soient les raisons des disparitions, cela a laissé ces épouses sans ressources, parfois sans famille et devant s’occuper de leurs enfants. Nous avons visité pas mal de foyers, toutes les situations étaient différentes. Aucune n’avait reçu de journalistes et comme je voulais des photos les plus naturelles possibles, je devais me faire oublier, c’était loin d’être évident. Lire le reste de cette entrée »

Si Noël vous donne de l’urticaire, si vous somatisez déjà en pensant à la montagne de cadeaux qu’il vous reste à acheter, si vous êtes un ayatollah de l’anti-Christmas spirit, mieux vaut vous conseiller d’ouvrir un nouvel onglet ou de continuer votre navigation. Car Photosmatons va publier une liste…Oui, une liste de cadeaux que l’on peut offrir et/ou se faire offrir. Cela ne nous empêche pas de pester contre tous ces suppléments cadeaux des magazines (« le degré 0 du journalisme ! ») qui, depuis mi-novembre, abondent dans les kiosques. Ce post aurait même pu être titré « que faut-il offrir à Noël ? » ou, dans un egotrip plus prononcé, « que vais-je bien pouvoir me faire offrir ? ». Maintenant, vous savez. Alors faites votre choix : continuez ou passez votre chemin. AMEN.

Photosmatons a demandé à deux éditeurs, défricheurs de talents, de vous concocter une sélection de livres à se faire déposer sous le sapin par le Papa… Bref vous l’avez… Voici Freddy Denaës et Gaël Teicher des éditions de L’Oeil.

* Les choix de Freddy Denaës

La collection des Carnets de la création a le mérite d’être très accessible. Pour 5€50, les éditions de l’Oeil ont créé de petits livres format poche avec une très belle mise en page sur le travail d’un photographe. Parmi eux, beaucoup d’Africains. Freddy Denaës, l’une des deux têtes pensantes de la maison d’édition installée à Montreuil, a choisi Pierrot Men. « D’origine franco-malgache et chinoise, il porte en lui ce métissage révélateur d’identités multiples issues de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe », décrit le site des éditions de l’Oeil.

L’autre artiste citée par Freddy est Berry Bickle, une Africaine blanche qui vient du Zimbabwé. Elle a beaucoup travaillé sur son pays et y a animé de nombreux « workshops ». Cet ouvrage est une compilation de photographies, d’images extraites de vidéos ou d’installations de la plasticienne.

Le dernier de la liste, James-Iroha Uchechukwu dit «Uche» est d’abord sculpteur, mais aussi dessinateur. Il  adopte finalement la photographie parce qu’elle lui permet, dit-il «d’écrire avec la lumière». Et ce qu’il «écrit» ainsi, de son écriture si moderne, trace le portrait d’une Afrique contemporaine toujours debout.

* Les choix de Gaël Teicher

Gaël précise qu’il partage les choix de Freddy avant de se lancer dans sa propre sélection. Le premier des noms qu’il sort de sa hotte est Sergio Santimano, un  photographe né au Mozambique. Initié au photojournalisme à l’école de Ricardo  Rangel, Sergio Santimano a fait de sa photographie un art plus sensuel où  toujours transpire le même humanisme.

Cité également par Gaël, Mohamed Camara photographie le monde des jeunes de Bamako à travers leur espace privé : la chambre. Images d’une intimité régie par la lumière, pénombre colorée par les rideaux qui vont et viennent comme une respiration, un jeu d’échanges entre la douceur intrérieure et la grande brûlure du soleil à l’extérieur…

©Mohamed Camara

Last but not least, le dernier coup de coeur est une photographe de rue sud-africaine, nourrie des contre-cultures urbaines. Elle s’appelle Nontsikelelo Veleko et capture les multiples langages visuels d’une redéfinition identitaire permanente. L’Afrique du Sud est son terrain de jeu privilégié. Attentive, en prise avec son environnement, la photographe née en 1977 interroge le métissage et décrypte l’espace public africain.

©Nontsikelelo Veleko

Tous les ouvrages dont il est ici question peuvent être feuilletés et commandés en ligne sur le site des éditions de l’Oeil dans l’onglet Photographie puis les Carnets de la Création.

Toussaint, commémoration du 11 novembre, arrivée confirmée de l’hiver. Le livre dont il va être question War is personal d’Eugene Richards n’apportera ni lueur d’espoir, ni réjouissance. Je l’ai découvert dans le Polka #10. Un encadré de Jean-François Leroy résume la démarche : « avec un boîtier, une simple optique, et surtout beaucoup de temps passé à rencontrer les gens, Eugene Richards a construit l’un des reportages les plus puissants contre la connerie de la guerre. Un réquisitoire implacable. »  Sans jamais quitter le sol américain, le photographe livre un témoignage aussi fort qu’un reportage sur le lieu du conflit, en Irak.

Deux précisions : Eugene Richards n’a pas trouvé d’éditeur et a publié le livre à compte d’auteur. Seuls les droits de la couverture du livre sont libres. Je ne peux donc pas diffuser d’images de ces soldats aux gueules ravagées (l’un d’eux a perdu 40 % de son cerveau et se retrouve avec une moitié de visage), aux corps criblés de balles ou définitivement cloués dans des fauteuils roulants, aux témoignages désespérants, aux histoires familiales brisées. Pas besoin d’en ajouter.  Simplement, je conclue par un texte très fort d’un vétéran de la guerre de Vietnam.

A Soldier’s Eyes – Johnny Hutcherson

Regardez dans les yeux d’un soldat et vous pourrez dire combien de guerre et de sang ils ont vu. Le regard ne lui donne pas un air plus courageux, parce qu’il ne pourrait  pas avoir l’air courageux, même s’il essayait. Mais il y a quand même quelque chose chez le soldat qui est allé au combat. L’honneur des soldats naît de la façon dont ils vivent leur vie et du respect qu’ils portent aux autres. Ce sont des personnes qui ont été témoins d’évènements inimaginables. Leurs sentiments sont façonnés par une peur et un courage impensables.

Certains sont des hommes et des femmes bien élevés, d’autres non. Cependant, quand ils se retrouvent ensemble face à l’acier froid, au hurlement du plomb et aux ennemis dont le seul but est de les tuer, ils continuent de combattre les uns pour les autres, pour eux-mêmes, leurs proches, leur pays. Ils meurent dans les bras d’un ami, ou seuls, couverts de boue dans une rizière, certains rentrent à la maison et meurent seuls quand même. Peut-être dans une allée, peut-être dans un lit où, autrefois, s’allongeait près d’eux un époux ou une épouse qui a, depuis, décidé de partir. Certains meurent seuls et malheureux, sans  personne pour leur dire « tu vas me manquer ».

Seront-ils bientôt oubliés ou s’est-on jamais souvenu d’eux ? On se souvient de certains d’entre eux. On se rappelle d’eux en tant que ces fous qui vivent en bas de la rue. On ne s’en souvient pas pour ce qu’ils ont fait pour vous et moi, et pour ce pays. On s’en souvient pour ce qu’ils sont devenus par la suite. Ce qu’ils sont devenus car personne n’a essayé de comprendre et personne n’a voulu voir les dégâts causés par la guerre, les dégâts qui leur ont été causés.

Vous voyez ce regard fixe qui porte à des centaines de kilomètres ? C’est ce qu’il y a dans les yeux d’un soldat.

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Le mois de la photo a 30 ans. En cette année d’anniversaire, le thème retenu est la collection. On retient surtout une foison d’expositions. Tous les lieux d’exposition sont (malheureusement) concentrés dans la capitale. Mais, la plupart des expositions se prolongent au-delà du mois de novembre, ce qui permettra aux Parisiens et non-Parisiens d’en profiter plus longtemps. Photosmatons vous propose une petite sélection (au regard des nombreuses expositions proposées). Le mieux est évidemment de créer son programme : ici.

Photos Femmes Féminisme (1860-2000) : « Si aujourd’hui, la moitié des photographes sont des femmes, leurs aînées ont dû lutter pour se faire un nom. A côté de personnalités illustres telles que Gisèle Freund ou Irina Ionesco sont mis en lumière des talents plus méconnus. » Le teasing est de Jean-Luc Monterosso, directeur artistique de la manifestation. Très convaincant. Galerie des bibliothèques, 22 rue Mahler, IVe arr. Contact :01 44 59 29 40. Entrée : 2 € TP et 4 € TR.

Laurent Van der Stockt : il ne se reconnaît pas dans le qualificatif de photographe de guerre. Pourtant il a beaucoup travaillé en zone de conflit (République démocratique du Congo, Tchétchénie, Bosnie, Afghanistan, Haïti). Membre de l’agence Gamma, il a photographié pour la presse internationale l’humain, parfois dans sa plus grande cruauté, parfois capable d’une grande adversité. Les photos exposées sont celles réalisées en marge de son travail. Galerie Le petit endroit, 14 rue du Portefoin, IIIe arrondissement. Contact : 01 42 33 93 18. Entrée libre.

André Kertész : Pour l’instant, c’est la seule dont on peut parler en connaissance. La rétrospective consacrée au photographe hongrois (1894-1985) débute par des tirages originaux. Priez pour qu’il n’y ait pas trop de monde et qu’il reste des loupes mises à disposition par le musée pour pouvoir en apprécier les détails. La visite organisée de façon chronologique se poursuit avec des cartes postales de Paris, la séries de distorsions (où le corps photographie est déformé par un jeu de miroirs), des photos de New-York  et enfin une série de Polaroïd réalisés en homage à sa femme. Kertész est un photographe du quotidien au parcours chaotique mais capable de transcender les images du quotidien par un regard poétique et emprunt d’humilité. Une exposition à ne pas manquer et idéale pour ceux qui ne sont pas habitués aux expos-photos. Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, VIIIe arr. Contact : 01 47 03 12 50. Entrée : 7 € TP/ 5€ TR.

Saul Leiter : Pourquoi Saul Leiter ? Parce que l’on nous promet une exposition de photographies mais aussi de peintures. Ce photographe de mode reconnu n’a pas choisi entre les deux. Parce qu’il y a des photos de New-York, du noir et blanc et tout un travail sur les couleurs. Parce qu’en tombant par hasard sur certaines des photos exposées, on a envie d’en voir plus. Galerie Camera Obscura, 268 boulevard Raspail, XIVe arr. Contact : 01 45 45 67 08. Entrée libre.

Anonymes : Plusieurs photographes font partie de cette exposition inaugurale sur l’Amérique des anonymes. Ouvert en septembre 2010, le Bal est un lieu consacré à l’image-document et voulu par l’Association des Amis de Magnum. L’occasion de découvrir ce nouveau lieu d’exposition, « ancien plus grand PMU de France jusqu’en 1992 » !, d’après le site. Le Bal, 6 impasse de la Défense, XVIIIe arr. Contact : 01 44 70 75 50. Entrée : 4 € TP/ 3 € TR.

– Michael Ackerman : Ses photos de la ville de Bénarès (End time city, 1999) ont été récompensées du prix Nadar. Cet autodictate n’est pas guidé par une démarche documentaire quelconque. C’est plutôt un explorateur : des lumières/des flous/des contrastes/de l’âme humaine ou simplement de ses propres tourments. Il présente ses nouvelles photographies dans une série appelée Half time. Galerie Vu, 58 rue Saint-Lazare, IXe arr. Contact : 01 53 0105 03. Entrée libre.

Le rituel de la pose – L’Afrique en noir et blanc dans les années 70 : Dans les années 50, l’apparition du studio établit un lien très solennel entre le photographe et son modèle en Afrique. Le premier est un professionnel respecté qui jouit d’un statut social élevé. Le second vient pour immortaliser un présent universel. Les images seront ensuite transmises aux générations futures. Les photos de quatre photographes (Malick Sidibé, Jean Depara, Sébastien Mehinto et Oumar Ly) révèlent le respect mutuel qui s’installe entre le photographe et son modèle. Musée des Arts Derniers, 28 rue St-Gilles, IIIe arr. Contact : 01 44 49 95 70. Entrée libre.

… ET AUSSI…

New-York Promenade/USA underground : Galerie David Guiraud, 5 rue du Perche, IIIe arr. Contact : 01 42 71 78 62. Entrée libre.